Dans la poursuite du travail de Howard Zinn et de Gérard Noiriel, ce livre revisite les mythes nationaux à l’aune des avancées historiques les plus récentes. Interroger les origines de la France, retracer les résistances et les révoltes pour placer au cœur de l’histoire les acteurs et actrices oubliées par le grand roman national et colonial. « La France est un pays où l’on adore l’histoire. Tout le monde en connaît à peu près les principaux évènements – ne serait-ce que parce que l’école nous les a transmis. Ce récit, que nous aimons écouter, s’appelle “récit national”, car il s’agit d’une histoire de la construction de la France comme nation. On en parle aussi en termes de “roman national” tant il se rapproche parfois de la fiction. Ce récit est puissant, facile à raconter et il fournit à peu de frais de l’orgueil national à celles et ceux qui aiment s’inscrire dans de grandes lignées éternelles. » Mais ce récit est biaisé et ignore l’essentiel des connaissances accumulées depuis par les professionnels de la recherche historique. Il laisse aussi de côté les hommes et les femmes “ordinaires” en mettant l’accent sur les personnages “extraordinaires”, essentiellement des hommes. Ce qui laisse penser que le moteur de l’histoire est aux mains de ceux qui ont le pouvoir, que les autres doivent se contenter de subir leurs décisions, qu’ils n’en prennent jamais eux-mêmes, qu’ils n’ont aucun poids dans les changements historiques et ne jouent aucun rôle dans les basculements de l’histoire. » Notre récit part à la recherche du “populaire”, pris dans les mécanismes de dominations, en revisitant les épisodes du récit national, mais en y ajoutant d’autres moments historiques, et surtout d’autres acteurs, et actrices. Il faudra donc lire ce livre comme une aventure faite de luttes, de résistances, de désenchantements, de soumissions, d’émancipations, de défaites et de victoires. Une épopée tantôt joyeuse, tantôt triste et sanglante, et qui se déroule jusqu’à nos jours. Car on ne peut éviter de se poser la question : où est le populaire aujourd’hui ? et quel est son destin ? »
J'ai pris ce livre sans faire attention au nom de l'autrice (je sais), sans cela entre le plagiat de la revue antillaise Zist, le procès baillon qui a suivi, je l'aurai reposé.
Ce livre fait 3 choses en une, et aucune bien : raconter une histoire populaire de la France, déconstruire le roman national, et démontrer que l'extrème-droite a tord, en particulier quand elle prétend que l'imigration est un phénomène récent.
Sur les migrations et plus généralement les brassages de population, autant lire autre choses : les publications du musée de l'immigration, Lorrains sans frontière du musée lorrain ou Un Empire Des Peuples de Lugdunum.
Sur la déconstruction du roman national, François Reynaert a déjà écrit "Nos Ancêtres les Gaulois et autres fadaises", bien plus intéressant.
Sur l'histoire populaire, hm, j'ai eu plutot l'impression non pas d'avoir une perspective décentrée des elites, mais reprenant l'histoire des elites pour ensuite avoir un "et le peuple dans tout ça ?".
L'écriture est superficielle, on voudrait que chaque chapitre soit deux fois plus long et la vulgarisation est mal dosée, donant plutôt l'impression d'assister au cours d'une prof s'adressant à des enfants qu'elle juge un peu bêtes.
excellent livre, j'ai appris plein de trucs en mode rat de bibliothèque d'histoire 🤓 ça fait écho à bcp de choses qui m'entourent au quotidien, donne des clés de compréhension, vraiment top je recommande !!
"Messieurs, oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre" Jean Jaurès