"Le cercle des obligés" propose une immersion dans les zones d’ombre du showbiz français, en particulier autour de la figure d’Alain Delon et de l’affaire Markovic. L’auteur Philippe Brunel entremêle faits historiques, enquête journalistique et récit personnel, avec pour toile de fond les liens troubles entre célébrités, crime organisé et mémoire collective. L’idée de suivre les pas d’un mentor décédé pour reprendre une enquête inachevée donne au récit un certain souffle narratif.
Cependant, malgré des éléments intéressants, l’intrigue se révèle souvent confuse. Les retours en arrière, les personnages secondaires peu développés et la structure éclatée rendent la lecture parfois difficile à suivre. Le lecteur se perd dans les méandres d’un récit qui semble vouloir trop en dire sans vraiment approfondir ses pistes. De plus, les phrases sont longues, parfois laborieuses, et peinent à transmettre l’intensité dramatique de l’enquête. Cela atténue l’impact de certains moments-clés pourtant riches en potentiel.
Malgré ces défauts, le roman parvient à éveiller l’intérêt grâce à l’aura quasi mythique qui entoure Alain Delon. C’est aussi un témoignage intéressant sur le métier de journaliste, ses méthodes, ses doutes, et les zones grises entre réalité et reconstruction. Ceux qui s’intéressent aux faits divers non élucidés et à la presse d’investigation y trouveront matière à réflexion. Ce n’est pas un roman haletant, mais un texte hybride, entre fiction, enquête et hommage, qui méritait peut-être une écriture plus incisive pour atteindre tout son potentiel.