This work has been selected by scholars as being culturally important, and is part of the knowledge base of civilization as we know it. This work was reproduced from the original artifact, and remains as true to the original work as possible. Therefore, you will see the original copyright references, library stamps (as most of these works have been housed in our most important libraries around the world), and other notations in the work.
This work is in the public domain in the United States of America, and possibly other nations. Within the United States, you may freely copy and distribute this work, as no entity (individual or corporate) has a copyright on the body of the work.
As a reproduction of a historical artifact, this work may contain missing or blurred pages, poor pictures, errant marks, etc. Scholars believe, and we concur, that this work is important enough to be preserved, reproduced, and made generally available to the public. We appreciate your support of the preservation process, and thank you for being an important part of keeping this knowledge alive and relevant.
Bainville, à l’inverse de la majorité des analystes politiques qui se prêtent à l’exercice de l’anticipation, fait preuve d’une clairvoyance exceptionnelle et prédit dès 1920 l’acheminement vers la seconde guerre mondiale. Cet ouvrage nous montre également la naïveté et l’ignorance des élites françaises là où l’académicien met en œuvre une méthodologie simple qui se focalise sur les causes et les motivations et tire des leçons claires du passé. Un livre épatant.
Il est difficile de ne pas se demander si Bainville n'avait pas vu ce que le futur réservait à l'Europe tant la clairvoyance dont il fait preuve et les conséquences politiques de la paix qu'il annonce tombent si proche de la réalité.
En un ouvrage succinct, il démontre efficacement les problèmes que le Traité de Versailles ne résout pas ou créé. En effet, ce traité est trop doux dans ce qu'il a de dur, et trop dur dans ce qu'il a de doux. Mais sa plus grande faiblesse, c'est que ce traité ne prévoit pas le démantèlement de l'Allemagne au même titre que l'empire Austro-Hongrois. Une Allemagne unie est la plus grosse menace qui puisse peser sur la France et cela a été démontré en 1870, en 1914, et en 1940. Même aujourd'hui, l'Allemagne par son poids économique semble bien se préoccuper de ses intérêts propres qui semblent, exprès ou non, si opposés aux nôtres tandis que la France semble si souvent oublier ses propres intérêts.
Bainville écrit déjà dans ce livre paru en 1920 que la France doit se préoccuper de ses intérêts et propose des lignes directrices à suivre en politique extérieure. Il est fort possible que la France ait cherché à les suivre mais il était difficile de le faire car, suivant le titre du nouveau livre de Gérard Araud, "Nous étions seuls". Et en effet, sans le soutien des américains et des britanniques qui voyaient d'un oeil bienveillant une Allemagne unie, comme rempart contre le bolchévisme, comme contrepoids à la France pour l'équilibre sur le continent, comme partenaire économique (toujours ce même pragmatisme économique anglo-saxon) , il était difficile pour notre pays de se protéger adéquatement face à une Allemagne dont Bainville avait tout de suite compris le désir de revanche et ses conséquences désastreuses.
Ce livre laisse le lecteur dans un état de stupeur fasse à tant de clairvoyance mais avec un goût amer lorsqu'on voit que les conseils de Bainville n'ont pas été appliqués, et que cela ne s'est pas fait en partie à cause de ceux qui, même si nous ne saurons jamais les remercier suffisamment pour leur rôle dans la défaite de l'Allemagne nazie, avaient tout de même un rôle non-négligeable dans sa montée en puissance.
Une analyse percutante des relations internationales après la Première Guerre mondiale et un prévoyance exceptionnelle sur l'entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale.
Je dirais même que ces analyses sont aussi valables aujourd'hui qu'elles l'étaient à l'époque et qu'elles peuvent être utilisées pour remplacer ce qui a été dit sur l'Allemagne par ce qui est dit sur la Russie aujourd'hui. Les intérêts et les politiques sont les mêmes, mais les acteurs ont changé.
Enfin, la seule analyse évidente que l'auteur n'a pas su prévoir est la victoire des Turcs sur les alliés, qui reprendront Constantinople et l'Asie mineure. Grand Mustafa Kemal.
Reportedly a very clear-eyed look at the likely consequence of leaving Germany unified after the treaty of Versailles, and surrounding it with smaller, weaker states, by a French historian writing before World War II proved him correct.