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Em silêncio

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Nord du Portugal, octobre 1962. Depuis la prise du pouvoir par Salazar, les arrestations arbitraires s'enchaînent et la population ouvrière s'enfonce dans la misère. Lorsque João perd son emploi, il n’ose pas tout de suite en parler à sa famille et sombre dans le désespoir… jusqu’à ce qu’un ami lui parle de la France. Là-bas, dit-on, il y a du travail, il pourra y offrir une belle maison à sa famille et y vivre heureux.

Quelques semaines plus tard, un passeur vient chercher João chez lui et le guide jusqu’à la frontière espagnole. Comme des milliers de portugais avant lui, il s’élance sur les chemins sinueux de l’espoir, où la Guardia Civil espagnoleguette et le silence est roi.

Adeline Casier revient au crayon graphite sur l'histoire de son grand-père, témoin de la grande vague de migration portugaise d’Après-guerre. Un hommage solidement documenté, empreint d'une poésie et d'une mélancolie rêveuses.

160 pages, Hardcover

Published January 2, 2025

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
Profile Image for Eilema.
815 reviews4 followers
April 5, 2025
un bel hommage à toutes les personnes courageuses qui ont fui le portugal sous la dictature des années 60
j'ai pas compris toutes les phrases en portugais car le guide de garance m'a juste appris à dire bonjour et merci mais tant pis...
Profile Image for Bookmeaway.
474 reviews17 followers
January 8, 2025
Chronique du 8 Janvier 2025.

Avec Em Silêncio, Adeline Casier rend hommage à son grand-père ainsi qu'aux milliers de portugais qui ont dû vivre et traverser ces mêmes épreuves terrifiantes. Un hommage qui touchera autant les familles restées au pays dans le passé, leurs descendances dans le futur, toujours impactées, jusqu'à aujourd'hui. Un hommage qui forge, une histoire, Histoire qui ne doit pas être oubliée. Et puis dans les années 60-70 (mais pas que) ceux qui ont dû partir et vivre, subir, cette traversée en silence : tenter le voyage périlleux au risque de - peut-être - se faire rattraper ? perdre la vie ? Lancés dans un périple vers et dans l'inconnu, pour fuir une dictature, survivre, avec un espoir d'un futur meilleur ailleurs, pour eux, pour leurs proches, quelque part au-delà des frontières de leur pays.

À ceux qui sont restés, à ceux qui sont partis, le cœur déchiré de laisser leurs familles en arrière, conscientes du péril de ce départ. L'incertitude qui les ont rongés, la peur, la tristesse et le déchirement. Aux courageux, à ceux qui partent, jeunes et vieux, yeux mouillés, cherchant une chance, un espoir, cœurs tristes, avec leurs rêves dorés.

Les touches musicales, des paroles qui se fondent à l'arrière du récit, à des moments vraiment bien choisis, sont encore plus impactantes.
Je vous conseille d'écouter, si vous ne connaissez pas déjà, "Ei-los que partem" de Manuel Freire. Une chanson qui exprime très bien les émotions dominantes et lourdes de ces courageuses personnes qui ont vraiment existé. Qui ont accompli ce voyage. Vos grands-parents peut-être, ou vos voisins. Vous en connaissez sûrement un, ou l'un de ses enfants, petits-enfants. 

Aussi déchirant que la photo déchirée, pour seule preuve de survie, là-bas loin. 

Adeline Casier utilise un style graphique brute, dur, au crayon appuyé et presque précipité, qui retransmet très justement la dureté de ces temps, de ces épreuves, de ces vies, de cette fuite. C'est maîtrisé, cohérent. Il y a ces contrastes aveuglants, marquants, du blanc presque flashy contre cette graphite noire, sombre, appuyée. Des personnages - des personnes - désolées, isolées, perdues dans l'immensité de ces paysages eux-mêmes désolés. Les traits sont intenses, marqués, ils retranscrivent très bien la détresse, la dureté de cette traversée, la détresse de ces gens et le danger qui rôde.
La grandeur des paysages, de ces troncs d'arbres immenses qui font face à ces hommes qui paraissent minuscules en contraste; perdus dans les forêts des Pyrénées, dans les champs d'Espagne, dans la montagne, avec la violence planante, de ceux qui les chassent et les traquent.
Survivre, tenir, ne pas lâcher, et surtout Em silêncio!

Il y a vraiment des pages qui arrachent le cœur... Beaucoup du cru de la réalité qu'ont dû subir des milliers d'immigrants à cette époque. Mais avec ceci, beaucoup de jolis symboliques et métaphores. Du soutien, de l'entraide et de l'humanité malgré tout. De la douceur et des moments chaleureux.

Des messages forts, essentiels et arrache-cœurs. Des personnages, personnes, aux histoires déchirantes. De la persévérance, de la douceur, de l'espoir dans le désespoir, de la détermination. Le beau de l'humain qui existe toujours, qui persiste. Même là.

J'ai vraiment été touchée et impressionnée par l'attention portée aux nombreux détails des décors, notamment au début de l'ouvrage. Je crois que peut-être vous le comprenez maintenant mais je suis concernée par cette histoire. Et je peux vous dire que le travail apporté sur chaque moindre objet et détail qui pourraient/pourront passer inaperçu pour un lecteur qui ne connait pas la culture portugaise, est extrêmement bien fait. J'ai été vraiment trés émue, en reconnaissant tellement de caractéristiques spécifiques en arrière-plan, la précision et le cœur apporté à ces décors : que ce soit l'intérieur des habitations, leurs structures, les meubles, l'agencement de ceux-ci, la nourriture, les légumes, la cuisine, les ustensiles, les bâtiments extérieurs, l'architecture, l'agencement du village, sa fontaine avec son arbre, son café-bar, les vêtements, les paniers tissés, par exemple.

J'ai eu le cœur lourd tout le long de ma lecture. 
Que dire. C'est un ouvrage important. Entre hommage, témoignage, une sorte de biographie et histoire de vie, histoires de vies réelles. À lire, à partager, à recommander. 

#EmSilêncio #NetGalleyFrance

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Premiers mots, du 27 décembre 2024, juste après avoir terminé ma lecture :

Je savais que cette lecture allait m'impacter. Et je redoutais, appréhendait ma réaction. J'ignorais à quel point, avec quelle force, jusqu'à où ça irait. Ça a remué beaucoup de choses en moi. J'ai versé des larmes au début, au milieu, à la fin. Sans même m'en rendre compte parfois. Ça m'a beaucoup remuée. Déterré des choses qui étaient enfouies si profondément en moi.

J'écrirai le reste de mon avis mieux construit et plus complet dès que j'aurai un peu repris mes esprits.
Profile Image for Thebensbookoflife.
264 reviews2 followers
December 23, 2024
J’habite dans une province ouvrière en Belgique qui connut son apogée industrielle dans les années 50-60.
Charbon, pierre, métal, céramique, autant de matières que nous fabriquions et qui faisaient la renommée de nos villes.
C’est grâce à l’aura de ces entités ouvrières que de nombres hommes et femmes d’origines étrangères sont venus par chez nous afin de travailler du travail et mais pour certains aussi la paix qu’il n’avait plus dans leur pays.
Italiens, espagnols, marocains, ils sont venus gagner leur croûte durement et courageusement pour subvenir entre autres aux besoin de leurs familles dont certaines étaient rester au pays.
Ma ville, Soignies, est renommée mondialement pour la pierre bleue et la demande des graviers ou de pierres taillées a explosé après la guerre de 40-45.
Et comme le travail ne manquait pas, de nombreux étrangers ont toqué à la porte des patrons de carrières de pierre bleue et ont trouvé facilement un job. De ce fait, ils se sont installés sur Soignies et leur famille aussi et ainsi de suite.
On pense souvent aux Espagnols qui ont fui Franco et son régime autoritaire, mais ici, dans ma cité, il y a aussi un grand contingent de Portugais qui sont arrivés pour fuir Salazar et sa dictature.
La pauvreté, les spoliations, les tortures... Tant de choses horribles qui ont fait que ces Lutisaniens ont pris dangereusement le choix de s’exiler et ce au péril de leur vie.

En effet, le chemin vers une destinée (peut-être) plus belle était semé d’embûches car il fallait traverser l’Espagne de Franco avec sa Guardia Civil féroce et ensuire arriver en France en évitant les autorités locales car peu d’immigrés avaient les papiers nécessaires.
Il y eut des morts, des oubliés de ces Salto (nom donné à ces passages en fraude du Portugal vers l’Espagne et la France) et parfois pour ceux qui ont réussi, le rêve fut illusion car ils n’avaient pas l’Eldorado escompté entre les mains car pas d’emploi et pas d’aide sur place.

Adeline CASIER nous parle de ces hommes au bord du gouffre qui n’ont plus d’autres choix que de quitter leurs villages portugais si pauvres et si surveillés.
Elle nous offre un témoignage unique dans cet album qu’est celui de son grand-père João qui a réussi à fuir le pays et a pu s’installer, après moultes épisodes courageux, et tragiques dans le nord de la France.
Ce qui est extraordinaire, hormis le destin de João dans ce livre, ce sont les graphismes. Ce noir, ce graphite omniprésent et intense inspire une tristesse et un désespoir incroyables.
Le trait vif et presque spontané de l’auteure donne une dimension tragique et poétique à l’histoire.

La trame est amenée comme une aventure de la dernière chance et cela nous ancre dans cette BD avec force que l’onne peut lâcher celle-ci afin de connaître le futur de João et de ses compagnons.
Je vous laisserai juge aussi de la postface qui rend encore plus fort le récit après lecture.

Avec cet album rendant hommage à son grand-père et à tout ceux qui ont dû fuir un pays à contre-coeur pour survivre, Adeline CASIER nous émeut de ses dessins, au noir percutant et en même temps empli d’espoir, qui nous entraînent dans des moments oubliés de notre Histoire pourtant récents et qui nous rappellent que le bonheur est une chose précieuse à trouver mais surtout à conserver.
Profile Image for Alice Alexandre.
654 reviews6 followers
Read
February 11, 2025
Dans cette bande dessinée au crayon graphite, Adeline Casier rend non seulement hommage à son grand-père mais aussi à tous ces hommes réduits au désespoir qui, dans les années 1960, ont fui le Portugal sous le régime dictatorial et colonialiste de Salazar. Vivant, pour la plupart, dans une pauvreté extrême, et effrayés à l’idée d’être mobilisés pour partir à la guerre en Angola (ancienne colonie portugaise frappée par une guerre civile qui a opposé le Portugal aux indépendantistes de 1961 à 1975 et qui a fait près de 9000 morts, 30 000 blessés, 4500 mutilés et 14 000 déficients physiques parmi le contingent portugais, en sachant que plus de 100 000 soldats ont souffert d’un PTSD*), ils ont donné toutes leurs économies à des passeurs pour traverser, au péril de leur propre vie, la frontière portugaise, l’Espagne qui était alors sous le joug du Franquisme, puis les Pyrénées françaises, poussés par l’espoir de trouver une vie meilleure.

Le mot « silêncio » (silence) est sans doute le mot qui caractérise le mieux la vie des portugais à cette époque. Il ne fallait surtout pas critiquer le gouvernement sous peine d’être arrêté par la PIDE, la police politique de l’État, ou d’être dénoncé par un voisin, et de moisir en prison. Pendant le « salto », littéralement le saut pour traverser les frontières de façon clandestine, il ne faut pas faire de bruit pour ne pas se faire attraper par des partisans du système politique instauré par le général Franco, les 𝘤𝘢𝘳𝘢𝘣𝘪𝘯𝘦𝘳𝘰𝘴 ou la 𝑔𝑢𝑎𝑟𝑑𝑖𝑎 𝑐𝑖𝑣𝑖𝑙. Puis, une fois en France, il faut éviter les autorités locales, mais aussi baisser la tête et garder le silence face à la moquerie et à la xénophobie de certains…

Bref, un hommage empreint de poésie (je pense à la très belle métaphore de l’hirondelle à travers laquelle João explique à ses filles pourquoi il va devoir les quitter, sans savoir s’il reviendra un jour) et très bien documenté (le postface est très instructif), qui m’a brouillé les yeux et le cœur…


*Source : Article de Mariana Carneiro, publié dans la revue « Esquerda » en mars 2020.

https://www.instagram.com/aliceintheo...
Profile Image for Carla.
21 reviews
February 16, 2025
"Par les temps qui courent, il serait bon que les gouvernants se souviennent de la leçon que cette bande dessinée rappelle à juste titre : aucune fermeture de frontière n'empêche les hommes et les femmes de vouloir trouver ailleurs une vie meilleure". La conclusion de l'historien Victor Pereira est très juste.
Merci et bravo à Adeline Casier de rendre compte à l'aide de son crayon graphite et avec émotion et poésie des raisons qui ont poussé "o salto" de tant de portugais vers la France et des obstacles franchis pour une vie meilleure. Obrigada de contar a história dos nossos avós, dos nossos pais, a nossa história.
Profile Image for Johanna.
240 reviews12 followers
February 13, 2025
Une lecture qui me parle puisque l'autrice rend hommage à son grand-père portugais et à son périple pour arriver en France fuyant la dictature et la misère au Portugal. Je me dis que si mon père était encore là il me raconterait sûrement la même histoire.
Visuellement c'était beau et poétique.
Profile Image for Roeliox.
307 reviews5 followers
August 4, 2025
4,5 ⭐

History Doesn't Repeat Itself, but It Often Rhymes” – Mark Twain
Profile Image for Isaura.
99 reviews28 followers
Currently Reading
May 12, 2026
Franchement il y avait moyen de trouver un portugais pour relire les parties en portugais
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