Ce récit est souvent érotique. Quand il résiste à l’appel du désir, il écoute les voix des bêtes, des arbres, des pierres, de ceux qu’on a appelés les dieux — les voix de la guerre, aussi. L’amour et la guerre sont père et mère de tout récit, depuis le premier, qui est le Chant d’Homère.
J’ai essayé d’entrevoir Homère dans ses antiques temps et lieux, mais aussi ici et maintenant. Le Chanteur inlassable hésite entre son époque et la nôtre, sans regret ni nostalgie, ni illusions. Avec étonnement peut-être. Il est aveugle, n’est-ce pas. Nous voit-il?
Pierre Michon’s writing has received great acclaim in his native France; his work has been translated into a dozen languages. He was winner of the Prix France Culture in 1984 for his first book, Small Lives, the 1996 Prix de la Ville de Paris for his body of work, and the Grand Prix du Roman de l’Académie française. His works include Masters and Sons, The Origin of the World, and Rimbaud's Son.
Mon premier Michon, légèrement intrigué par ce grandécrivain de la littérature contemporaine comme le souligne son éditeur en 4ème de couverture.
C’est érudit, foutraque, obsédé de sexe, ça me rappelle les fadaises littéraires des années 20 qui couraient derrière Celine sans le sublime de la langue.
Comme c’est érudit on apprend ou on se remémore des choses et comme c’est foutraque, on est réduit à une humilité qui modestement pense ne pas avoir tout compris.
Il y a aussi de belles évocations qui vous ravissent le cœur et l’esprit et les tripes.
Les chapitres sur sa pré-adolescence avranchaise, la présence d’Homere jeune aède sous la tente d’Achille à Troie, et l’intercitès Clermont-Paris confinent au beau.
Un récit qui croise une figure fantasmée d'Homère dans la guerre de Troie, des scènes érotiques et une mise en scène de Michon dans sa bataille contre la littérature.
Encore un qui cherche la transcendance dans le cul des femmes... Enfin, est-ce que ce n'est pas ça aussi l'Iliade ? Hélène comme prétexte pour vivre la guerre comme une transcendance au masculin. Ça reste maigre.
Il sait conter, pas de soucis. La mise en scène du grand auteur en butte contre la littérature qui rêve de baiser sa mère ou la voisine est un peu éculée à mon goût.
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"J'écris l'Iliade" est un livre audacieux et mal-aimable où Michon brûle ses vaisseaux (et sa bibliothèque). Il se présente comme un "récit" unifié mais on dirait au premier abord un recueil de nouvelles dont les protagonistes et/ou narrateurs sont tantôt des doubles de Michon lui-même (et l'on sait quel exceptionnel talent il a pour brouiller la frontière entre fiction et réalité), tantôt des doubles à peine moins collants du mythique Homère, tantôt des personnages de cette mythologie que Homère chante et qui a si peu de frontières avec sa propre existence. On découvre au fur et à mesure la puissante architecture thématique du livre, qui fait son unité. Né trop tard dans un monde trop vieux (comme Borges, une des figures tutélaires du livre avec Shakespeare et, bien sûr, Homère) Michon se rêve en poète archaïque débarrassé de trois mille ans d'histoire littéraire, capable d'écrire non seulement des vies minuscules mais le poème héroïque et fondateur. De cette impossibilité il fait un livre festif, au style souverain qui joue avec les clichés d'époque pour mieux les refondre dans un tourbillon carnavalesque. Une dimension quasi pornographique et totalement assumée en découle. Et l'on peut trouver les fantasmes de Michon tantôt fabuleux tantôt pénibles, c'est leur lot, mais on aurait tort de négliger à la fois la part de fidélité à la mythologie (qui demeure un catalogue de perversions en tout genre) et la part d'autodérision d'un écrivain dont on néglige souvent le caractère ludique, encore une parenté avec Rabelais.
Moins décevant qu’annoncé, mais ça passe par quantité de haut et de bas… Les hauts sont des chapitres qu’on lit sans déplaisir mais les bas, on se fait poliment chier.
Ma première entrée dans l’œuvre magistrale de Michon.
Que penser de ce texte dense et dérangeant, parsemé de passages sublimes, qui exige patience et persévérance ? Une entrée qui frappe et qui divise ses lecteurs.
Dans J’écris l’Iliade, Michon convoque les grandes figures et les récits de la mythologie grecque. Et l’essence du livre se situe autant dans ces références que dans ce qui les relie : un érotisme assumé, frôlant la pornographie, revendiqué par l’auteur et son éditeur.
Michon écrit les corps, les désirs, les courbes, le sang et le sexe dans une langue magnifiée où se ressent le goût des phrases et des mots. Des mots ici voilés, ici crus, tantôt suggérés ou frontalement énoncés, qui ramènent sans cesse au sexe de la Femme et à sa pénétration. L’origine du monde, du Verbe et de la littérature. Le fantasme éternel.
Au-delà de ces corps féminins plus qu’omniprésents, Michon nous fait entrer dans la puissance de son univers et de son inconscient, et de la culture comme bien intemporel. Les deux derniers chapitres, titanesques, s’achèvent sur l’image d’un autodafé de la grande bibliothèque du monde. Geste de destruction, mais aussi de recommencement.
Une table rase pour écrire à nouveau l’œuvre fondatrice, pour la première fois ou pour la dernière. Peut-être aussi le désir de rejoindre un jour Homère, Shakespeare ou Borges dans le panthéon littéraire que Michon semble contempler.
« Elle m’a déçu, au fond, la littérature. Il y a quarante ans, cela m’aurait déchiré le coeur. Je les avait tant convoités, les grands auteurs, quand j’étais jeune et sans le sou. Aujourd’hui ça ne me faisait pas grand-chose, parce que je sais comment on les fait, les livres ; je sais comment on devient fabricant et grand auteur. Rien de ce qui est écrit ne doit être cru. »
*Un grand merci aux @editions_gallimard pour ce livre généreusement offert.
Je n'ai pas fini de lire ce livre, cette objectification de la femme à des fins sexuelles, ça me répugne. Je ne parle même pas du fait qu'il se prends pour Homère. Les références à l'Iliade ne servent à rien d'autres que de faire sa propre éloge, donc si vous vous attendiez comme moi à un récit épique, vous allez être déçu. Et je ne sais pas si je n'aime pas son écriture ou juste si toutes les scènes de sexes m'ont sorti du texte mais c'était une torture à lire. Le pire c'est que je n'ai pas l'impression que c'est un personnage ? À plusieurs reprises, le narrateur parle de lui en tant que Pierre Michon (un jeune Pierre Michon) mais être jeune adulte n'excuse pas d'avoir un regard lubrique sur toute chose et de considérer les femmes que comme des objets pour assouvir les pulsions ?? bref à fuir.
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The only book I kept reading because of a morbid curiosity paired with the desperate need to put it away, to finish it, to be done with its hallucinatory quality and never have to look at it again.