La chaise tue s’attaque à un mal contemporain aussi invisible que profond : la sédentarité. Alexandre Dana et Victor Fersing y dressent un constat convaincant : nous passons désormais la majeure partie de nos journées assis, et ce mode de vie engendre une cascade de conséquences sur notre santé physique, mentale et sociale. À travers des exemples de chercheurs, d’éducateurs et d’architectes, les auteurs proposent de remettre du mouvement dans nos quotidiens – au travail, en famille, dans nos villes.
Le livre séduit avant tout par sa sincérité et son accessibilité. L’écriture est fluide, sans jargon, et la démarche se veut encourageante plutôt que moralisatrice. Les auteurs rappellent l’essentiel : marcher, bouger, retrouver un lien naturel avec son corps. Ils montrent qu’il n’est pas nécessaire de révolutionner sa vie pour faire la différence – un message simple mais essentiel à l’heure où le confort numérique tend à nous figer.
Cependant, la lecture laisse parfois une impression de déjà-vu. Si le diagnostic est juste et le ton inspirant, certaines pistes restent superficielles et le propos tourne souvent autour du même axe : marcher davantage. Les lecteurs familiers du sujet risquent de rester sur leur faim, tant l’ensemble se contente plus d’éveiller la conscience que d’apporter des perspectives nouvelles ou des solutions originales.
Reste que La chaise tue a le mérite d’exister – et de vouloir remettre notre corps en marche, au sens propre comme au figuré. Moins révolutionnaire qu’hygiénique, le livre offre une piqûre de rappel salutaire : face à la paralysie collective, le plus beau geste reste souvent le plus simple : se lever.