"Famille Marti cherche couple pour travaux domestiques. Salaire à négocier". C'est ainsi que les Ramirez, jeunes gens aux abords courtois et discrets, se présentent à l'entrée d'une finca perdue dans les plaines argentines. Depuis que l'heure de la retraite a sonné, Pablo et Isabel Marti y coulent des jours heureux entre chant de grives au crépuscule, fragance de jasmin étoilé et silence cosmique...
Un roman très court. Mais très angoissant pourtant. On s'attache à ce coupe de personnes âgées prises au piège de leurs "domestiques". Avec eux, on espère à chaque instant que quelque chose va se passer, que quelqu'un va intervenir pour les libérer. La tension est prégnante et bien menée. Et en même temps, on remet en question leurs anciennes attitudes en tant que maîtres de maison, et on en vient presque à comprendre l'attitude des domestiques, qui sonne comme une leçon de morale. En quelques pages seulement, on réfléchit sans que jamais une leçon ne soit donnée...
À mi-chemin entre la pièce "Les Bonnes" de Jean Genêt et le huit-clos du film "Le Prénom", ce récit court, haletant et absurde se dévore d'une traite. Coup de cœur !