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Antoine, un fils aimant

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Sandrine Cohen, la réalité du noir.


Découverte avec Rosine une criminelle ordinaire, lauréat de Grand Prix de littérature policière 2021, Sandrine Cohen revient avec une enquête pleine de rage, pour aborder la violence sous son angle le plus intime, le plus pervers. Et vous, comment jugerez-vous Antoine ?


À dix-sept ans, Antoine Durand est un lycéen brillant, sans histoires qui grandit dans la banlieue huppée de Meudon. Jusqu'à ce dimanche de février : en plein repas familial, Antoine pointe un fusil de chasse sur son père. Pour le braver, pour le faire rire, mais l'arme est chargée et le geste d'Antoine dérape ; Xavier meurt sur le coup.


Enquêtrice de personnalité, Clélia Rivoire se charge du dossier. Son boulot : retracer la trajectoire de vie du prévenu pour qu'il comprenne son passage à l'acte, et apporter des pièces au dossier en vue du procès. Mais le garçon est un roc. Aucune émotion, un discours maîtrisé et une fine connaissance du système judiciaire français. Pourquoi refuse-t-il la main tendue de Clélia ?

384 pages, Paperback

Published February 6, 2025

25 people want to read

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Sandrine Cohen

7 books2 followers

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Celestina1210.
650 reviews105 followers
March 30, 2025
Je n’ai pas tellement accroché avec ce thriller et pourtant l’intrigue de base avait tous les éléments pour me plaire . Antoine un jeune homme de 17 ans a tué son père. On va suivre Cleclia une psychologue judiciaire qui doit évaluer les personnages et le problème c’est que je n’ai pas du tout accroché avec le personnage. La résolution du crime arrive très rapidement et on est plutôt dans la compréhension du pourquoi le crime a eu lieu. Mais je n’ai pas accroché.
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
755 reviews227 followers
February 26, 2025
Il est des récits qui avancent masqués, qui nous font douter et questionner ce que l’on croit comprendre. « Antoine, un fils aimant » de Sandrine Cohen appartient à ceux-là. Ce roman craquelle le vernis lisse du réel, pour nous obliger à scruter chaque fissure et y traquer une vérité fuyante.

L’histoire s’ouvre un appel d’urgence : un adolescent affirme avoir tué son père. Accident ? Meurtre ? L’événement est si abrupt, tellement inconcevable, qu’il en devient douteux. Mais ce n’est pas tant la résolution de cet acte insensé qui intéresse Sandrine Cohen que l’épaisseur psychologique des personnages, l’ambiguïté des émotions qui se blottissent dans l’espace subtil qui existe entre l’amour et la haine.

L’enquêtrice Clélia, personnage envoûtant, malmenée par son propre passé, entre dans ce drame familial comme on franchit la ligne rouge d’une intimité qui n’est pas la sienne. Tout semble en place, trop en place. Une cuisine impeccable, une table dressée avec minutie, un adolescent qui exprime les faits sans hésitation, sûr de lui. Certaines choses clochent et résistent à l’évidence, des ressentis qui taraudent, un sixième sens qui ragaillardit l’envie de chercher les failles. À travers Clélia, Sandrine Cohen tisse l’intrigue de « Antoine, un fils aimant » avec la précision d’une archéologue : elle analyse les paroles, ausculte les silences pour mieux mettre en lumière des failles et creuse dans les archives du passé.

Antoine, ce fils aimant, est-il un garçon paumé ou un virtuose dans l’art de la dissimulation ? Son regard vacille entre candeur et opacité, entre victime et stratège. Il y a dans son attitude, dans ses mots comme dans ses silences, quelque chose d’insaisissable qui nous agrippe. Comme Clélia, il nous faut comprendre. Mais le fil d’Ariane du roman est très emmêlé et l’écheveau ne se déroule pas aisément. Notre propre besoin de tout éclaircir rapidement est mis à mal, comme celui de mettre des étiquettes sur les actes. La réalité est infiniment plus trouble que de simplement distinguer le bien du mal. Ce n’est pas seulement le crime qui trouble, c’est l’agencement des choses autour de lui.


À mon sens, la puissance de « Antoine, un fils aimant » réside dans le jeu des apparences. Il y a toujours un détail qui est une invitation à regarder plus loin et à se méfier de ce qui semble trop évident : la scène du crime, l’appel paniqué à la police, la posture du garçon : tout devient une question de perception. Le diable se niche dans les détails et Clélia le sait bien. Grâce à une écriture précise et acérée, Sandrine Cohen nous pousse à remettre en question nos certitudes.

Dans « Antoine, un fils aimant », la famille devient un huis clos où chacun joue son rôle, où l’amour et la violence se frôlent dans un équilibre précaire.

« Antoine, un fils aimant » déstabilise. Le propre de ce roman est d’accepter que la vérité soit mouvante, et que l’amour puisse être teinté d’une certaine opacité. C’est un roman qui, sous couvert d’une intrigue, dissèque avec finesse les liens familiaux, la transmission du pouvoir et de la violence. Quelle est l’origine de la violence ? Au-delà du drame, l’autrice interroge les dynamiques familiales, la transmission et l’emprise et explore les violences familiales sans rester à la surface des choses. Sandrine Cohen démontre combien celles-ci s’inscrivent dans un cycle de répétition, en allant fouiller à la fois dans le passé de Xavier et de Cybèle, mais aussi dans le présent des enfants. Lorsque l’on est issu d’une éducation brutale, la reproduction de ce schéma est-elle inscrite dans les gènes, comme une pulsion innée ?

C’est sans doute l’une des questions qui m’a le plus taraudée dans ma vie d’adulte. Quand la réponse à toute frustration est une crise de colère, que le ton monte toujours jusqu’au hurlement et une envie de frapper son interlocuteur, il y a péril en la demeure. L’enfant qui a été élevé dans cette atmosphère de peur, dans les mêmes phrases admonestées quotidiennement, celui qui a été un « funambule de l’enfance », a de grandes chances de reproduire ce climat avec ses proches, une fois adulte. C’est la double peine. Dans « Antoine, un fils aimant », la question est de savoir si Antoine est un produit de cette violence intergénérationnelle, et si cette situation est une fatalité.

Enfin, le roman interroge la capacité de la justice à comprendre la complexité des drames familiaux. Entre l’efficacité brute des procédures policières et la quête plus subtile de la vérité menée par Clélia, le livre montre comment les institutions, bien que nécessaires, peinent parfois à saisir la profondeur des mécanismes à l’œuvre derrière un acte criminel. Antoine est-il jugé pour ce qu’il a fait, ou pour ce qu’il est supposé être ? La justice cherche-t-elle à punir ou à comprendre ? Ces questions résonnent tout au long du roman, offrant une réflexion pertinente sur notre rapport à la culpabilité et à la responsabilité.

Pour terminer, si Antoine est l’un des personnages centraux, la question de la place des femmes dans un système patriarcal est omniprésente. Cybèle, épouse et mère, doit composer avec un mari dont l’autorité ne souffre aucune contestation. Son parcours illustre la difficulté et la peur à se soustraire des schémas oppressifs, la culpabilité qui pèse sur celles qui subissent sans oser agir. Clélia Rivoire représente une autre forme de féminité, combative et indépendante, mais également marquée par un passé difficile qui l’a rendue hypersensible aux dynamiques de domination et à leur détection.

Énormément de sujets sont traités dans « Antoine, un fils aimant », qui vont bien au-delà d’un roman noir. Vous entrez dans une exploration psychologique de la violence, de ses racines dans le passé, et de ses ramifications dans le présent. Les enjeux sociaux et judiciaires sont passés au peigne fin et mettent en lumière les limites de la justice traditionnelle. Le tout est servi par un style incisif et immersif, où l’écriture alterne entre nervosité et introspection. Des questions morales et philosophiques ponctuent la lecture et laissent le lecteur en proie à un dilemme émotionnel ou à ses propres démons.

« Antoine, un fils aimant » est une œuvre troublante…
Profile Image for Alice Alexandre.
626 reviews6 followers
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February 22, 2025
Clélia est enquêtrice de personnalité. Qu’ésaquo ? Eh bien, tout comme vous (oui, tout à fait, je vous considère aussi cultivés que moi, de toute façon, on m’a maintes fois répété que l’on a les abonnés que l’on mérite), j’ignorais que ce métier existait. Je ne saurais d’ailleurs vous dire s’il existe dans le panorama judiciaire portugais mais, une chose est sûre, les livres ne sont pas seulement synonymes de divertissement. En lisant, on apprend !

Alors, qu’est-ce que cela implique ? Rien de plus simple, faisons preuve de sagacité (qu’est-ce que je vous disais, nous ne sommes peut-être pas aussi cultivés que nous aimerions l’être mais on ne pourra pas dire que vous et moi ne faisons pas preuve de perspicacité) ! Une enquêtrice, bah, enquête. Sur quoi ? Bingo ! Sur la personnalité ! De qui, eh bien, et c’est là que tout se corse : sur des criminels ordinaires !

Mais qu’est-ce qu’un criminel ordinaire ? Oubliez les pervers, les dénaturés, les vicieux, les déréglés, les dévoyés, bref, tous ceux qui tuent pour le plaisir ou pour l’appât du gain, voire les deux. Prenez plutôt, allez, un adolescent âgé de 17 ans, qui a toujours obéit aux règles, un fils aimant, un grand frère attentionné, un élève doué. À quel moment a-t-il basculé de l’autre côté ? Qu’est-ce qui a fait que, à un moment donné, il ait saisi le fusil de chasse de son père, visé ce dernier et tiré ?

Une plaisanterie entre un père et un fils qui a mal tourné ?

Clélia intervient, non pas pour juger, mais pour comprendre. Quoi ? Ce qui a poussé Antoine à appuyer sur la détente. Clélia n’est pas là pour apporter des munitions (ce n’est pas forcément le meilleur choix, quoique, à bien y penser, n’est-ce pas ça que font l’avocat de l’accusation et l’avocat de la défense, se tirer des balles ?) lors du jugement mais pour faire en sorte que soit appliquée la meilleure décision.

Clélia est une femme dotée d’une énorme sensibilité, quitte à se brûler les ailes comme le papillon qui s’approche trop près de la flamme, captivé par la lumière. Jouant avec les limites, ses propres limites, Clélia gratte au-delà des apparences jusqu’à voir apparaître la sous-couche, SUITE :

[…] celle qui se cache sous la strate des faux-semblants.

Le style de Sandrine Cohen est incisif, mordant, parfois caustique, mais toujours authentique. À travers le personnage de Clélia, qui se répète jusqu’à faire entendre sa voix, qui répète la même question, comme un marteau qui frappe sur un clou pour bien l’enfoncer, Sandrine Cohen tente d’éveiller les consciences car, si l’on y réfléchit bien, où est l’origine du mal ? Naît-on criminel ou le devient-on ?

Je reconnais que, peut-être, ou sans doute, certaines et certains ne parviendront pas à entrer dans le texte, le trouvant trop cru. Et que dire du personnage de Clélia !... Pour ma part, ce récit n’est ni choquant ni licencieux. Ce récit est cru, oui, mais j’entends par là que l’écriture de Sandrine Cohen est franche, réaliste, vive, brute, comme la vie !

Qu’est-ce qui pousse un fils à tuer son père ? À quel moment, la vie, celle de cet adolescent studieux, de cette famille, a basculé ? Parce que, qu’on se le dise, il est évident que sa vie, leur vie, a capoté bien avant…

Bref, une protagoniste qui m’a touchée en plein cœur, malgré ses excès (ou surtout à cause de ses excès), une histoire bouleversante, des arguments déstabilisants, des plaidoiries criantes de vérité (et de mensonges), une narration qui m’a convaincue ! D’ailleurs, je viens de m’acheter le premier tome parce que j’ai envie, besoin, de comprendre Clélia.

*Service presse non rémunéré, mon avis en toute objectivité

https://www.instagram.com/aliceintheo...
Profile Image for Clelia LADINI.
584 reviews9 followers
February 19, 2025
4,5/5
Avant tout merci à NetGalley France et aux Editions Belfond de m'avoir permis de lire ce livre.
C'est la première fois que je lis Sandrine Cohen, mais pas la dernière.
Sa plume est intéressante, ses personnages sont bien construits, ils sont peut-être un peu inhabituels, hors des cadres, de ces personnes qui poussent les limites au-delà de tout.
J'ai été conquise par la 4e de couverture et parce que l'héroïne, une enquêtrice de personnalité qui aide la police et la justice, porte mon prénom, Clélia (pour moi, c'est en version italienne sans l'accent.).
Clélia est une personne qui revient de loin, avec de nombreuses blessures, mais qui a appris à se reconstruire, et surtout qui a mis sa sensibilité au service de la justice, elle aide la justice, en cernant au mieux les auteurs de crimes. Cette histoire, qui commence comme un roman policier, va très vite prendre une autre tournure.
Un rythme bien mené, une écriture fluide, une plume acérée, un tantinet crue parfois, mais toujours juste. Ce n'est pas un style policé, c'est un style rugueux qui va comme un gant à Clélia l'enquêtrice lors de cette histoire.
Expliquer comment advient la reproduction d'un système de violence dans une famille, comment cette reproduction amène sur plusieurs générations des victimes, ou des bourreaux, des manipulateurs ou des personnes sous emprise. Comment briser ce cycle de reproduction, comment se libérer de cette violence, comment reprendre sa vie, sa liberté ?
Très belle démonstration sur ce que devrait faire la justice, réparer, plutôt que punir, comprendre pour juger, et non pas seulement chercher une quelconque acquisition de pouvoir.
Un plaidoyer fort bien mené, avec plein de sensibilité, un très beau roman.
First and foremost, thank you to NetGalley France and Editions Belfond for allowing me to read this book.
This is the first time I've read Sandrine Cohen, but not the last.
Her writing is interesting, her characters well-constructed, perhaps a little unusual, out of the box, those people who push the limits beyond anything.
I was won over by the 4th cover and because the heroine, a personality investigator who helps the police and justice, has my first name, Clelia (for me, it's the Italian version without the accent.).
Clelia is a person who has come a long way, with many wounds, but who has learned to rebuild herself, and above all who has put her sensitivity at the service of justice; she helps justice, by pinpointing the perpetrators of crimes as best she can. This story, which begins as a detective story, quickly takes a different turn.
The pace is well paced, the writing fluid, the pen sharp, a tad crude at times, but always accurate. It's not a polished style, it's a rough style that fits Clelia, the investigator, like a glove in this story.

Explain how a system of violence is reproduced in a family, and how this reproduction leads to several generations of victims, executioners, manipulators or people under a hold. How to break this cycle of reproduction, how to free oneself from this violence, how to regain one's life, one's freedom?
A fine demonstration of what justice should do: repair rather than punish, understand in order to judge, and not just seek to acquire power.
A well-handled plea, full of sensitivity, a very fine novel.
8 reviews
October 29, 2025
J’ai bien aimé tout le cheminement de l’enquête. Ainsi que tout ce qui est autour du personnage de Clélia. Par contre un peu moins aimé tout le passage du procès.
Très bon livre.
This entire review has been hidden because of spoilers.
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