Ένα βράδυ, στα μέσα του 21ου αιώνα, όλα σβήνουν. Φαίνεται σαν βλάβη ή διακοπή ρεύματος όπως αυτές που συμβαίνουν συχνά σ' έναν κόσμο που βαίνει προς το τέλος του, παραδομένος στις ελλείψεις, στις κρίσεις, στις πανδημίες. Αυτή τη φορά όμως το ρεύμα δεν επανέρχεται κι επικρατεί χάος. Σε μια μεγάλη επαρχιακή πόλη, μια νεαρή γυναίκα, η Ρεβέκα, και ο σύντροφός της ο Μαρτέν φέρνουν παρ' όλ' αυτά στον κόσμο ένα παιδί, τη μικρή Αλίς. Αλλά τη μέρα που το ηλεκτρικό δίκτυο καταρρέει, ο νεαρός πατέρας δεν επιστρέφει σπίτι του. Για τη σύντροφό του, το άγχος δεν σταματάει να μεγαλώνει. Τρεις γενιές αργότερα, η Νουρ και η κόρη της η Κλάρα, κληρονόμοι γυναικών που από μάνα σε κόρη αναμετρήθηκαν με το χάος, πορεύονται με τον Μαρσό και το γιο του τον Λεό. Προσπαθούν να επιβιώσουν από την πείνα, τις κακοκαιρίες και τη βία σε μια χώρα αφανισμένη, όπου ωστόσο η αγάπη δεν το βάζει κάτω μπροστά στη βαρβαρότητα.
« Il s’étonnait toujours de ce prodige : le soleil continuait de se lever sur ce monde finissant qui n’en finissait plus. » Dans la nuit noire du couvre-feu de « Qui après nous vivrez », un bébé dort entre ses deux parents. Après un virus qui a tué cent millions de personnes, un taux de natalité qui s’est effondré partout, même en Afrique, même en Inde, au milieu des coups de feu qui éclatent partout dans la ville, des bruits de blindés légers et des drones, des combats urbains, trois êtres, un homme, une femme et un bébé vivent dans la bulle de leur appartement. Rebecca, Martin et Alice survivent dans ce chaos qui est devenu le monde. Alice, cet « accident miraculeux » est née alors qu’on ne l’attendait plus… après le point de non-retour climatique officiellement franchi en 2032, un monde où règnent pénuries, épidémies, émeutes de la faim et de la soif, populations poussées à l’exode, chaleur omniprésente, ils surnagent « comme les autres dans ce bain toxique ». Malgré cette situation catastrophique, « ils sont des millions et des millions à nourrir cette illusion ou cette espérance » d’un monde qui peut toujours/encore devenir meilleur. Lorsque l’électricité est définitivement coupée, les difficultés sont encore décuplées. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, grâce à des générateurs à l’espérance de vie très limitée, les frigos des morgues se réchauffent, l’odeur des cadavres devient prégnante…
« Et ce compte à rebours, ce sablier se vidant qu’on ne retournera pas, s’effondrant en un tas de ruines pulvérisées, ils refusent d’en envisager le terme, puisque le temps, lui, ne finira pas. En eux, comme les éclats enfouis d’un diamant dans un trou, réside l’espoir qu’ils s’en sortiront, qu’une bifurcation inattendue se produira dans leur vie et rendra possible une évasion, et leur permettra de vivre le reste de leur temps à l’abri du désastre, discrets et frugaux comme des fugitifs. »
Photographie d’une époque qui tient place bien après nous, bien loin de nous, mais dont nous n’avons aucune peine à imaginer les troubles. Le chaos devient une norme, toutes les nouvelles technologies dont nous avons été les esclaves ne sont plus d’aucune utilité. Bienvenue dans le monde d’après imaginé par Hervé Le Corre, la nuit de l’être humain et la nuit de l’humanité.
« Qui après nous vivrez » est un roman noir aux ténèbres absolues, où l’on retient son souffle, où l’on se rassure en essayant de se convaincre qu’il s’agit là d’un roman, sauf que nous savons bien que l’essence même de ce qui nous attend se trouve entre ces pages. Hervé Le Corre à imaginé un récit ambitieux dans lequel il considère le lecteur comme son égal. J’entends par-là que le récit est volontairement déstructuré, qu’il ose de nombreux sauts temporels et a l’audace d’utiliser des interconnexions générationnelles, que le lecteur attentif doit dénicher. Des destins sont à fouiller, à déterrer et à relier. Plusieurs générations de femmes se succèdent sans mention de temporalité, sans récurrence dans la narration, seuls des prénoms demeurent des lumières dans la nuit et permettent de retracer un semblant d’arbre généalogique, quelques indices sont abandonnés çà et là pour mentionner une époque. À charge à chacun de refaire le puzzle. L’auteur ne prend pas son lecteur pour un imbécile, il le challenge, il brouille les cartes grâce à une puissance narrative ambitieuse.
« Qui après nous vivrez » est l’histoire d’une humanité qui n’a d’humanité que le nom. Les épreuves du quotidien, les challenges auxquels sont confrontés les personnages reposent majoritairement sur les épaules des femmes. Ces femmes, dont on a outragé le corps, volé les hommes, kidnappé les enfants. Des femmes fortes qui tentent tout pour subsister, qui bataillent sans cesse pour sauvegarder leur honneur et leur famille quand le monde s’effondre, leur ténacité et leur volonté n’ont jamais été aussi fortes, ni aussi inspirantes. Dans « Qui après nous vivrez », la femme est l’avenir de l’homme dans ce monde où les hommes faillissent à leur devoir de protection, malgré de très bonnes intentions, et où d’autres profitent de la situation pour asservir et soumettre.
Nous avions dans nos mains le moyen de changer les choses et d’éviter ces effondrements en cascade qu’Hervé Le Corre dissèque sans attendrissement dans son roman. Il utilise de nombreuses références littéraires, les ouvrages de Cormac McCarty par exemple, l’ambiance de certains romans de Margaret Atwood pour démontrer, si besoin en est, de la présence de cartes que nous avions entre les mains. Les directeurs de conscience chargés de formater les jeunes esprits, le travail comme vertu morale et sociale, les supplices (comme la condamnation au pilori) dignes du Moyen Âge pour calmer les contrevenants, un système politique qui s’apparente au communisme (la croix frappée du croissant) et, bien, évidemment, la toute-puissance des prêcheurs qui placent la religion au centre de la vie quotidienne. Somme toute, un retour à des temps ressemblant au Moyen Âge puisque l’homme n’a pas été capable de faire bon usage, ni de l’amélioration de son niveau de vie, ni des technologies qu’il a eues entre les mains, ni des clés de la Terre qui lui avaient été implicitement confiées.
« Toute la fin du siècle dernier et au début de celui-ci les alertes ont été données, sonnées, gueulées. Il fallait changer de logique, cesser la fuite en avant de l’avidité, de la rapacité des puissants de ce monde qui saccageaient la planète et les peuples par tous les moyens possibles. Catastrophes climatiques, famines, pandémies, guerres. La misère et la barbarie partout. On voyait chaque jour le monde imploser mais on était trop peu nombreux à se rebeller. Les gens s’imaginaient qu’ils échapperaient au pire. (…) pendant ce temps perdu, les maîtres de ce monde-là conduisaient à pleine vitesse vers le bord de la falaise et nous demandaient à nous, pauvres cons, de retenir le bolide pour l’empêcher de basculer. Ils pensaient peut-être qu’ils parviendraient à sauter en marche et quelques-uns ont dû le faire… »
Ce n’est pas un hasard, si « Qui après nous vivrez » suit plusieurs générations de femmes. Dans ce monde proche de l’apocalypse, la femme devient un enjeu. Lorsque la natalité baisse, son corps devient primordial à la survie de la nation. Le système peut les répudier si elles ne produisent pas d’enfants ou au contraire, les empiler au sein du foyer lorsqu’elles sont fécondes. L’homme est un loup pour l’homme, mais surtout pour la femme. « Elle ne connaissait pas aux hommes qu’elle avait vus, croisés, subis, d’autres fonctions, sinon celle de la violence, du combat et de la guerre, est n’éprouvait à leur égard, mâles dominants et prédateurs, qu’un sentiment, mais les de crainte et de haine. » Rebecca, Alice, Nour, Clara vont chacune l’apprendre à des degrés différents, selon l’époque et ses défis. Hervé Le Corre fait la part belle aux femmes, qui au-delà des souffrances endurées portent le monde sur leurs épaules, et avec lui, une forme d’espérance qui ne peut s’éteindre qu’avec elles.
« Cette obstination à vivre, cette force animale qui fait qu’on se relève même éreinté, même en larmes, quand on voudrait rester couché, avec les morts, cette persistance d’herbe folle germant après le feu ou brisant les macadams et les bétons pour trouver la lumière. Ça. Cette énergie des enfants, le courage qu’ils ont de jouer et de rire, au cœur des tragédies, affrontant leur malheur dans des nuits sans sommeil. »
Il faudra bien vivre, même après eux, même après tout ça, après la mort de la démocratie, la mort de la liberté, la mort de l’innocence. Quand tout est d’une noirceur sans fond, le roman s’illumine grâce aux descriptions magistrales que fait Le Corre de la nature. C’est sans doute grâce à ses peintures, « Le bleuissement de la nuit », « l’aube jaunit le ciel », « Le feuillage frissonne », « Ils cahotèrent sur le chemin qu’ils avaient pris en venant, maintenant plein d’ornières remplies d’eau, et rejoignirent la route rectiligne sur laquelle débordait une végétation en train de la digérer. La forêt fumait en séchant sous le soleil déjà brûlant. Des fumeroles s’attardaient au-dessus des cimes puis s’envolaient soudain, chassées par le souffle même des arbres. », « Pas de lune. Seulement la voûte incalculable des étoiles et la vapeur bleutée qu’elle dispense autour d’eux. » que mon espérance en l’humanité ne s’est pas éteinte tout à fait, que je suis encore capable de croire à un potentiel sursaut, pour ne pas laisser s’agoniser cette beauté-là.
Aussi, entre ombre et lumière, espoir et désespoir, conscience et opacité de la pensée, « Qui après nous vivrez » libère une poésie absolue dans l’écriture, délicate, fine et élégante qui fait de ce texte une broderie littéraire digne des plus grandes dentellières. La précision des émotions humaines se transmet par les mots que le lecteur savoure avec une lenteur délicieuse, pour ne pas en venir à bout, et garder encore cette prose de haute volée. Une rafale d’émotions, une caresse d’écriture, un roman absolument brillant.
Que la découverte de ce roman fut difficile ! Mais ça, Hervé Le Corre devait s’en douter en proposant ce début si pessimiste dans Qui après nous vivrez. Cette dystopie, qui se situe au milieu de notre XXIème siècle, raconte le monde d’après, après le point critique écologique, par le récit de trois générations de femmes qui parcourt le siècle sous différentes époques. Rapidement, j’ai retrouvé la patte sociale de l’écrivain et le roman devint une ode à la solidarité sur fond de ténèbres. Lumineux !
Brins d’histoire Celle qui ouvre le roman noir est la génération la plus proche de nous. Au cours de cette année 2032, le seuil irréversible de l’environnement est franchi ! Martin et Rebecca sont des jeunes parents ébahis devant Alice, encore tout bébé, qui s’apprête à grandir dans un monde incertain. D’ailleurs la nuit précédente, une nouvelle panne d’électricité est apparue pendant le couvre-feu et n’a toujours pas été réparée lorsque Martin rejoint son travail.
Pourtant, tous les jours, Martin accueille les allocataires et distribue, selon son évaluation, les aides gouvernementales. Rebecca est dessinatrice et illustratrice et profite de ce qu’Alice soit enfin apaisée pour finir le dernier chapitre à rendre le soir même. Seulement un soir, Martin ne rentre pas…
Raconter comme cela, rien de dérangeant ! Seulement Hervé Le Corre décrit par le menu ce nouveau monde, tellement proche de nous. Les policiers ont le droit de tirer sans sommation. La chaleur y est intenable. Les magasins sont pillés. Une épidémie fait encore plus de morts que celle que nous avons connue (200 ou 300 millions de morts en 2 ans). La natalité mondiale est au plus bas. Etc. Ainsi, la naissance de la petite Alice est un défi dans ce monde incertain.
Se présente une autre génération. Dans une forêt calcinée, près d’un village abandonné, Léo découvre une maison restée intacte, ce qui lui rappelle des souvenirs. Nour, la mère de Clara, que Marceau a trouvée, toutes les deux blotties dans un fossé, collées à un mort. Marceau, le père de Léo, est blessé par des hordes incendiaires qui ont attaqué la maison. Ils vont fuir pour trouver un ailleurs pour vivre !
Puis, Hervé Le Corre raconte la génération d’Alice adulte. Et ainsi de suite, l’écrivain reprend certains de ses récits, les laisse, les enchevêtre et au lecteur de s’y débrouiller !
Une lumière dans les ténèbres Ce sont les femmes qui pour Hervé Le Corre assurent le fil conducteur de son récit. Des portraits de femmes courageuses, combatives et déterminées qui se chargent de la survie de leur clan. De plus, elles témoignent de la transmission pour ne pas oublier le monde d’avant ou celui que chacun a envie de retrouver, ou de trouver simplement.
Seulement, Qui après nous vivrez est un puzzle où il faut retrouver les liens. L’écrivain embrouille avec plaisir, déstabilise et pousse vers l’overdose, créant un climat littéraire sombre et désespérant. Comme une punition de ne pas avoir incité plus fortement au changement alors qu’il était encore temps !
Évidemment, les oppressions sont de retour dans ce récit avec la fin de la démocratie et le retour des dictatures. Et Hervé Le Corre met en situation les plus terribles comme toutes les violences que les femmes subissent. Néanmoins, de génération en génération, il leur fait porter l’espoir d’une ode poétique, comme le titre le suggère :
Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous endurcis, Car, se pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis…
En conclusion, Hervé le Corre, en choisissant cet extrait du poète François Villon, illustre une traversée du futur, évoquant un espoir porté par les femmes malgré le chaos, les violences et l’oppression, tel un retour à un Moyen-Âge sombre, mais dans un autre temps.
Et, la narration d’Hervé Le Corre, malgré ce roman du futur obscur, redevient sociale et politique, comme elle a toujours été dans tous ses romans. Car, “Qui après nous” est un hymne à la puissance du collectif, à la solidarité et à la fraternité qui nous permettent de résister et de nous unir contre l’horreur. C’est même la seule façon pour ne pas être atteint par la violence ravageuse, par la destruction massive et par l’oppression aveugle.
Car dans toutes les époques racontées, ce qui permet à chaque groupe de durer et d’enfanter pour permettre la survie de l’espèce, c’est ce qui fonde notre profonde singularité, notre humanité. Alors, dans des ténèbres, Hervé Le Corre ressuscite la lumière qui brûle en nous, la chaleur qui nous relie et la solidarité qui assurera notre survie. Un excellent roman noir et social, à la fois ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Αγαπημένε μου Λε Κωρ,ευχαρίστως ναι,αλλά όχι. Βαρετό post apocalyptic,βαρετοί ήρωες,κλισέ παντού, ναι ΟΚ,μια μέρα,αν κοπεί το ρεύμα και δεν επανέλθει, η καθημερινότητα θα είναι τρομακτική, η παγκόσμια δικτατορία θα ελέγχει τα πάντα,η κλιματική κρίση θα αφανίσει τα πάντα, οι ιοί, οι πανδημίες, ο άνθρωπος που αγριεύει, που σκοτώνει για να επιβιώσει, πο�� χάνει τον εαυτό του αλλά,παρόλα αυτά, τον ξαναβρίσκει κάπου,μπλα μπλα μπλα μπλα μπλα μπλα μπλα... Ήταν κουραστικό, αν και η γραφή του ήταν εντάξει- νομίζω πως ανήκει σε αυτά τα μυθιστορήματα που πήραν σαν αφορμή την πανδημία του κορονοϊού και γράφτηκαν για να γραφτούν.Γνώμη μου βεβαίως... 2/5.
Très bien mais la lecture est éprouvante. Dans ce monde post-apocalyptique mais très proche de ce que l'on vit en ce moment (dérèglement climatique, épidémie, instabilité internationale, guerre, fondamentalisme religieux), il y a peu de répit, et les protagonistes ont peu d'espoir. À côté, "La route" de Cormac McCarthy, c'est "Oui-Oui chez le Père Noël".
Depuis qu’ils sont sur le marché de l’imaginaire avec leur nouvelle collection, les éditions Rivages ont le chic pour me proposer des ouvrages qui avaient le don de me déstabiliser. C’est à nouveau le cas ici avec un roman d’anticipation d’un spécialiste du roman noir : Hervé Le Corre. Malheureusement, je ne fus pas exactement le bon public.
Évacuons de suite la question : non, je n’aime pas vraiment les récits post-apocalyptiques, je n’aime pas non plus vraiment les road-trips et je suis une novice totale en matière de romans noirs. Cela faisait beaucoup d’obstacles. Ainsi même si je reconnais la plume fort sympathique de l’auteur, qui est directe et immersive, permettant de vraiment vivre les aventures proposées, je n’ai pas été embarquée par ce que j’ai lu car je freinais des quatre fers. Je vais donc essayer de voir présenter à la fois ce qui m’a bloquée et ce qui, je pense, pourrait plaire à d’autres lecteurs que moi.
Comme j’aime bien commencer par le positif, commençons par les éléments que même une acariâtre du post-apo comme moi a appréciés. Nous sommes dans un récit d’anticipation où l’auteur nous plonge dans un prolongement fictif de notre histoire tout à fait crédible. Il imagine une Terre du XXIe siècle où d’un coup tout s’éteint. Enfin d’un coup, pas tout à fait, car cela faisait déjà un moment que notre planète était sur la pente descendance, entre pénuries, épidémies, chute de la natalité. La différence c’est que cette panne, bien que pas la première, dure dans le temps et laisse la place au chaos pour se développer. Ainsi si on aime les récits de cet ordre, on a vraiment un vécu rude qui vient nous percuter très rapidement et profondément. On se met facilement à la place de ces populations totalement perdues par ce qui arrive. Présenté en plus sous le prisme de groupes de femmes sur deux temporalités éloignées de quelques décennies, on prend cette violence d’autant plus en pleine figure que ce sont souvent elles les victimes des méfaits des hommes. C’est vraiment rude. Pour autant, l’auteur n’est absolument pas dans un voyeurisme malsain. Il évoque mais ne montre pas, et c’était ce qu’il me fallait.
Aux côtés de plusieurs générations de femmes, nous allons suivre le moment où tout bascule et comment l’une d’entre elles, avec sa fille nouvellement née, va chercher désespérément son compagnon qui a disparu. Puis avec un autre groupe, nous allons voir comment ce chaos a évolué et les nouvelles « règles » qui ont cours tandis qu’elles parcourent des lieues et des lieues en tentant de survivre avec leurs compagnons et enfants, le tout dans un décor où l’homme est de plus en plus sauvage. Ces femmes sont magnifiquement écrites, avec une grande force de résilience et de résistance face aux violences des hommes. Elles apportent un brin d’espoir dans toute cette noirceur et surtout énormément d’amour, ce qui sauve une lecture bien rude sinon. Si on aime ce genre de portrait dans des décors âprement réalistes, on doit passer un superbe moment.
Pour ma part, je le disais plus haut, je suis hermétique au post-apocalyptique et aux road-trips, alors forcément ce fut plus compliqué à apprécier. Bien que le choix de l’auteur de faire porter le regard sur cette histoire à des femmes pouvait être intéressant, j’y ai retrouvé beaucoup d’éléments que j’ai jugé clichés, entre l’épouse désemparée sans son mari, la mère à tout prix, la femme à nouveau représentée et souvent limitée dans ce monde à sa fonction de reproductrice, et le cliché un peu de la femme badass devant son enfant. Cela manquait de nuances et d’originalité pour moi. Cela m’a agacée de voir qu‘une fois de plus on nous proposait des violences se portant sur les femmes comme ressort scénaristique. Je sais que c’est souvent le cas dans la réalité, mais la fiction ne peut-elle pas parfois proposer autre chose. C’est pesant et redondant.
J’ai aussi retrouvé des éléments forts peu originaux pour un récit post-apocalyptique, ce qui m’a donné l’impression d’en lire encore un qui ressemblait aux autres dans sa proposition d’aventure. En effet, on est encore dans un récit de survie sur les routes, ce qui rappelle forcément La route de Cormac McCarthy. On a encore ce sentiment de huis clos malgré les espaces traversés. On a encore une lutte contre des groupuscules masculins enlevant des femmes et rappelant La Servante écarlate de Margaret Atwood. Rien de bien neuf sous le soleil, surtout quand on n’aime pas.
Alors pourquoi je viens quand même vous parler de ce roman ? Parce qu’en dépit de mon sentiment très personnel qui vient du fait que je ne suis pas le public cible, je pense qu’il a vraiment des qualités d’écriture dans les émotions et les personnages vivants ce terrible moment qui sont à même de plaire aux amateurs. Ce n’est pas pour rien qu’Hervé Le Corre est connu et reconnu, il a vraiment une plume qui mérite de s’y arrêter et ici des messages sur ce que notre monde pourrait devenir sur on le laisse trop facilement basculer dans le gouffre qui est devant lui. A une époque de notre histoire où il y a tellement de tensions et de guerres, cela mérite d’être entendu.
Tout commence par la grande panne, celle qui a suivi les multiples pandémies au XXI siècle. Un jeune couple Rebecca et Martin viennent de mettre au monde une petite fille Alice. Dans ce monde en décomposition Rebecca se retrouve seule a devoir quitter la ville en prise aux émeutes et aux violences grandissantes. Les années passent, la peur reste, elle accompagne toute l'écriture de ce roman, peur de mourir, peur de manquer, peur des autres. La peur contamine tout, rendant les uns vulnérables et les autres brutaux et violents. Un roman post apocalyptique d'une noirceur à toute épreuve. Je ne conseille pas sa lecture aux personnes déprimées. Personnellement c'est un énorme coup de cœur pour ce roman qui vous met le cœur et la tête à l'envers. C'est une projection de ce qui pourrait bien nous attendre si nous poursuivons sur notre lancée sans rien remettre en question. C'est réaliste, cruel, cynique et tellement vraisemblable. L'auteur met en lumière nos peurs les plus profondes avec toujours comme éclairage salvateur, les femmes. Nous allons ainsi suivre trois générations féminines, de mère en fille, les pères sont souvent absents physiquement mais restent dans le cœur et la mémoire de ses femmes. La femme tient une place importante de cette symbolique de vie, elle est la mère, la femme, l'amante, la guérisseuse, la force envers et contre tout. On suit avec effarement, les soubresauts de cette humanité dans toutes ses dérives. Une galerie de personnages attachante dont la destiné est incertaine mais avec chevillée au corps la nécessite de survie. Une belle écriture qui sait montrer avec poésie la beauté du monde et à contrario trouver les mots pour décrire l’innommable et le retour de l'obscurantisme. Un roman puissant qui pourrait bien éveiller les consciences et provoquer la réflexion. Bonne lecture.
Τρίτο βιβλίο του Ερβέ Λε Κορ που διαβάζω, μετά το καλό "Άμμος στο στόμα" που διάβασα το 2015 και το πολύ καλό "Διασχίζοντας τη νύχτα" που διάβασα το 2021, και μπορώ να πω ότι και αυτό με τη σειρά του μου άφησε πολύ καλές εντυπώσεις, κατάφερε να με καθηλώσει από την πρώτη μέχρι την τελευταία σελίδα, χάρη στην αρκετά έντονη και χειμαρρώδη αφήγηση, την ιστορία αυτή καθαυτή, αλλά και τη γενικότερη σκοτεινή ατμόσφαιρα. Ουσιαστικά έχουμε να κάνουμε με μια μετά-αποκαλυπτική ιστορία που θα μπορούσε να συμβεί και στην πραγματικότητα, μιας και εδώ δεν έχουμε ζόμπι, λυκάνθρωπους ή εξωγήινους, αλλά μια πανδημία και μετά μόνιμη διακοπή ρεύματος, παγκόσμια οικονομική κρίση, ελλείψεις τροφίμων, προβλήματα στην εφοδιαστική αλυσίδα κ.λπ. Ο συγγραφέας μας πηγαίνει μπρος-πίσω στον χρόνο, μας δείχνει κάποιους χαρακτήρες που συνδέονται μεταξύ τους (ως επί το πλείστον) οικογενειακώς από γενιά σε γενιά, έτσι βλέπουμε πώς ξεκίνησε η όλη κρίση, πώς εξελίχθηκε και πώς κατέληξε στο απόλυτο χάος και την καταστροφή. Τίποτα το φοβερά πρωτότυπο ή καινούργιο, το έχουμε ξαναδεί πολλάκις αυτό το θέμα σε βιβλία, ταινίες και σειρές, όμως ο Ερβέ Λε Κορ επικεντρώνεται σε ορισμένους χαρακτήρες, στον ανθρώπινο παράγοντα, τον αγώνα που δίνουν οι χαρακτήρες και όλες αυτές τις παρανοϊκές καταστάσεις που θα αναγκαστούν να αντιμετωπίσουν. Εντάξει, έχει αρκετά κλισέ σαν ιστορία, δεν είναι και από τις εντυπωσιακότερες μετά-αποκαλυπτικές ιστορίες που υπάρχουν εκεί έξω (ούτε κατά διάνοια!), ίσως να γράφτηκε και με αφορμή την όλη παράνοια που ζήσαμε με τον "Κορονοϊό" (έναν από τους χιλιάδες Κορονοϊούς που υπάρχουν εδώ και εκατοντάδες χρόνια...), αλλά πάντως αξίζει μια ανάγνωση, έχει δράση, έχει σκηνές έντασης, διαθέτει μια αρκετά καταθλιπτική ατμόσφαιρα, χρησιμοποιεί έναν ενδιαφέρον αφηγηματικό τρικ με τα μπρος-πίσω στον χρόνο, και τέλος πάντων είναι αρκετά καλογραμμένο. Καλή πένα ο Λε Κορ, χαίρομαι που έχω αρκετά βιβλία του στα αδιάβαστα για περαιτέρω εξερεύνηση...
J’aime, depuis le Et les forêts de Sandrine Colette, les romans post-apocalyptiques. Ici, on est gâtés! Roman très noir qui met en lumière les errances de trois générations de femmes solidaires et combattives à l’aube d’un 22ème siècle terrifiant: Rebecca, Alice et Nour fuient tour à tour la folie des hommes qui n’ont plus rien d’humains: corruption, dictatures, crise climatique, chacune prenant soin de sa fille, craignant pour elle surtout. Ces histoires intergénérationnelles se chevauchent et se ressemblent. Mêmes quêtes pour toutes: trouver un endroit sécuritaire pour s’établir. En chemin, elles croisent toutes, au milieu de l’enfer, un peu de bonté. Ouf! Un peu redondant à mon goût, sans compter qu’on s’emmêle un peu les pinceaux dans ces trois destinées. Peu d’espoir. Ça fout la trouille pour l’avenir!
Enfin sorti de ce roman d'anticipation. Nous avons fait un bond dans le temps où le chaos règne dans le monde entier (un petit aperçu de ce qui nous attend ?!). Par moments, le livre prend aux tripes, on souffre avec les personnages... Le roman est cohérent dans cette longue traversée dystopique où on côtoie 3 générations de personnages. Même si j'ai adoré, je ne mets pas 5 étoiles car quelques erreurs se sont glissées dans le roman, un numéro de chapitre pas bon, des personnages qui apparaissent de je ne sais où (qui est cette Dounia qui apparait vers la fin du roman). Je suis peut-être trop exigeant mais voilà. L'aspect positif c'est que je découvre un nouvel auteur Hervé Le Corre.
Hervé Le Corre frappe par la puissance de son écriture avec « Qui après nous vivrez », un roman noir dystopique d’une intensité rare où la poésie du désespoir se mêle à une tension implacable. Dans un décor post-apocalyptique où la nature reprend ses droits sur les ruines d’un monde à l’agonie, l’auteur brosse des portraits d’âmes égarées, ballottées entre la brutalité et une quête de rédemption. La beauté de son style, à la fois sombre et lyrique, confère à chaque page une charge émotionnelle profonde, sublimant l’âpreté du récit. Porté par une atmosphère crépusculaire et une humanité vacillante, ce roman sait conjuguer noirceur et éclats de lumière avec ces personnages inoubliables.
Ce récit dystopique haletant évoque la survie dans un monde apocalyptique et invite à avoir un regard critique dès aujourd'hui sur nos actions pour la lutte contre le changement climatique et la société de demain que l'on construit. Les histoires sur plusieurs générations de femmes Rebecca, Alice, Nour, Clara mais aussi de Marceaux, Martin et Léo s'entremêlent laissant place a beaucoup de questionnements, d'incertitudes, d'événements comblés par l'imagination du lecteur. La peur, la violence, la domination, la vengeance sont omniprésentes dans ce futur indésirable où apparaissent parfois quelques moments de répit, d'espoir et d'entraide.
Difficile d'évaluer ce roman: j'aime l'histoire, sa structure et le récit intergénérationnel. Pourtant, j'ai eu du mal à lire le livre et à le finir. Il dépeint un futur tellement angoissant, déprimant et sans espoir, que je me sentais quasi anxieuse en le lisant.
Chaque personnage féminin ou presque subit au moins un viol. Chaque lueur d'espoir est momentanée, puis suivie de violence ou injustice. Bref, ça dépeint un monde horrible qu'on ne souhaite pas aux futures générations..
This entire review has been hidden because of spoilers.
Grosse déception. J'aime pourtant ce que propose l'auteur d'habitude. J'aime les romans post apo et j'aime même ce procédé où les chapitres s'entremêlent et ne sont pas linéaires. Malheureusement, rien à faire. Je ne suis pas rentrée dedans, je n'ai pas eu d'empathie pour les personnages malgré les horreurs qu'ils subissent. Je n'ai pas bien compris où ça devait me mener, ni le propos final.
φυσικά και είμαι φανατικοί των διστοπικών μυθιστορημάτων αλλά αυτό πραγματικά είναι κάτι άλλο. καταφέρνει να διείσδύσει τόσο βαθιά στους φόβους μας για το μέλλον που πραγματικά τελειώνω τα άστο ένιωθα μία πέτρα στην καρδιά μου. απλά λατρεύω αυτόν τον συγγραφέα