"Famille Marti cherche couple pour travaux domestiques. Salaire à négocier". C'est ainsi que les Ramirez, jeunes gens aux abords courtois et discrets, se présentent à l'entrée d'une finca perdue dans les plaines argentines. Depuis que l'heure de la retraite a sonné, Pablo et Isabel Marti y coulent des jours heureux entre chant de grives au crépuscule, fragance de jasmin étoilé et silence cosmique...
Il y a des nains de jardin dans cette histoire et des Blanches Neiges avec leurs compagnons pour assurer les tâches ménagères mais on est loin du conte de notre enfance ! Tout se passe en Argentine, dans la maison d'un charmant couple de personnes âgées. Il semble très heureux tous les 2, loin du 1er village. Un beau jour, Javier et Sofia se présentent à leur porte pour répondre à une offre d'emploi de personnel de maison. C'est bizarre, nos retraités n'avaient jamais posté d'annonce et comme il se fait tard, ils proposent aux intrus de passer la nuit chez eux. Le lendemain, ils se lèveront avec des domestiques déjà en service, mais le vent va tourner ! Le livre étant assez court, je ne veux pas dévoiler l'intrigue mais il va s'avérer que la tension monte petit à petit entre les différents protagonistes de ce huit-clos et que la tension de nos petits vieux, elle, va baisser au fur et à mesure. C'est bien écrit, bien mené, à la fois inquiétant et drôle. Surtout, allez jusqu'au bout, la chute ne fait pas plouf, elle est étonnante.
Un roman très court. Mais très angoissant pourtant. On s'attache à ce coupe de personnes âgées prises au piège de leurs "domestiques". Avec eux, on espère à chaque instant que quelque chose va se passer, que quelqu'un va intervenir pour les libérer. La tension est prégnante et bien menée. Et en même temps, on remet en question leurs anciennes attitudes en tant que maîtres de maison, et on en vient presque à comprendre l'attitude des domestiques, qui sonne comme une leçon de morale. En quelques pages seulement, on réfléchit sans que jamais une leçon ne soit donnée...
À mi-chemin entre la pièce "Les Bonnes" de Jean Genêt et le huit-clos du film "Le Prénom", ce récit court, haletant et absurde se dévore d'une traite. Coup de cœur !