Colette Lesage, de son vrai prénom Édouardina, travaille pour le journal La Presse de 1903 à 1956. Issue de la première génération de femmes journalistes, elle en a assurément la plus longue carrière. À la barre du « Courrier de Colette », elle répond aux interrogations de ses lectrices sur la mode, la maison, la famille, le travail, la santé, la littérature, la généalogie, l’histoire, l’étiquette, etc. Elle est surtout une courriériste du cœur, créant un lieu public où les préoccupations privées – des jeunes filles anxieuses, des femmes mariées malheureuses, des célibataires accomplies – sont publiées et discutées. Dans cette section de La Presse, le contenu est écrit par, pour et sur les femmes, créant ainsi une communauté imaginée et virtuelle dans toute l’Amérique francophone. Ce livre propose donc de faire la première biographie de cette journaliste méconnue dans l’histoire québécoise, d’analyser les thèmes du Courrier, de présenter les conseils inspirés de la norme prescriptive de l’époque et d’exposer les récits vécus des correspondantes qui parfois y dérogent.
Je savais avant de commencer ma lecture que Écris donc à Colette était basé sur le mémoire de maîtrise en histoire de Savaria. Je pensais toutefois qu'il s'agissait d'une adaptation sous forme de roman de la vie et de la production journalistique sur un demi-siècle de Colette Lesage.
J'étais bien loin du compte. L'ouvrage est de nature académique (très facile à lire même pour quelqu'un sans formation particulière en histoire québécoise du début du XXe siècle) et on en sait très peu sur la vie personnelle de la journaliste.
L'analyse du Courrier de Colette offre un portrait saisissant de la vie et des préoccupations des femmes entre 1900 et 1950. La lecture demande quand même d'avoir un bon intérêt de base pour le sujet. Même si tout est loin d'être parfait aujourd'hui, c'est frappant à quel point les normes genrées découlant de la religion catholique étaient contraignantes et les perspectives d'avenir pour les femmes très limitées.