Le rire est un mystère. Quelle est son origine ? Est-il le propre de notre espèce ? Comment se déclenche-t-il ? Quels sont ses bienfaits et ses différentes fonctions ? Rituel social universel, il varie d'une époque et d'une culture à l'autre. Parfois joyeux, parfois haineux, le rire est tantôt une arme de défense et de subversion, tantôt une arme de domination et d'exclusion. Il n'y a pas un, mais des rires. C'est pourquoi la question " peut-on rire de tout ? " paraît insoluble.
Si l'on y répond oui, au nom de la liberté d'expression, on se montre insensible à l'humiliation subie par les cibles de la moquerie et du sarcasme. Si l'on y répond non, au motif que le rire peut blesser et outrager, on risque de faire le jeu des censeurs, voire de tuer le rire, qui est, par essence, transgressif, inconvenant et excessif.
Pour que ce soit drôle, il faut que cela perturbe, au risque de déplaire. Afin de démêler ce paradoxe, Olivia Gazalé nous invite à une plongée captivante dans l'histoire du rire, de l'Antiquité à nos jours, à la rencontre des penseurs, des auteurs comiques et des humoristes, d'Aristophane à Blanche Gardin, en passant par Rabelais, Voltaire et Oscar Wilde.
Je me suis mise en colère à une soirée face a un sacré personnage me lançant à la figure « pour moi on peut rire de tout ». Ce sacré personnage venait de faire une petite blague pas rigolote du tout sur le viol.
Bref je m’arrête là avec le contexte, ni une ni deux j’ai sorti « le paradoxe du rire » de ma PAL pour m’armer pour notre prochaine rencontre.
Encore une fois (après le merveilleux « mythe de la virilité ») Olivia Gazalé parvient à faire le tour d’un sujet avec précision et rigueur tôt en restant simple et accessible. J’ai trouvé mes armes et j’en suis ravie.
Rien n’est oublié, ce qu’est le rire, intellectuellement et corporellement, sa fonction à travers l’histoire, arme de contrôle social, d’exclusion, de domination ou encore d’émancipation. Ce sont tous les passages du passé et les références historiques qui m’ont parfois un peu lassée (manque d’intérêt et de connaissance de ma part probablement), j’en reconnais néanmoins la nécessité.
Les ami.e.s, j’en retiens que le fameux « on ne peut plus rire de rien » n’est pas vrai et les preuves sont dans ce livre. Ainsi que oui on peut rire de tout, si c’est avec humour ! (Et ça c’est pas gagné)