Je ne connaissais absolument pas l'histoire des luttes des sardinières bretonnes du début du siècle dernier. C'était si enrichissant, tant pour ma culture historique personnelle que militante.
J'ai beaucoup été touchée par le dessin, au-delà du scénario et des faits narrés. Les couleurs de cette BD donnent vie aux protagonistes de manière très spéciale. L'océan, la pluie, l'usine, les drapeaux rouges, les pavés, les visages fatigués des pêcheurs et des ouvrières : l'aquarelle se marie parfaitement avec tous ces éléments, sans pour autant esthétiser la violence qui les entoure et les compose.
Merci à Steinkis pour le travail constant et sérieux de visibilisation de luttes et d'histoires passionnantes mais (encore) trop méconnues !
Une bande dessinée très plaisante sur les grèves des sardinieres à Douarnenez entre novembre 1924 et janvier 1925. Ce mouvement inspirera d'autres mouvements sociaux dans le pays Bigouden puis l'ensemble des ports bretons. Des premières manifestations jusqu'à l'élection de Joséphine Pencalet au conseil municipal, la ville montre là son caractère rebelle et novateur. L'histoire fait aussi la part belle au maire communiste Daniel Le Flanchec, un vrai personnage de roman. Le dessin est classique mais agréable, avec une mention particulière pour les decors urbains ou portuaires. Une page d'histoire indispensable, et pas seulement pour les douarnenistes!
1924. Á Douarnenez, les sardinières se rebiffent. Réclamant un meilleur salaire et le paiement des heures supplémentaires, les ouvrières des nombreuses usines locales engagent un bras de fer avec leurs patrons. Soutenues par les communistes et ce qui sera les prémices de la CGT, reçues à Paris par un ministre du travail qui les soutient mais reconnaît ne rien pouvoir faire pour elles, rejointes par leurs hommes pêcheurs qui refuseront de sortir en mer et confrontées à des casseurs de grève, elles ne lâcheront pas leur combat avant d’avoir obtenu gain de cause. Et tant pis pour le salaire manquant, il faudra se serrer les coudes pour tenir, pour que personne ne flanche, pour qu’aucune usine ne reprenne la production tant que le patronat n’aura pas accédé à leurs demandes. L’album décrit parfaitement l’ambiance pesante sous le crachin breton, le rythme infernal de l’usine où les sardinières sont appelées par une cloche dès que les bateaux rentrent au port, car la sardine n’attend pas, elle doit être traitée dès son débarquement. Il est question de la violence des maris allant boire leur maigre pécule au bar, du travail des enfants, mis à contribution dès 10 ans, et surtout de l’impossibilité d’imaginer un avenir meilleur avec un salaire permettant tout juste de faire bouillir la marmite et, pour les jeunes, aucune chance de poursuivre leurs études. Les auteurs montrent la solidarité entre les ouvrières, le combat mené par le maire de la ville, qui n’a jamais cessé de défendre leur cause, l’intervention d’une militante syndicale venue de la capitale et le mépris de ces patrons considérant les sardinières comme des petites mains ne méritant pas la moindre considération de leur part. Un one shot que j’ai dévoré et qui m’a permis de découvrir à la fois un moment important de la lutte sociale de l’entre-deux guerres et un grand combat féministe, mené par des travailleuses aspirant simplement à vivre dignement du fruit de leur dur labeur. Aussi instructif qu’inspirant !
J’ai adoré cette BD. Une belle union de femmes fortes et indépendantes, leur combat était émouvant. J’ai aimé chacune des femmes de la BD, toutes sensibles et rebelles. Les dessins sont aussi très beaux. J’aurais aimé que les petites expressions bretonnes soient traduites en bas de page plutôt qu’à la fin cela dit
Ce roman graphique est une plongée captivante dans une tranche de vie ouvrière méconnue, mettant en lumière les conditions de travail des femmes il y a un siècle. À travers un témoignage juste et poignant, il nous rappelle à quel point ces ouvrières étaient sous-payées, mal considérées, et pourtant prêtes à se battre pour leurs droits, malgré les risques immenses qu’impliquait une grève.
Mona, le personnage central, est particulièrement attachante. Ses doutes, ses hésitations et son engagement sont retranscrits avec une grande justesse, rendant son parcours d’autant plus marquant. Ce récit met en avant l’importance de la solidarité et la force du collectif face à l’injustice, un message toujours d’actualité.
Le graphisme, quant à lui, est un atout majeur : expressif et en parfaite adéquation avec la dureté du récit, il renforce l’immersion et l’émotion ressenties à la lecture.
Enfin, l’aspect féministe de l’ouvrage est indéniable. Il donne la parole à ces femmes courageuses qui, malgré une pauvreté extrême, n’ont rien lâché pour obtenir de meilleures conditions de travail.
Une BD que je recommande vivement à celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire ouvrière et aux luttes sociales, notamment celles portées par des femmes.
Il y a 100 ans en Bretagne, les femmes du village de Douarnenez mettent les sardines en boîte pour trois fois rien tandis que le propriétaire de l'usine s'en met plein les poches.
Cette bande dessinée retrace leur histoire, leur quotidien, la précarité, leurs difficultés et leur révolte.
On y aborde la lutte des classes et la place des femmes dans la société, la comparaison avec la période actuelle est plus qu'évidente, et dans le contexte de montée de fascisation du pays, on comprend assez facilement pourquoi ce centenaire a été passé sous silence.
Intéressant et émouvant, c'est une très belle découverte et un bel hommage aux sardinières !
Un grand merci aux éditions Steinkis et à Netgalley pour l'envoi d'une version numérique 🙏
L'histoire se déroule en Bretagne dans les années 1950, où des femmes sont sardinières dans les conserveries de sardines. L'auteure montre la dureté du travail et la solidarité féminine. On comprend les difficultés de la condition féminine dans une société dominée par les hommes. Mathilde Domecq aborde la lutte syndicale, les conditions de vie dans l'atmosphère de la Bretagne, ce qui nous offre un regard historique et social. Le style graphique m'a gêné au début, le dessin est expressif, parfois sombre avec des couleurs terreuses. On est plongé dans l'ambiance de la lutte pour la dignité.
Les pages entières ou doubles pages sont magnifiques, tout comme les couleurs utilisées. J'ai lu d'une traite ce récit, et adoré, d'autant plus qu'il s'agit d'une histoire vraie (dont j'ignorais tout !). Cette BD est une vraie pépite que je recommande chaudement !
Belle histoire d’un temps pas si ancestral. Cela nous rappelle que tous nos acquis sociaux l’ont été grâce à des gens qui ont pris des risques et ont été bien courageux … et courageuses. Dessiné avec talent.
Trop bien ! Une fantastique BD sur la grève des sardinières à Douarnenez en 1924-25. C'était riche et passionnant, j'ai adoré. Totalement une BD à offrir
Inspirée de faits réels, cette bande dessinée nous plonge dans les années 20 aux larges des côtes finistériennes tandis que les auteurs/illustrateurs redonnent une voix aux sardinières des conserveries de Douarnenez, ces femmes ouvrières du début du XXe siècle qui ont osé élevé la voix un jour pour un salaire décent et des conditions de travail plus confortables. Loin d’être un simple rappel historique, l’histoire est aussi puissante, juste, émouvante.
Le quotidien des sardinières, le travail épuisant du matin au soir, la charge de travail pour un salaire qui peine à couvrir toutes les charges, l’injustice mais aussi, de façon plus lumineuse, la solidarité, l’amitié, la lutte. Au-delà de l’aspect historique, la force de cette bande dessinée réside dans sa résonance avec notre époque : droits des travailleurs, place de la femme dans la société, besoin de justice sociale, qui sont des thèmes universels justes très actuels. Cette BD inspirante et engagée est un coup de cœur.
Superbe récit et les couleurs pastel accompagnent bien le propos de ce mouvement collectif de grève. Ça me fait penser à une autre bd de la même veine, la belle de mai.