Témoignage longtemps étouffé dans les caves d'un asile américain, et exhumé aujourd'hui pour dire la folie asilaire, la double impasse, l'impossible hors-la-loi de la folie des femmes, de la cellule familiale, à la cellule capitonnée. Dans une langue gangrenée de toutes parts, et lâchant par lambeaux, une langue très peu littéraire, très hétéroclite, Lara Jefferson, entre deux crises, entre camisole et apomorphine, entre deux pans d'un savoir psychiatrique bien lézardé, pousse ses borborygmes de révolte. Langue de lave et de soufre, dévorant les terres d'une raison morte, pétrifiée, fossilisée : ça pense, dit-elle, et ça s'écrit comme ça peut, à la sauvette. L'asile héberge aussi des névrosées tout bonnement taraudées par l'angoisse d'être folles, qui écrivent de bric et de broc, petit mot noir après petit mot noir, brèche à brèche dans l'idéologie les emmurant de tous côtés.
Hmmm... I've not rated this highly, but perhaps that's my own frame of mind whilst reading this. It isn't a long book, and yet I feel like I have been reading it forever. It is wordy and complex...at times, pure gibberish. Equally, this is a journal of a diagnosed schizophrenic in the 1940s, so it kind of delivers what it says on the tin. There are some really well written parts that I loved and whilst reading, I kept reminding myself that these events were what the central character witnessed first hand, making this book all the more shocking and raw in places. Girl interrupted vibes for sure!