"Mon banquier avoue volontiers qu'il ne lit pas quand je lui offre les dernières parutions de ma maison d'édition, non pour m'attirer ses bonnes grâces, encore moins son admiration, réservée aux seuls patrons du CAC 40, mais pour lui fournir de temps à autre une preuve matérielle de mon activité. Le livre n'étant pour lui ni un outil d'émancipation, ni même un objet récréatif, je veille à ne jamais employer le mot “littérature” de peur de provoquer l'ennui ou la gêne d'un individu s'étant construit contre celle-ci, qui n'engendre ni profit ni épargne, du moins dans le sens où il l'entend. À ses chiffres je n'ai pas su imposer mes lettres. Que n'ai-je suivi naguère un stage de gestion au lieu de lire Goethe ! Soulagé de s'être débarrassé d'un insolvable, il a tenu à me raccompagner jusqu'au seuil de sa banque." Après quarante ans de bons et loyaux services rendus à la littérature, "Bertrand Dumas Éditeur" a fait faillite. Mais Bertrand, son fondateur, refuse cette fatalité. Il lui reste une dernière nuit pour trouver une solution miracle. Lui qui a tant cru au pouvoir du romanesque rêverait que le romanesque vienne maintenant à son secours. Il va être entendu au-delà de ses espérances.
Il s'agit de la dernière journée d'un condamné à mort, sauf que le condamné, c'est la maison d'édition Bertrand Dumas Éditeur. On suit donc Bertrand dans les pérégrinations des dernières 24h de son activité professionnelle, et le maigre espoir se mue très vite en un cynisme tant nocif pour lui que pour autrui. Ce roman ouvre des réflexions intéressantes sur le livre, et à ce sens mérite qu'on lui laisse une chance, si vous avez également quelques heures à accorder à ces histoires tirées de faits irréels.
Bertrand, éditeur, 60 ans fait le constat que les livres, la littérature, c’est du passé. Ce qui fonctionne, c’est ce qui est « vendable ». Il tente de trouver du financement à sa boîte de 40 ans et plus, mais on n’y croit plus. Il s’est trompé souvent; il a refusé souvent et un tabac suivait dans une autre maison d’édition, il a accepté parfois et le livre est resté en tablette. L’éditeur devient cynique sur la littérature qui n’existe plus réellement à ses yeux. On est dans « c’était dont meilleur avant… » La littérature est morte, se dit-il. En outre, il réalise qu’il a pê perdu des moments de qualité pour lire des navets passés par la suite au pilon. Mais revirement, à l’aube d’une faillite, alors qu’il assite à une soirée mondaine de remise de prix littéraire, soirée qu’il exècre d’ailleurs, il fait la rencontre d’une imminente influençeuse qui en a marre de sa vie empruntée. Cette dernière veut connaître autre chose que l’image, a soif des mots, de phrases qui font plus de 40 caractères. Alors qu’elle questionne son réseau social sur ce Bertrand éditeur, les réponses affluent sur la quantité de romans édités dont personne ne parle plus. On s’imagine ce que la publicité d’une populaire star de Instagram peut provoquer… Bertrand l’intègre, rigoureux, et à cheval sur les principes voit bien qu’il doit prendre un virage avant de tout clore et retraiter. Comme quoi, la vie dans les réseaux sociaux est tout à fait réelle. Excellent roman
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Un éditeur fait un bilan mordant de ses 30 ans de carrière passés à lire des tonnes de romans insipides font la plupart vont dans ce qu’il appelle ‘« le tombeau ». À la recherche incessante du chef d’œuvre, cet érudit se remémore les grands auteurs classiques qui ont nourri son âme et désespère de n’avoir rencontré que des auteurs médiocres qu’il nous fait connaître avec dérision et parfois tendresse. Un peu longuinet par moment, je n’ai pas toujours bien compris ses analyses d’intello du milieu littéraire français. À faire lire aux écrivains en herbe !!!