Un an après avoir quitté l’Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n’est plus que l’ombre de lui-même. Le couple iconique qu’il formait avec l’actrice Hilda Müller n’est qu’une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d’un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Avec ce nouveau roman puissant, Karine Tuil sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Dans cette comédie humaine où l’addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ?
Après des études de droit et un diplôme de l'Université Paris II, Karine Tuil est l'auteur de neuf romans, d'une pièce de théâtre et de plusieurs scénarios. En septembre 2000 parait son premier roman Pour le Pire aux éditions Plon qui inaugure une collection "jeunes auteurs". Il relate la lente décomposition d'un couple. il est plébiscité par les libraires mais c'est son second roman, Interdit, (Plon 2001) - récit burlesque de la crise identitaire d'un vieux juif - qui connaît un succès critique et public. Sélectionné pour plusieurs prix dont le prix Goncourt, Interdit obtient le prix Wizo. Il est traduit en plusieurs langues. Le sens de l'ironie et de la tragi-comédie, l'humour juif se retrouvent encore dans 'Du sexe féminin' en 2002 - une comédie acerbe sur les relations mère-fille, ce troisième roman concluant sa trilogie sur la famille juive. En 2003, elle rejoint les Éditions Grasset où elle publie son quatrième roman Tout sur mon frère qui explore les effets pervers de l'autofiction (nommé pour les Prix des libraires et finaliste du prix France Télévision). En 2005, elle publie Quand j'étais drôle qui raconte les déboires d'un comique français à New-York. En 2007, elle publie Douce France, un roman social qui dévoile le fonctionnement des centres de rétention administrative. En 2008, sort son septième roman, pour lequel elle reçoit la Bourse Stendhal du ministère des Affaires étrangères. Il évoque les jeux de pouvoir dans le milieu de l'édition à travers les prismes de l'identité. Il a fait partie des premières sélections du prix Goncourt, prix Goncourt des lycéens et du prix de Flore. En 2010, son roman Six mois, six jours fait partie de la première et deuxième sélection du prix Goncourt 2010, de la première sélection du prix Interalié et du prix Goncourt des lycéens. Il a obtenu en 2011, le prix littéraire du roman news organisé par le magazine styletto et le Drugstore publicis. Son neuvième roman intitulé L'invention de nos vies paraît en septembre 2013 à l'occasion de la rentrée littéraire aux éditions Grasset. Il est en cours de traduction en Allemagne et aux Pays-Bas
Dans notre société, la guerre peut s’exprimer de bien des façons. C’est le propos du nouveau livre de Karine Tuil, « La guerre par d’autres moyens ». Elle y développe différentes thématiques sociétales et le moins que l’on puisse dire et que son roman colle à notre réalité. Des guerres, il y en a pléthore : celle du couple, celle du sexe, celle du pouvoir, celle de la politique, celle des addictions, celle de la violence, celle des réseaux sociaux, celle des idées.
Être au plus près du réel, coller à notre actualité et à nos préoccupations est sans doute ce qui fait des textes de la romancière des œuvres qui résonnent et nous parlent. Le lecteur s’identifie, et, pour ma part, je partage bon nombre des analyses mentionnées ici, dont j’admire la finesse, et le souci du détail. Karine Tuil observe le monde, et nous l’observons aussi à travers ses yeux et sa plume.
Dans son roman « Les choses humaines » adapté à l’écran par Yvan Attal, elle a suscité des débats autour de la zone grise du consentement. Ce film, je l’ai vu seule, puis avec mon mari, puis avec chacune de mes trois filles. Il a provoqué bien des discussions, et j’ose espérer, notamment pour mes filles, qu’il a eu le pouvoir d’éclaircir leurs pensées, mais aussi à les encourager à aller « partager » le fruit de leurs réflexions auprès de leurs paires.
Concernant « La guerre par d’autres moyens », je peux affirmer que c’est sans doute le livre le plus brillant que j’ai lu ces dernières années. Brillant par l’écriture, brillant par les thématiques abordées, brillant par les jeux de pouvoir, brillant par cette observation si fine de notre société. Il est d’une richesse inouïe tant les questionnements qu’il pose sont d’une acuité exceptionnelle.
Cela fait un an que Dan Lehman, ancien Président de la République, a quitté le pouvoir. Après un mandat tumultueux, il est contraint de réapprendre à exister dans un monde qui l’a rejeté. Lehman est hanté par son déclin, par le vide qui l’entoure désormais, par la nouvelle présidente de la République qui lui a succédé, par sa solitude, et par une amère lucidité sur ce qui fut sa vie et ce qu’elle ne sera plus. Désabusé par son remariage avec Hilda, une actrice bien plus jeune que lui, mariage qui n’aura duré que 3 ans, brisé par le manque d’adrénaline et le silence oppressant, il boit en tentant d’écrire ses mémoires. Mais en réalité, il est incapable de vivre dans ce monde qui continue à fonctionner sans lui.
C’est la première guerre décryptée par Karine Tuil : comment revient-on à la vie réelle lorsqu’on a été un personnage public qui a suscité tant de fascination, puis tant de haine ? À travers Dan Lehman, « La guerre par d’autres moyens » aborde le pouvoir politique sous le prisme du perdant, d’un anti-héros au moment de sa chute.
Et, à travers lui, elle décrypte la rudesse de la solitude après avoir été sous le feu des projecteurs. Qui est réellement Dan Lehman sans son masque de Président, sans sa femme « objet » et son couple si glamour, sans ses responsabilités qui mangeaient son temps, son espace mental et le faisait se sentir important ? La réalité de l’après-pouvoir est bien moins glamour…Il lui faut trouver des béquilles pour supporter la vie. Pour lui, ce sera l’alcool. Il ne pourra plus affronter une seule journée sans boire, pour ne pas avoir à affronter ses névroses, ses angoisses, son agenda vide.
La figure de Lehman permet d’aborder la guerre dans le couple, cette grande aventure humaine qui se fait et se défait au rythme des rencontres. Il avait créé avec sa première femme une relation basée sur l’égalité, la confiance réciproque, des valeurs communes, une belle complicité intellectuelle. Par opposition avec son mariage avec Hilda, Karine Tuil démontre à quel point le sexe est l’espace de la perte de contrôle, de l’absence de raisonnement, et d’une certaine animalité. Lorsque les ébats des premiers mois se tarissent, que reste-t-il du couple qui n’a aucun autre atome crochu ? Sur quoi est basé l’amour qui dure ?
Ce sujet permet le développement d’autres thématiques qui lui sont intimement liées. « La guerre par d’autres moyens » décrypte également la relation de pouvoir dans le couple, puis l’inversion de ce pouvoir. Lorsque celle qui faisait la « plante verte » se retrouve sous la lumière auprès de son conjoint alors dans l’ombre, comment le couple gère-t-il l’inversion des dynamiques ? Curieusement, la femme le vit plutôt bien et l’homme assez mal… La plume cynique et acérée de Karine Tuil sur ces sujets a provoqué de folles bouffées de délectation !
La voie était alors ouverte pour aborder les conditions de la femme, notamment au cinéma, grâce au personnage d’Hilda. (Car finalement, les mondes du cinéma et de la politique ne sont pas aussi éloignés.) « La guerre par d’autres moyens » c’est aussi un regard posé sur l’ère post #metoo. L’ascension d’Hilda, grâce à un film d’auteur, permet à l’écrivaine de créer un autre lien vers la façon dont sont traitées les femmes au cinéma : actrices trop vieilles, trop jeunes, trop grandes, trop grosses, trop ceci ou pas assez cela pour interpréter des rôles. Le sexisme omniprésent et décomplexé, les rôles stéréotypés, l’éternelle jeunesse et la pression de l’utilisation esthétique, les injonctions physiques sont des sujets que Karine Tuil aborde avec une profondeur exceptionnelle. Être une femme est décidément une folie…
Cela lui permet de créer des ponts entre le cinéma et les arts, vers la littérature notamment. Comment se déroulent les choses lorsqu’un roman est adapté au cinéma ? Les liens entre le cinéma et la littérature peuvent être extrêmement violents, et l’utilisation du Festival de Cannes permet à Karine Tuil d’en montrer les enjeux, les fragilités et les jugements. L’un des personnages sera d’ailleurs aux prises avec un mouvement féministe très actif, ce qui permettra de démontrer qu’il y a un monde entre nos convictions personnelles souvent très affichées dans la sphère publique et contraires à nos actions dans la vie privée. Montrer les personnages dans leurs contractions, les placer face à des dilemmes impossibles est l’une des grandes forces de la romancière. Dans « La guerre par d’autres moyens », j’ai eu l’impression d’être au théâtre et d’observer des masques tomber.
Après le pouvoir, le couple, le sexe, il reste une façon de se faire « La guerre par d’autres moyens » : les réseaux sociaux. Dans notre société ultra capitaliste, où nous sommes tous notés, évalués, jugés, l’espace de la parole publique via les réseaux sociaux c’est un peu comme jouer en permanence à la roulette russe. Pour les personnalités publiques, toute intervention, parole, attitude, sont décryptées par la sphère médiatique, puis relayées sur les réseaux où chacun y va de son commentaire. Cet espace de parole est à la fois source de promotion, de destruction et d’auto-destruction. Les manipulations médiatiques, le jeu du spectacle plutôt que celui de la vérité questionnent ce système impitoyable que nous continuons d’utiliser quotidiennement.
Karine Tuil déploie ici toute l’étendue de son talent. Sa plume acérée vient frapper tel un scalpel. Elle capte avec puissance les tourments intérieurs de ses protagonistes et les angoisses, enjeux d’une époque. Même la forme contribue à marteler le propos et à mettre en exergue les intentions. Par exemple, tout ce qui relève de l’alcoolisme de Lehman et de ses pensées/actes/retombées est écrit en italique. (on notera également que seule Marianne, première femme de Lehman et écrivaine s’exprime à la première personne) Le travail sur la forme et sur le fond renforce l’impact des émotions et enrichit toujours le propos. Ses phrases sont longues et d’une incroyable profondeur : elles viennent frapper notre intellect autant que nos émotions.
Le personnage de Lehman semble regrouper plusieurs figures politiques. On y verra l’image soignée d’Emmanuel Macron et ses mises en scène millimétrées, de Nicolas Sarkozy dans son ascension et sa chute politique, son omniprésence médiatique et ses déclarations spectaculaires, François Hollande, dont le mandat a été marqué par des crises et des controverses, puis mis à l’écart du jeu politique, Dominique Strauss-Kahn qui illustre une chute mémorable avant d’avoir atteint le pouvoir.
Du côté du cinéma, on pense aux récentes interventions de Meryl Streep qui communique énormément autour de l’absence de propositions de rôles dus à son âge, à Brigitte Bardot adulée puis éclipsée par de nouvelles actrices, au scandale suscité par la projection du film « Irréversible » de Gaspar Noé à Cannes en 2002.
En politique ou à l’écran, le succès est bien éphémère, et l’existence de la personnalité publique semble appartenir aux autres. Cette thématique trouve un écho avec les médias et les réseaux sociaux ; la perception compte plus que la réalité, et « La guerre par d’autres moyens » l’atteste formidablement bien.
« La guerre par d’autres moyens » est un roman remarquable qui dissèque avec intelligence et précision les mécanismes du pouvoir, les coulisses de celui-ci et la désillusion politique, la solitude et le vertige de l’après-pouvoir. Il décrypte également le jeu des apparences, en politique ou dans le septième art, et met en abîme l’image publique. Enfin, il est le témoin de phénomènes de notre époque, de la place des femmes, des violences permanentes, du sexisme qu’elles doivent affronter et de leurs luttes.
« La guerre par d’autres moyens » est un texte puissant qui interroge notre rapport aux figures publiques et à leur humanité souvent oubliée. Un roman brillant, intelligent, d’une force exceptionnelle qui sert à comprendre les ressorts de notre monde contemporain. Le plaisir de lecture est à la hauteur des ambitions voulues, jusqu’à la toute fin. Magistral !
Karine Tuil confirme, une nouvelle fois, son talent immense.
Avec cette plongée dans les arcanes du pouvoir et du cœur, elle offre le récit brillant d’une myriade de personnages exceptionnels. L’autrice pose son regard acéré sur les (en)jeux de domination, qu’ils soient politiques ou sentimentaux, avec une précision remarquable.
À travers la figure de Lehman, président déchu et antihéros idéal, Karine Tuil fait s’entrelacer de multiples problématiques entre les protagonistes et leurs convictions souvent contradictoires. Manipulations démultipliées et drames personnels s’entremêlent dans une tension délicieuse. À cela s’ajoutent nombre de débats actuels, questions sociales brûlantes et réflexions sur l’intimité et les mécanismes violents de notre monde dans une analyse impeccable.
La plume, quasi-cinématographique, est d’un réalisme dévorant : pleine de nuances et de précisions qui dissèquent à la perfection les paradoxes qui consument les protagonistes. Karine Tuil dessine une fresque faite d’ambitions et de déchéances, d’angoisses et d’orgueils, d’échecs et d’éclats. Splendeur et décadence forment ici couple tranchant, reflet d’une époque en quête d’elle-même et de ses désirs.
Un énorme coup de cœur et un très grand roman ! ♥️
L’opération de communication très réussie de Gallimard m’a fait croire que c’était LE livre incontournable de la rentrée littéraire de janvier. Ça n’est vraiment pas le cas. La deuxième partie du livre est plus réussie mais les 150 premières pages sont vraiment creuses, répétitives et superficielles. Le livre veut aborder trop de sujets sans les développer suffisamment et parfois avec des sous-entendus un peu reacs (les cinéastes tétanisés et extrêmement prudents dans leurs rapports aux femmes depuis MeToo, le président socialiste battu en raison de la fronde de « l’extrême gauche », etc).
Quant on arrive au sommet, on ne peut que redescendre. Est ce qu’on est assuré de retrouver en bas ceux qui nous ont aidé à monter…pas sur et mêle peu probable. C’est ansi qu’apres la chute qui risque d’être dure s’installe la solitude et le regret de ne pas avoir fait telle ou telle chose.
C’est un peu ce que nous raconte Karine Tuil dans ce nouveau roman. Un ancien président qui se perd totalement lorsqu’il perd les élections, qui se noie dans l’alcool et qui essaie de revenir avec son ex qu’il a quitté juste avant ses élections au profit d’une actrice de cinéma de 20 ans sa cadette…Tout cela est raconté avec une petite touche de féminisme gentil.
C’était une belle lecture qui m’a rappelé ce magnifique style que j’avais lu dans ‘la décision’…un autre roman de Karine Tuil 5⭐️
À lire ce résumé, je m’attendais à un roman haletant sur les jeux de pouvoir et l’effondrement d’un homme autrefois intouchable. J’imaginais un récit qui dissèque avec finesse la manière dont l’image publique se heurte à la réalité intime, comment les figures du pouvoir naviguent entre scandales, addiction et stratégies de retour en grâce. Mais dans les faits, La Guerre par d’autres moyens s’égare.
Le personnage de Dan Lehman, présenté comme un ex-président en chute libre, aurait pu être fascinant s’il n’était pas traité avec tant de complaisance. Son alcoolisme, ses déboires judiciaires et sa solitude sont abordés, mais sans réelle confrontation à ses responsabilités. Il apparaît davantage comme une victime du système que comme un acteur de sa propre disgrâce, ce qui affaiblit le propos du livre.
Je l’ai trouvé agaçant : il est censé incarner la solitude du pouvoir, l’homme qui a tout perdu et erre dans les ruines de sa gloire passée. Mais pourquoi est-il présenté avec autant d’indulgence ? On dirait presque qu’il faut le plaindre, comme si sa déchéance était une tragédie inévitable plutôt que la conséquence de ses propres choix. Et bien sûr, pour lui donner un semblant d’humanité, on insiste sur son amour pour sa fille – un classique pour rendre un personnage masculin faillible mais attendrissant.
Puis viennent les portraits féminins, et c’est là que j’ai été le plus déçue. Hilda, sa femme, est réduite au cliché de l’actrice opportuniste, obsédée par son image et les hommes influents qui pourraient relancer sa carrière. Son évolution manque cruellement de nuance : elle semble exister uniquement pour être un contrepoint à Marianne, l’ex-femme intellectuelle et intègre. Mais même Marianne, qui aurait pu être un personnage fort et autonome, finit par être définie par sa relation avec Dan. J’aurais aimé la voir évoluer en dehors de lui, exister pour autre chose que son passé sentimental.
Quant au regard sur le monde du cinéma et de l’édition, il est cynique à l’extrême. Certes, les critiques sur les faux progressistes comme Romain Nizan sont bien vues, et il est réjouissant de voir un réalisateur pseudo-engagé être mis face à ses contradictions. Mais l’approche est tellement appuyée qu’elle en devient caricaturale. À force de vouloir dénoncer, le roman simplifie.
Là où j’attendais un récit incisif, je me suis retrouvée face à une histoire qui hésite entre le portrait d’un homme brisé et une satire du monde médiatico-politique, sans jamais choisir véritablement son angle d’attaque.
Ce n’est pas un chef d’œuvre au sens où ce livre n’a pas changé ma vision des choses ou m’a aidé à percevoir de nouvelles émotions mais qu’est c’est un bon livre. Magistralement écrit, une grande sensibilité, une efficacité de l’écriture, des personnages complexes qui évoluent avec leurs forces et leurs démons. Le sujet est aussi croustillant. En somme un beau livre qui donne envie de lire.
Purtroppo mi sta annoiando moltissimo, nonostante la bella prosa dell'autrice e le riflessioni taglienti sulla società francese (e non solo) sparse nel romanzo. Dal punto di vista narrativo, è molto lento e con al centro una storia che sa di già sentito; siamo nel territorio del romanzo borghese con i suoi temi e schemi predefiniti. Sicuramente un romanzo scritto bene, ma ho voglia di leggere qualcosa di diverso.
Dans Les choses humaines et La décision, Karine Tuil faisait émerger la complexité de l'humain et des relations humaines à partir d'une situation de départ extra-ordinaire. Dans ce livre, il me semble que le tableau de départ est trop confus. Et d'ailleurs il n'y a pas vraiment de tableau de départ puisque le décor n'est complètement planté que dans la toute dernière partie du livre. A mon avis il y a trop de choses dans ce livre : #metoo du cinéma, un ex-président alcoolique dont l'après-présidence en tant qu'écrivain ne prend pas,... Il y a aussi trop de personnages et donc des personnages pas complètement développés (Mélanie notamment). L'histoire de Dan Lehman comporte des manques : au début du livre notamment il est reçu par une juge, puis ce pan de l'histoire n'est plus évoqué. Au niveau de l'écriture, je suis un peu déçu. De nombreux passages m'ont paru peu crédibles voire un peu baclés. Tout ceci étant dit, il y a une grande cohérence dans le livre autour de la citation "la politique, c'est la guerre continuée par d'autres moyens." Car effectivement tous les personnages sont dans le calcul permanent dans leurs relations avec les autres. Cela rend la lecture ardue car je n'ai réussi à m'attacher à aucune personnage. Cela reste donc un bon livre mais Karine Tuil avait mis la barre haut avec les précédents.
"C'était bien la confirmation de ce qu'avait écrit Marx : tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devenait un jour objet d'échange, tout passait dans le commerce".
Comme l'impression de rester à la surface des choses, d'avoir eu à lire une tentative vaine et vaniteuse de dresser les portraits de puissantes et puissants qui souffrent (les pauvres). Mais c'est une succession de clichés. Les sujets se veulent grave: l'alcoolisme, les VSS...mais l'autrice les aborde sans prendre trop de risques, parfois de manière caricaturale. Quand elle touche quelque-chose qui pourrait être intéressant, elle recule et retombe dans l'énième répétition d'un fait énoncé de trop nombreuses fois (la solitude et la perte du pouvoir, que c'est dur..). Cela conduit à produire des clichés, des péripéties attendues. La lectrice, le lecteur reste à la surface des choses, cantonné à la superficialité du traitement du sujet comme des personnages.
Époustouflant! J’ai pris une sacré claque avec ce roman. L’histoire est dingue et tellement réel. Le texte est bourré de citations, de références et cela l’ancre dans la réalité. On sait que les personnages n’ont pas existes et pourtant on a un doute. Ce roman est une guerre de pouvoir! Qui l’aura? Qui vaincra? Qui résistera à la vague d’étourdissement qu’ provoque? Et pourtant ils se qui m’a frappé c’est la solitude de tous. Et l’importance des apparences, que l’on soit connu ou pas. Les différents échanges sont parfois révoltant mais le reflet de la pensée de certains. J’ai apprécié que l’autrice traite aussi ouvertement de sexe et d’amour, même si j’ai été très choquée par moments. Il y a un personnage que j’ai détesté, le réalisateur et un qui m’a profondément fait de la peine, l’ancien président. La construction est géniale et on comprend à le toute fin pourquoi tous les personnages sont à la 3eme personnes , sauf une. Vraiment un sans faute de l’autrice pour moi
Karine Tuil, toujours les mots justes, un récit fluide, qui intrigue, interpelle. Toujours conquise par son écriture.
Dans ce roman, Karine Tuil aborde de nombreux sujets controversés et en particulier les rapports hommes / femmes dans la société actuelle, et la dénonciation des violences faites aux femmes : physique, sexuelle, psychologique ; avec en fil rouge les impacts du pouvoir sous toutes ses formes.
Le résumé de ce livre était incomplet. On en découvre beaucoup plus que les effets du pouvoir. L’alcoolisme et ses répercussions sur ses proches, les secrets divers retenus par tous, la violence envers les femmes, le contrôle par les sentiments. On ne peut rester insensible mais on doit réaliser les effets pervers des millénaires de contrôle de l’homme sur les femmes. Très content de ma lecture.
Karine Tuil pose la question, dans son nouveau roman, La guerre par tous les moyens, du pouvoir dans tous les sens du terme et dans toutes les situations, dans les mondes, politique, artistique et littéraire, au niveau de l’intimité familiale, de la sexualité, et plus largement, entre les hommes et les femmes dans notre société moderne.
L’écrivaine analyse à travers des situations très diverses et très nombreuses, les enjeux de domination, l’attraction du pouvoir, la satisfaction qu’il procure mais aussi les destructions qu’il apporte et l’immense solitude lors de sa perte. Au fil de la lecture, tous les détails dispersés, paraissant anodins, trouvent une signification dans ce grand puzzle de la vie qu’a construit avec maestro Karine Tuil.
« La politique, c’est la guerre continuée par d’autres moyens » disait Michel Foucault en paraphrasant Carl von Clausewitz que cite Karine Tuil comme explication à ce titre si particulier. Sauf que cette guerre, ses personnages vont la vivre seul(e), sans arme pour les protéger, avec des fards pour les habiller, acceptant d’en être détruit même si leur addiction permet, peut-être, d’y surnager. Brins d’histoire
Président de la République pendant un mandat, soit cinq ans, Dan Leihman se retrouve nu, inutile et seul du jour au lendemain. Pour combler le vide, il enregistre sa vie et ses réflexions sur un dictaphone. (Comme Nixon dira Léa Salamé dans une interview, journaliste reconnue, obsédée par sa puissance et qui souhaitait montrer qu’elle travaille ses sujets !)
Dan sort un livre pour exister encore un peu dans cette ronde folle médiatique. Il s’apprête à répondre aussi à la convocation d’une juge du pôle financier. Remarié depuis huit ans avec une actrice très célèbre, Hilda Müller, il a une petite fille de 8 ans, atteinte de surdité. Critique sociale brillante
Avec sa perception machiavélique et son amour des mots, Karine Tuil construit tout son univers autour des réflexions de chacun sur les événements qui entraînent le lecteur des dorures de l’Élysée au Festival de Cannes. Le lecteur aurait tort de chercher un roman à clef. Karine Tuil s’en défend dans chaque interview promotionnelle. Et pourtant, difficile, tant la fiction est nourrie de points de référence aux actualités les imbriquant.
Ce roman est une critique acerbe de notre société contemporaine avec ses renoncements, tellement divers et variés qu’il serait insensé de les recenser. La justesse de son regard attentif à décrypter ce que nous vivons, même si nous sommes loin de ce pouvoir omniprésent et exclusif, éclaire sur la dureté ressentie, parfaitement décrite ici précisément.
L’écriture est, comme d’habitude, travaillée et exigeante, jusqu’à trouver traduction des différents états de son personnage principal dans la typographie. Ses sujets foisonnants sont denses et percutants. Un excellent roman. Pour moi, le meilleur de ceux que j’ai lus de cette écrivaine ! Chronique illustrée https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Zoals de 2 andere romans die ik van haar gelezen heb, is dit ook weer een heel eigentijdse roman. En een ideaal verhaal om tijdens de maand mei te lezen met op de achtergrond de laatste nieuwtjes die binnensijpelen over het filmfestival van Cannes anno 2025. Een deel van de intrige speelt zich namelijk af op één van de vorige edities van dit festival.
Naast een paar andere thema's is het Metoo-gebeuren in de Franse filmwereld hier het onderwerp van het verhaal. Mooi uitgewerkt.
Paris. Dan Lehman, 63 ans, premier président juif-socialiste, se voit refuser un second mandat. Il est remplacé par une femme, ce qui lui fait dire : Le pire, tu vois, ce n’est pas de céder le pouvoir mais d’être remplacé par quelqu’un que l’on méprise. p. 99. Cette perte du pouvoir le chamboule. Les relations avec sa femme Hilda, une beauté-actrice de 35 ans, et son ex-femme (Marianne, écrivaine) s’enveniment. L’alcool demeure son refuge. Questions : Comment retrouver l’adrénaline que provoque le pouvoir pour les uns, et comment s’affranchir des hommes misogynes pour les autres ?
Thème d’actualité, plume incisive, constats sans gants blancs. Tantôt ironique (… l’amour n’est souvent qu’une affaire d’érection., p. 28), tantôt lucide (La menace, quand vous n’avez pas le pouvoir, n’a plus aucune efficacité., p. 193), tantôt paradoxal (Nizan, le cinéaste violent qui fait un film pour dénoncer la violence faite aux femmes), l’autrice jette un regard critique sur la politique, le pouvoir, les rapports hommes/femmes, les arts et le cinéma. Par ses personnages féminins nuancés et dans le sillon du mouvement MeToo, elle dénonce la violence et les rapports malsains entre les hommes et femmes. Elle dirige la mise en scène d’une société encore très machiste dans laquelle les personnages féminins tolèrent tant bien que mal les écarts de conduite des hommes de pouvoir, mais ceux-ci finissent par creuser leur propre déchéance alors que celles-ci finissent par s’imposer et se libérer momentanément du carcan masculiniste.
Citations « Vieillir en politique, c’était aussi découvrir que des choses qui fonctionnaient à votre époque étaient devenues complètement inefficaces et obsolètes. » p. 37
« Vieillir, c’est revoir ses prétentions à la baisse. » p. 261
« Les gens qui ont des privilèges n’en jouissent que si les autres n’en ont aucun. » p. 290
Après avoir beaucoup aimé « Les choses humaines » il y a quelques années et son recueil de poésie « Kaddish pour un amour » j’avais hâte de retrouver la plume de l’autrice avec ce nouveau roman.
Ici l’autrice nous propose le récit d’une déchéance, d’une chute vertigineuse. Parce que derrière la vitrine du couple que forme Dan Lehman, ancien président et l’actrice Hilda Müller, se cache tout autre chose…
Le quotidien d’un Président déchu qui tente de se réfugier dans l’écriture mais aussi dans l’alcool. Il sera incapable de se reconstruire après cette défaite alors que sa femme brillera à l’écran. Les pages nous plongent dans la vie publique et dans l’intimité d’un couple qui ne tient plus qu’à un fil.
Un roman qui analyse la réalité mais surtout la violence de la politique, où en une fraction de seconde un homme au sommet peu devenir un paria enfermé dans sa solitude. Le tout avec une plume tranchante et précise qui ne connaît pas de concession pour dresser le portrait de la société actuelle, de la politique et du monde du cinéma. Parce que la guerre peut être sur plusieurs aspects : guerre de pouvoir, guerre au sein du couple, guerre contre soi-même et ses addictions, guerre contre les injonctions de la société… Autant de sujets contemporains qui sont évoqués dans ce roman et au travers plusieurs générations.
Une lecture captivante que j’ai eu du mal à reposer avant de l’avoir totalement dévoré. Pourtant les thématiques abordées dans le résumé n’avaient au départ rien pour me plaire, mais le talent de Karine Tuil est de les traiter avec perspicacité.
💬 « J’ai cherché à rendre la vie supportable - la politique, la littérature et l’alcool ne sont que des moyens de répondre à une seule question : comment vivre ? »
La construction particulièrement fine et la complexité des personnages de Karine Tuil portent ce roman et donnent la possibilité au lecteur de choisir l’intensité de l’interprétation qu’il se sent prêt à en faire. On peut choisir de « lire » ce livre ou de disséquer l’intimité de chacun des personnages, leurs rapports à la domination, au pouvoir, à l’influence, à la sexualité, aux autres et finalement à eux mêmes.
Jamais déçue par les livres de K.T. Beaucoup de thèmes abordés, un ancien président après sa défaite, la chute dans l'alcoolisme, les violences sexistes dans le cinéma, l'âge des femmes, les ruptures.... oui vraiment vraiment beaucoup beaucoup beaucoup de thèmes abordés !
Ce roman dénonce les dérives du pouvoir, le « toujours plus », le patriarcat et le machisme. Poignant, certes mais dur. Il m’a fallu du temps pour le lire, en prenant des pauses à divers moments pour réfléchir et assimiler. Karine Tuil écrit toujours aussi bien, mais le sujet était dur, ce qui explique ma note.
L’écriture de Karine Tuil est toujours aussi prenante, livre lu en deux jours malgré que les sujets (politique et cinéma) m’ont beaucoup moins intéressés que les précédents livres…
7 octobre 2025. Karine Tuil n’a pas son pareil pour dénoncer la comédie humaine contemporaine, le bal des hypocrites, notamment dans le monde politique et celui du cinéma. Roman dur, sombre, puissant et cruel sur la soif de pouvoir. L’écriture est tranchante, brûlante de vérité. Les phrases percutent et chaque personnage résonne en nous car ce qu'elle décrit ne concerne pas seulement les puissants. La tension narrative est bien présente et rend le récit percutant et addictif. J’ai beaucoup aimé. « La guerre par d’autres moyens ». Karine Tuil. Gallimard. Paris. 2025.
Un an après avoir quitté l’Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n’est plus que l’ombre de lui-même. Le couple iconique qu’il formait avec l’actrice Hilda Müller n’est qu’une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d’un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Le roman sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Dans cette comédie humaine où l’addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ?