Une vie malgré les hommes, présentée dans ce qu’elle a d’universel, c’est ce que raconte ce premier roman. Depuis l’enfance, l’héroïne trace son chemin en croisant à chaque étape la violence patriarcale, comme Tess d’Urberville, que j’ai l’impression de citer tout le temps, mais je radote si je veux. Alors certes, vous allez me dire que celle-ci morfle un peu plus que les autres. Mais à bien y regarder, son destin est-il pire que celui des femmes qu’elle croise sur sa route, au hasard la sympathique femme de la ferme ? Il semble qu’aucun sort de femme ne soit enviable sur terre. Mais la lumière trouve malgré tout son chemin. Notamment à la fin, quand l’héroïne rejoint une communauté de femmes au Mexique et prépare avec elles une grosse manif contre les VSS. Ce qui me rappelle un autre livre dont j'ai un peu parlé : Femme portant un fusil. Mais je radote si je veux.
Le style de Laure Martin est décoiffant, je vous laisse juger vous-même. Le roman se dévore, c’est des punchlines à toutes les pages, ça fait bien rire dans ce marasme.
c'est un livre porté par une écriture percutante, poétique et incisive à la fois. C'est vraiment un très grand livre sur les violences sexuelles dans l'enfance et leurs conséquences, la maternité, les histoires d'amour qui échouent, la solitude, les voyages pour tenter de s'apprivoiser, et comment se construire au sein d'une famille défaillante. J'ai été très marquée par le passage sur les "pleureuses de #MeToo". C'est à lire d'urgence, c'est intelligent et admirablement écrit.