Yaée et Almay, jumeaux fille et garçon originaires d'un petit hameau reculé de la province de Lède, voient leur vie prendre une direction inattendue quand Yaée révèle le secret de son frère : il est capable d'entendre la voix des esprits andas.
Celui-ci n'a alors pas d'autre choix que de partir en apprentissage auprès du dernier moine vivant dans le temple au milieu des collines de pierre. Yaée, de son côté, voit ses rêves de rejoindre la ville se briser, contrainte de rester auprès de leurs grands-parents qui les ont élevés.
Des années plus tard, leur destin est à nouveau bouleversé le jour où une petite troupe débarque au hameau, avec à sa tête la sorcière Rohanamëm. Celle-ci, usant d'un sortilège censé avoir été banni il y a trois cents ans, fait se lever un golem de pierre au travers de l'âme de Yaée. Emprisonnée dans le géant, la jeune fille n'aura alors de cesse d'essayer de se libérer.
Son frère, persuadé de la mort de sa sœur, se rend quant à lui dans les Hautes Terres, d'où est originaire la sorcière, bien décidé à éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise... et aussi pour se venger.
Claire Krust a commencé à écrire à l’âge de dix ans des histoires qu’elle ne terminait pas. Plus tard, elle découvre les littératures de l’imaginaire avec des auteurs de fantasy jeunesse (Pierre Bottero, Erik L’Homme, J. K. Rowling) puis à des auteurs adulte (Louise Cooper, Robin Hobb). Ces lectures lui ont permis de porter un regard critique sur son écriture et ses histoires. Dans une interview, Krust déclare avoir complètement réécrit Les Neiges de l’éternel, son premier roman, après avoir lu L’Assassin royal.
L’histoire de ce premier livre est née vers 2008, quand elle était au lycée, sous forme de nouvelle écrite pour un concours d’écriture. Quelques années plus tard, elle reprend l’histoire avec l’envie d’en raconter la suite et de développer d’autres personnages. Dans ses récits, les fantômes ont une place importante. En effet, Krust se passionne pour ces êtres morts mais toujours encrés dans la vie, pouvant être terrifiants ou amusants et dotés d’un point de vue particulier. Elle en fait une source d’inspiration inépuisable, pleine de potentiel.
En parallèle de sa nouvelle carrière d’auteure, Krust est rédactrice web chez Kreatic SAS.
J’ai eu la chance de croiser Claire Krust il y a quelques semaines, lors du salon du livre des Halliennales. J’étais prêt, je l’avoue, à la houspiller gentiment pour sa manière d’écraser sans pitié la première page de son roman afin d’y apposer sa dédicace (crime impardonnable pour tout bibliophile). Mais à mesure que je l’écoutais parler, mon irritation s’est changée en admiration. Il émanait d’elle une joie simple, lumineuse, celle des auteurs qui savourent chaque échange, chaque regard, chaque lecteur — même le grassouillet de trente-huit ans que je suis, un peu timide derrière ses lunettes.
Ceux qui me lisent le savent : je ne ménage ni mes mots ni mes émotions. Lire, c’est accepter d’aimer ou de ne pas aimer, mais toujours dire la vérité. Dans un monde où les réseaux sociaux distribuent les « coups de cœur » à la chaîne comme des friandises de pacotille, il est vital de retrouver l’honnêteté du lecteur. La critique n’est pas une arme, mais un miroir. Et parfois, ce miroir révèle nos propres doutes, autant que ceux de l’auteur.
Le Golem de pierre m’a d’abord dérouté. J’y ai perçu plusieurs voix, comme si plusieurs écrivains s’étaient succédé sous la même plume. Par moments, l’immersion était totale : chaque mot respirait, chaque silence vibrait, chaque image se taillait dans la roche de l’imaginaire. Puis, soudain, la prose semblait vaciller, devenir plus juvénile, presque hésitante, comme un brouillon d’elle-même. J’étais intrigué, parfois perdu, souvent captivé.
C’est en lisant les remerciements que tout s’est éclairé. Ce roman, j’appris, a été façonné au fil de sept années. Et j’ai compris : ce n’est pas le même être humain qui a écrit la première et la dernière page. Entre les deux, il y a eu la vie, les saisons, les métamorphoses. Le Golem de pierre est traversé par ces strates d’existence. On y sent les passages anciens, ceux réécrits, ceux repensés, et ce défi immense – tisser un final cohérent à partir d’une œuvre née de plusieurs époques de soi.
Le pari est tenu. Et pourtant, un léger regret demeure. Après plus de trois cents pages passées à explorer cet univers singulier, j’aurais voulu que la conclusion prenne le temps de respirer. Le dénouement arrive trop vite, presque comme une porte qu’on referme en hâte après avoir longuement admiré le paysage par la fenêtre. Mais qu’on ne s’y trompe pas : j’ai lu ce roman en deux jours, happé par cette alternance de souffle et de mystère, par cette tension continue qui pousse à tourner les pages malgré tout.
L’immersion, hélas, m’a semblé impossible. Non par désintérêt, mais parce que le flot des pronoms et des appellations, ressassés jusqu’à l’usure, dressait entre le lecteur et le texte une barrière invisible. La jumelle. Le jumeau. Le Lié. Ces mots revenaient sans cesse, comme un écho obstiné, une cloche qui sonne trop fort. Dix fois parfois sur une seule page, jusqu’à rompre le charme. Ce rappel constant de leur « fonction » – être jumeau, être liée, être nommé ainsi – étouffait peu à peu la chair des personnages. À force d’être désignés, ils ne vivaient plus : ils étaient réduits à leur statut, privés de la spontanéité de l’être. Et moi, lecteur, je demeurais au seuil du récit, incapable d’oublier les mots pour rejoindre les âmes.
Car au-delà de ses imperfections, Le Golem de pierre déploie une beauté rare. Claire Krust parvient à fusionner le grand mythe – celui des golems, des guerres oubliées, des créatures façonnées par la main de l’homme – avec le petit récit humain, intime, fraternel, fragile. La magie y est moins démonstrative que signifiante : elle se glisse dans les pierres, les collines, les silences. C’est une magie de mémoire, de nature et d’esprit, qui fait frissonner plutôt qu’exploser.
Et puis, il y a cette délicatesse, presque invisible, qui m’a touché : ici, la sexualité n’a pas de genre. L’autrice n’éprouve nul besoin de nommer, d’étiqueter, de justifier. L’amour se présente comme il vient, pur, fluide, libre. Merci à Claire Krust pour cette évidence si rare : la liberté d’aimer sans commentaire.
En refermant Le Golem de pierre, je n’ai pas eu l’impression d’avoir terminé un roman ; j’ai eu celle d’avoir quitté un monde. Un monde où la pierre se souvient, où les voix murmurent dans la terre, où les blessures se guérissent par les mots. Et si la fin demeure ouverte, c’est peut-être parce qu’elle ne nous appartient plus : elle appartient désormais à chacun de nous, à ce que nous choisirons d’y prolonger.
Claire Krust's career was launched by Éditions ActuSF, back in 2015. ActuSF has launched many authors' careers over the years, until the train came to a halt after more than 20 years. Fortunately, in 2023, they rose from their ashes under the new moniker Les Nouvelles Éditions ActuSF. Ms Krust's last novel, "L'Héritage de l'esprit-roi" (2022), was even reissued in a beautiful hardcover edition, back in the fall of 2024.
While a few authors chose a new publishing home, Claire Krust remained onboard, but her latest novel, "Le Golem de pierre", was put out by another publisher, Les Éditions Mnémos, in February 2025. As she mentions in the afterword of acknowledgements, the novel was to be published by ActuSF, but circumstances weren't favourable, hence the "colleagues" of Mnémos coming to the rescue.
"Le Golem de pierre" is described as having Celtic influences. While a golem is a Jewish creation (Wikipedia), the "Celtic" influence refers actually to the setting, the landscape that is reminiscent of Ireland's green grounds (as Ms Krust told me at this year's Trolls & Légendes festival).
In the land of the Golem, we meet a farmers couple, who raise their two grand-children. Life on the country-side differs a lot from that of the city, where civilisation is thriving. Each of the children has a different view on life, different interests to pursue. The boy has a spiritual skill: he can hear the spirits. His sister, on the other hand, wishes to start a career in the city. Now, children who can hear the spirits at a young age must go to the temple and become an apprentice. The boy, however, managed to keep his "skill" silent all those years, because he didn't want to go to the temple, was afraid of what would happen then. Unfortunately for him, his "secret" is discovered, and so he's still sent to the temple, where he is obliged he's obliged to enter the local congregation under the guidance of the last priest. There, he will live almost like a Tibetan monk, citing mantras to ease his mind and what not.
The city is the home of the rather rich people, hence the huge contrasts. It's also the home of the queen, the prince, the army, and so on. There's a temple in the city as well, like in the country-side, but the priests and their congregation are of a different nature, they consider themselves more privileged and better representatives of the divine source, whereas the priest from the country-side is a more regular, yet perhaps more genuinely devoted priest.
Of course, not all is well in the country. Malicious people, like a group led by a woman, seek power and riches by bringing golems to life. For that, however, they need humans or rather, their spirits. Golems are short-lived, however, so time is of the essence. And so, one day, our little girl, is caught and trapped. She can't escape, as the woman applies magic to keep her spirit at bay inside the golem. The girl's brother, having completed his formation at the temple (whose sole priest unfortunately wasn't strong enough to fight off the aforementioned group), undertakes a search to find his sister. Luckily for him, the prince and his army were in the vicinity, as they were inquiring about the golems issue.
The boy would spend a good deal at court, preparing for the quest for his sister. The prince's nephew would instruct the lad. However, again, the teaching of the temple in the country-side differ from those in the city, for only those of the city profess the true faith, follow the true teachings. As their head learns of the boy's education, especially when he hears him recite a certain mantra, the latter is considered the devil's spawn. When you read between the lines, the political actions and mindset are clearly present within this priest and congregation. Or rather, he rules the congregation, does not accept any other reasoning or open-mindedness, contrary to what the boy was taught.
Oh yes, the spirits. So, the boy can communicate with them, but like the golems, they need a human being to do so. The golems need a human spirit, the spirits need a human body as vessel. The golems are controlled/guided from the outside (by a third party), the spirits are controlled/guided by the human whose body they reside in.
Of course, rebellion via golems must be fought off by... golems. Equal weapons, as they say. As the prince learnt of the girl's disappearance, he set to work to inform the queen about what happened and so countermeasures were put in place. But how does one know how to "operate" a golem? Ancient knowledge, written in books which the rebellious woman stole from the Royal Library. But not all was lost to the court, no, as our little boy would uncover a secret that the court had so long denied. And so, the lad would have a new life's goal, not without risk for his own life: becoming a protector of the spirits, as their story is tied to that of the golems.
It wouldn't be a good story if it didn't well (i.e. "well" meaning an outcome for the benefit of mankind), obviously. Even if you can't bake a cake without breaking eggs. Sacrifices had to be made, however unfortunate. Then again, also on the side of the rebels there would be internal struggle, a counterforce, caused by a little girl, who was sorely underestimated by her group.
In her stories, Claire Krust tries to create some open-mindedness, consider current happenings, like the LGBTQ+ community. There's a bit of that here (and at the court, even), but not dominant at all for the story. One could question this part or just accept it. However, was this a way to show how both characters' upbringing was quite classic, patriarchal even, and thus preventing them from expressing their feelings in a proper manner? Not "proper" to the classic upbringing, but more liberal.
Long story short: Claire Krust strikes again! Her accessible style, writing a kind of tale like those of old, only in a more contemporary version, made this an entertaining read with some underlying food for thought regarding society, politics, religion, freedom or liberty in general. A nice, more accessible addition to her other works.
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Previously read by Claire Krust: * Les Neiges de l'éternel (2015) (review) * L'Envolée des Enges (L'Envolée des Enges, #1) (2018) (review) * Les Secrets d'Éole (L'Envolée des Enges, #2) (2019) (review) * L'Héritage de l'esprit-roi (2022) (review)
Là, Là, Installez-vous. Près du feu. Je viens de rajouter des bûches Dans l’âtre Pour ne pas avoir à interrompre un récit Fait de pierres, de cœurs, Et de deux êtres battants à l’unisson.
Yaée, Almay, Jumeaux déchirés pris dans l’étreinte du roc Murmurant aux esprits dispersés, Les pas lourds de promesses brisées.
Sortilège interdit, Le golem se dresse. Géant retrouvé Inflexible, inébranlable. Monstre créé De l’absence et du deuil Aux larmes de pierre.
La vengeance coule dans ces veines argentées, Comme la rivière sous la glace, Prête à briser la surface, À faire table rase du passé.
Golem ou poignard, Chaque arme obéit À celui qui la tient.
Les andas chuchotent, Feux follets errants dans les collines Entre ciel et terre, Les andas s’élèvent, Émanations anciennes de la nature, Oppressants.
Avant ne reviendra jamais…
Une voix qui appelle dans le silence, Étouffée sous le carcan de pierre, L’autre qui prie dans la nuit, Emplit d’un espoir féroce.
Avec une plume envoûtante, Claire Krust nous confie ici Une pépite de l’imaginaire Où se mêle magie, colère, Et fraternité blessée, Érodant page après page les certitudes Et les destins liés.
Ils sont devenus fous.
Alors voilà Cette vieille histoire Qu’il est important de ne pas oublier. Cette histoire vraie faite de guerres égoïstes, De promesses absolues Et de vengeance.
Une histoire faite de vivants avançant, Coûte que coûte, Et d’un golem, colosse au cœur de pierre.
Quand vous serez grands, Partagez-la avec vos propres enfants Et dites-leur de s’en souvenir à leur tour.
J’ai été rapidement marquée par la fluidité de la plume : c’est bien travaillé, agréable à lire, et on accroche immédiatement. Un vrai plaisir de replonger dans cette histoire à chaque moment lecture !🖋️
L’univers celtique est vraiment chouette, la façon dont l’autrice mêle plusieurs mythes, notamment celui du golem, m’a beaucoup plu! Et ici, la figure légendaire du golem est abordée de manière originale… mais je ne vous en dis pas plus !🗿
L’intrigue est prenante, avec des rebondissements que je n’avais pas vus venir. On sent que c’est réfléchi et bien construit. J’ai aussi adoré le fait de suivre des jumeaux, c’est un choix narratif que je vois peu.😊
Si j’ai apprécié leurs personnalités, j’avoue avoir eu un petit regret : le roman étant court, je n’ai pas eu suffisamment de temps pour m’attacher vraiment aux personnages. J’aurais globalement aimé plus de développement au niveau de l’univers et de l’intrigue, car les idées sont excellentes et auraient mérité d’être encore approfondies.🗡️
Malgré cette frustration, j’ai passé un très bon moment et je recommande chaudement ce roman! Un récit aussi court mais maîtrisé.🍃
Ma note: 4,25⭐️
Mots clés: mythologie celtique - fantasy - jumeaux - dons - golem - Quête - amitié
Autrice d’ActuSF que je connaissais plutôt (de nom) pour ses fantasy asiatiques, voilà Claire Krust qui arrive au catalogue de Mnémos avec un roman aux inspirations très Miyazakiennes et Le Guinesque. Je pensais être conquise, je suis moyennement séduite.
Le Golem est, je trouve, une créature des plus fascinantes, sorte de version archaïque du robot avec ou sans âme, il est à la magie ce que le robot est à la science, une vraie interrogation. J’avais donc envie de me faire emporter par ce récit dramatique où un frère apprenti-prêtre qui entend les esprits voit sa jumelle transformée sous ses yeux en golem et part à sa recherche. Malheureusement les directions ou plutôt les non directions prises par l’autrice ne m’ont pas pleinement convaincue.
Je m’attendais à suivre un récit vraiment dur, sombre et mature, et ce fut plutôt pour moi une fantasy accessible très tôt dès l’adolescence avec un côté très initiatique à la Le Guin dans Terremer, la finesse philosophique en moins. Je n’ai pas détesté cette candeur que les héros, deux jumeaux, incarnent. C’était touchant de voir la fougue mise dans cette quête insensée de retrouver de soeur disparue et transformée. Mais la forme que sa quête prend, trop diluée dans une intrigue politique du monde extérieur, elle-même assez fine, et avec trop peu de développement autour des magies qui les animent, m’a laissée sur ma faim. J’ai eu l’impression d’un récit sombre, avec des idées intéressantes sur l’utilisation et la création des armes ultimes et les drames pour les population, et une dimension politique désespérante qui aurait pu me plaire, mais rien n’est développé T.T
J’ai trouvé l’écriture de l’autrice fort simple là où je pensais trouver une noirceur poétique. J’ai trouvé les développements assez simples et superficiels, manquant de richesses et de profondeurs. Tout est très simple et linéaire. Le héros est gentil mais peut-être un peu trop. L’incarnation forcée de sa soeur dans ce golem est aussi trop rapidement décrite et ce n’est pas avec la nouvelle sorcière qu’elle rencontre, qui la comprend et l’aide, que ça change. Tout va trop vite, est trop facile, trop survolé… Et je ne parle pas de ce tic d’écriture de nommer les personnages par une sorte d’incarnation, de titre générique, de manière fort redondante : »le jumeau, la jumelle, la sorcière », qui m’a horripilée !
Pourtant, j’avais envie d’adorer. Je trouve l’ambiance Miyazakienne et Le Guinesque douce et entêtante avec une mélancolie dramatique émouvante, notamment grâce à la jeunesse des personnages. Ceux-ci n’ont pas le côté agaçant qu’on donne trop souvent aux plus jeunes. Ils ont la candeur de leur âge mais pas les excès hormonaux et émotifs, même dans la petite romance MxM toute mignonne que l’autrice dessine à la va vite. J’ai trouvé fort intéressant de la voir jouer sur les caractéristiques de chacun, croisant ce qui les définissait au départ, celui ayant des pouvoirs étant impuissant et celle sans pouvoir étant la plus puissante. J’ai aimé cette mythologie derrière le golem, la façon de les créer, leur place dans ce monde. J’aurais donc aimé que ce soit bien plus développé. J’ai cru comprendre que dans la version originelle du roman, deux tomes étaient prévus, ceci explique peut-être cela, ce manque, que j’ai ressenti. Mais la brièveté du scénario a en même temps donné son intensité et sa vacuité, faisant résonner en nous le destin tragique non souhaité de ces deux enfants, rappelant bien des tragédies actuelles.
Figure fantastique que j’associe volontiers aux quêtes identitaires et à la ségrégation, j’étais toute enthousiaste à l’idée de rencontrer ce Golem. Je ressors peu rassasiée de cette lecture malgré sa douce atmosphère dramatique pleine d’une candeur très miyazakienne, rappelant aussi le Terremer de Le Guin. En voulant rester simple et sobre, l’autrice le fut trop pour moi, j’avais besoin de plus d’intensité, de développement, à tous les points de vue. Et pourtant, les bases sont là, également, à tous les points vue. Cela peut cependant être une bonne porte d’entrée au genre pour de jeunes lecteurs.
Je ne connaissais Claire Krust que de nom, mais j’en avais entendu beaucoup de bien. Lorsque j’ai appris qu’elle publiait une nouvelle histoire (Le Golem de Pierre, édité chez Mnémos qui plus est), j’ai vu l’occasion parfaite de découvrir sa plume, qui semblait totalement me correspondre. Et ce fut entièrement le cas. J’ai trouvé son écriture fluide, douce et très agréable à lire. Elle parvient à peindre des décors vivants et à transmettre avec justesse les émotions de ses personnages. J’ai été totalement transportée.
Dans Le Golem de Pierre, nous suivons principalement les aventures de deux jumeaux : Yaée et Almay. À travers eux, l’autrice explore avec brio les liens familiaux – en particulier la relation frère-sœur – et l’amour qui en découle. La notion de sacrifice est également omniprésente. Ces thématiques sont abordées avec intelligence, subtilité et justesse. Yaée et Almay m’ont profondément touchée. Ce sont des personnages que j’ai trouvés profonds, nuancés et cruellement attachants. En revanche, j’ai trouvé que les personnages secondaires étaient peut-être un peu trop archétypaux et manquaient de développement – leurs buts et desseins étant parfois dévoilés un peu abruptement à mon goût.
L’ambiance, mêlant influences mythologiques et celtiques, m’a énormément plu. L’univers est terriblement immersif : je m’y croyais. La magie y occupe une place centrale. Si le système magique en lui-même n’a rien de révolutionnaire – il repose essentiellement sur la sorcellerie –, il est parfaitement intégré au récit, ce qui le rend très convaincant. Le mystère qui entoure les golems suscite énormément de questions, et j’ai apprécié découvrir les réponses au fil de l’histoire.
D’autres thématiques fortes sont abordées, telles que la résilience, la vengeance, l’humanité, la liberté et la quête de soi. Chacune trouve pleinement sa place sans empiéter sur les autres. Elles sont traitées sans morale assénée, ce qui est vraiment très appréciable.
Je suis convaincue que cette histoire saura ravir tous les amoureux de fantasy en quête de récits aux thématiques riches et profondes. Une lecture que je recommande chaudement et que je ne cesserai de conseiller !
L'histoire est bien ficelée et, franchement, captivante. J'ai néanmoins eu du mal avec les chapitres de la sœur, qui sont plus contemplatifs (logique, étant donné qu'elle est prisonnière d'un golem).
Je m'attendais à un récit avec deux POV plus présents que la réalité, avec ce résumé. Je ne cache pas avoir été un peu déçue quand il s'est avéré que Yaée allait juste souffrir tout le long du livre alors qu'Almay partait en aventure + subissait mille tortures + avalait des âmes + faisait la paix avec son homosexualité. Je trouve que ce genre de souffrance reflète assez bien la binarité, le sexisme de la société? Souffrances intérieures pour Yaée qui ne peut rien faire d'autre que d'encaisser; alors que son frère, l'homme du duo, a la possibilité de s'émanciper. Bien sûr, j'ai adoré sa quête. Mais avec le résumé fourni en quatrième de couverture, eh bien... ça m'a fait réfléchir.
J'ai adoré les aventures d'Almay. Une critique à ce sujet est que j'aurais adoré qu'elles durent plus longtemps! Il se passe tellement de choses dans ce livre, à une vitesse qui ne permet pas de lâcher le bouquin, mais qui me faisait dire, parfois, 'et si on prenait un peu plus de temps?' Ç'aurait été génial, mais bon. C'est comme ça 😅 Cela m'a cependant donné l'impression de lire un livre pour public adolescent. Aucun problème là-dessus, mais avec la violence, les thèmes parfois abordés dans les pages, c'était déséquilibrant.
J'ai beaucoup aimé la façon dont l'homosexualité d'Almay est traitée. Elle est présente dès le début et se révèle au fur et à mesure. J'ai kiffé 👍
Mon beef principal, donc, reste que je suis triste pour Yaée, qui rêvait de s'émanciper, de découvrir le monde, et qui n'a jamais pu -- n'étant au final qu'une manière pour Almay d'avancer dans la vie et de devenir sa propre personne...
Ça m'apprendra à faire aveuglément confiance aux résumés...
Les idées sont bonnes, mais j'ai trouvé que le roman était plutôt pour les jeunes que pour les adultes. Le style d'écriture n'est pas le plus impressionnant, manquant de profondeur pour vraiment me toucher. J'ai été irrité par plusieurs choix de synonymes constamment utilisés pour éviter de répéter "il" ou le nom d'un personnage, ce que je trouve beaucoup plus dérangeant que l'usage répété de ces mots qui deviennent invisibles.
La magie dans ce récit m'a semblé particulièrement décevante. Oui, il existe des mondes de fantasy avec des systèmes peu expliqués, mais ici ça ressemblait seulement à des ~vibes~. Les sorcières font simplement "utiliser leur emprise" sur le golem et le golem pense très fort à conserver son autonomie... Ça manquait de concret, de gestes rituels, de questionnement profond sur le fonctionnement de cette magie et, surtout, d'un coût pour l'utilisateur.
Côté positif, cette histoire prend un tournant queer que je n'attendais pas. C'était une représentation appréciée.
Je pense que ce roman pourrait plaire à des lecteurs plus jeunes et moins expérimentés, mais il n'a pas satisfait ma grande soif de fantasy audacieux.
Dès les premières pages, j’ai été séduit par la plume de Claire Krust : fluide, légère et agréable, elle rend la lecture très naturelle. L’univers qu’elle construit autour du golem est original et bien pensé, avec un système de magie intrigant. Ce n’est pas un thème que l’on croise souvent en fantasy, et c’est une des grandes forces du roman.
L’histoire m’a captivé au début, mais j’ai rapidement ressenti un détachement vis-à-vis des personnages. Les jumeaux, qui sont censés incarner un lien fort et profond, ne m’ont pas touché. Là où beaucoup de lecteurs ont ressenti une connexion émotionnelle avec eux, je suis resté en retrait, sans véritable inquiétude pour leur sort. C’est dommage, car cela m’a empêché de pleinement m’investir dans leur destinée.
Le roman étant court, il se lit d’une rapidement, ce qui est un bon point. Mais j’ai trouvé qu’il souffrait d’un gros temps mort en milieu de récit, ce qui a ralenti mon intérêt. Malgré cela, l’univers et l’ambiance restent des atouts indéniables, et je pense que de nombreux lecteurs y trouveront leur compte. Ce n’est pas une lecture désagréable, mais j’en attendais plus.
Le début du récit a tout d’une fable, d’un conte à narrer au coin du feu. Relatant l’ancien temps, une guerre entre les humains s’étant octroyé la puissance des golems.
Parcelles d’histoire jouant entre faits historiques et romanisation du passé, ces récits ont accompagné toute l’enfance des jumeaux Yaée et Almay.
Ces derniers ont grandit et les obligations allant de paire ce sont fait sentir. L’une devant renoncer à une partie de ces rêves et l’autre, assumer le fait qu’il entend les voix des esprits depuis des années et se voit obligé de rejoindre le temple, rempart des vestiges du passé et du savoir oublié. Et c’est là que les choses se corse.
Le récit est construit avec des chapitres en alternances, nous offrant les points de vues de chacun des jumeaux. Un schéma qui me plaît énormément surtout quand il est aussi bien travaillé. J’ai trouvé que ces personnages, tout comme les secondaires, extrêmement bien construits et d’une véracité qui faisait presque peur. Des personnalités profondément humains avec leurs bagages, leurs statuts, où bien souvent le moindre mal est utilisé comme une excuse pour éviter de souligner ces propres faiblesses.
Des ressentis forts, la colère, la haine, l’acceptation, l’injustice ( et beaucoup d’autre) sont très bien exploités et on les ressent, on vit le récit entièrement et je peux vous dire que j’ai ragé à tellement de moment !
Je ne peux malheureusement pas en dire plus car cela va spoiler l’intrigue et gâcher l’expérience ( ou j’ai peut-être envie que vous soyez autant démuni, en colère et désespéré que moi). Toutefois, n’hésitez pas à venir en MP pour en discuter.
Un roman contemplatif d'aventures, un mix surprenant mais qui fonctionne très bien.
Nous allons suivre les jumeaux Yaée et Almay dans un univers où les Golem sont des légendes contées par les anciens. Pourtant ces légendes ne l'ont pas toujours étées.
C'est à la suite d'une attaque dans leur village reculé que leurs chemins vont se séparer. Yaée devra faire face à une situation dont elle n'a pas le contrôle et Almay va se retrouver à découvrir l'origine des légendes sur les Golems. Chacun va vivre des aventures hors du commun, bien loin de ce qu'ils connaissent et leurs certitudes vont être remises en question et bouleversées.
Pendant tout le récit, nous allons les suivre dans leurs aventures sans savoir si leur chemin vont à nouveau se croiser, si les découvertes d'Almay auront un impact sur Yaée ou si Yaée ne va pas faire des choix aux conséquences dramatiques.
Tout le long du récit, nous allons de découvertes en surprises, de rencontres en dépaysement.
J'ai beaucoup aimé ma lecture, suivre les questionnements des jumeaux, leur évolution, découvrir les légendes autour des Golem. Certes, c'est très contemplatif une grande partie du roman et les informations nous arrivent au compte goutte, il suffit de faire confiance à l'autrice car le rythme n'est pas anodin.
J’ai aimé l’ambiance, les personnages, l’histoire, son originalité !
J’ai été très surprise pas le rythme ! Ça va vite, on ne s’ennuie pas, il se passe beaucoup de choses, c’est trépidant !
Tout petit bémol j’ai tellement aimé que j’aurais apprécié aussi (comme lu dans une autre review) un peu plus de développement sur l’univers etc C’est si riche que ça aurait pu faire x tomes ^^
Donc super lecture, à mettre entre toutes les mains de 12 à quand on veut :D
Je dnf a la moitié parce que je trouve que tout coule de source, pour de la fantasy le plot est simple et ça me dérange pas les plot simple mais il y a des limites… .
L’ecriture est fluide mais les personages disent toujours la meme chose. Dommage parce quand je l’avais vue en magasin, il m’avait fait de l’oeil. Sûrement que ça fait trop adolescent pour moi et que pour moi c’était plus pour un public adulte.