Des rêves qui n’en sont pas vraiment. Un mal mystérieux et inexplicable. De vieilles légendes qui prennent vie. Eva Magaloff croit mener une existence des plus normales à l’Institut Moldovan, jusqu’au jour où elle s’endort et bascule dans un tout autre univers. Un univers de vents et de tempêtes, de richesse et de pouvoir, de tourments et d’étincelles…
Née à Montréal en 1991, Camille Noël a étudié l’histoire et la rédaction professionnelle à l’Université de Montréal, en plus d’être titulaire d’une maîtrise en didactique du français. Passionnée d’écriture depuis son adolescence, elle n’a pas cessé d’inventer des univers depuis. Elle est maintenant l’auteure de huit publications aux éditions AdA.
Mais qu'elle belle plume à cette autrice, Les transitions dans le temps sont très biens présentées tout au long des 3 tomes.
Je suis tombée directement dans cette belle histoire qu'elle nous racontre sur trois tomes. Plusieurs moments d'émotions et de suspense! le premier tome commence plus tranquillement, mais en faisait tout son sens pour bien entrer dans l'univers de l'histoire.
Je préviens tout de suite que ce qui suit sera quelque peu long. J’avais commencé cette lecture par curiosité lorsque j’ai vu que des éléments slaves avaient été repris pour créer l’univers de ce livre qui contient les trois tomes de la trilogie La société de minuit. Il faut dire qu’en tant que personne qui vient de cette région du monde, je suis toujours plus à la recherche de lectures de ce type qui mettent nos cultures à l’avant et j’étais particulièrement curieuse de découvrir cette série.
Sauf que, malheureusement, j’ai été très déçue par ce que j’ai pu lire. Alors à présent, je ressens le besoin d’expliquer pourquoi j’ai ce ressenti : ce que je vais faire en détaillant bien mon propos afin que ce soit clair. Et bien sûr, rien de ceci n’a pour but de descendre une œuvre rien que pour la descendre – je me contente ici d’exprimer mon opinion (tout à fait subjective) de lectrice en me basant sur, vous le comprendrez bien, le meilleur de mes connaissances en la matière.
Maintenant que ça, c’est clarifié, il faut savoir que j’ai grandement hésité à faire cet exercice puisque je ne savais pas s’il était mieux que je sépare cet avis en trois pour les trois ouvrages de base ou si c’était préférable que je fasse une critique plus globale. J’ai finalement décidé d’opter pour cette dernière option puisqu’en mon sens, les problèmes que je décèle reviennent dans chacun des tomes. Alors j’installe la prémisse, et ensuite je me lance.
Eva fréquente l’Institut Moldovan à titre de boursière – faisant d’elle une cible pour ses pairs plus aisés qui ne comprennent pas pourquoi Nayden, un jeune garçon très influent, semble s’intéresser à elle. Eva ne tardera pas à découvrir ce qui cause son attention et celle de la très secrète Société de Minuit : elle est une drak, soit un être capable de sortir de son corps endormi afin de contrôler les vents. Mais cette seule découverte de son identité n’est que le commencement pour la jeune femme : elle est épiée et une chose est sûre, plus rien ne sera comme avant.
POINT 1 : LE WORLDBUILDING
Commençons d’abord par cet aspect crucial de l’univers. L’autrice s’inspire de la légende du zduhac, une figure mythologique slavo-balkanique. Elle vient quand même l’adapter pour son histoire – notamment en les rebaptisant drak (un mot qui a son lot de significations), en modifiant un peu leurs pouvoirs (ici en leur conférant la maîtrise de l’air et parfois du tonnerre). Mais ici, il s’agit sans doute de l’aspect qui m’a le moins dérangée puisque tout était logique et fonctionnait bien. Les explications allaient en ce sens et il n’y a pas un seul instant où, de ce point de vue, j’ai remis en cause le réalisme de sujet : si ça marche, ça marche, je me dois également de relever le positif après tout.
Cependant, il s’agit de la seule instance de ce type quand on s’attarde à l’univers dans son ensemble. Parce que déjà, quand on creuse dans l’emplacement et la culture, on perçoit plusieurs lacunes.
L’autrice place son histoire en Trovanie, une nation fictive d’Europe de l’est qui, dans les mots du texte « avait tout conservé de son charme d’antan, à la fois campagnard et médiéval » même si « le visage de plusieurs pays européens s’était transformé, modernisé ». On part donc du principe que la Trovanie est un pays qui s’est isolé des autres et qui opère à son rythme et selon ses règles.
Ou presque, en tout cas. Parce que déjà, voilà que trois chapitres plus tard, on apprend qu’il y a tout de même la présence de voitures, que les téléphones existent et qu’en fait, la nation n’est pas du tout figée dans le temps. Une nuance qui m’a laissée assez perplexe, en réalité : on parlait visiblement de l’architecture, mais de ce côté, est-ce qu’on est vraiment en mesure d’affirmer que c’est réellement différent de ce qu’on peut retrouver ailleurs en Europe ?
Ça ne s’arrête d’ailleurs pas là puisque la Trovanie semble débarquer dans le paysage européen, mais d’une Europe ancrée dans ce qui ressemble fortement à notre réalité. Je veux dire : on apprend que le christianisme existe dans ce monde, que des pays comme l’Allemagne et l’Italie sont bel et bien là… En gros, je me questionne sur le besoin de créer un pays fictif, surtout si on choisit de reprendre des concepts concrets. Je crois d’ailleurs que si l’autrice avait décidé de situer le récit dans un pays concerné par la légende qu’elle reprend (par exemple la Bulgarie, pour en nommer qu’un), ça aurait notamment pu répondre aux quelques lacunes du côté culturel puisque la culture trovanaise (trovanoise ? trovane ?) semble un peu déficitaire puisqu’elle reprend plusieurs éléments de cultures slaves et balkaniques sans pour autant y trouver un point d’attache.
C’est ce qu’on voit, déjà, dans les noms des personnages. Autant certains prénoms utilisés n’en sont pas (Grigorovich est un excellent exemple), autant ce n’est que le cadet de nos soucis quand on tombe sur les noms de famille. L’autrice ne respecte pas du tout les règles concernant les suffixes puisque beaucoup de noms qui terminent en -ov/-ev (ou -off, les deux apparaissent dans le texte alors que concrètement c’est la même chose, seulement une romanisation du nom qui varie) ne sont pas accordés selon le genre du détenteur. Le suffixe ici, renvoie à « fils de » ou « fille de », donc de voir que Nayden porte « Sternova » comme nom de famille plutôt que « Sternov », qu’Eva elle-même porte « Magaloff » plutôt que « Magalova » et ensuite « Corvanov » plutôt que « Corvanova », qu’on retrouve « Dobrev » et non « Dobreva »… bref, il y a des exemples de ce type à la pelle dans ce texte, et même s’il s’agit d’un détail assez insignifiant, ça met à mal la crédibilité de l’œuvre parce que pourquoi est-ce qu’on outrepasserait ce genre de notion si, au final, les deux formes existent ?
Au point où on en est, on aurait pu garder que les -ov, ou que les -ova de manière uniforme ou encore expliquer que le suffixe est basé sur le fait d’avoir des dirigeants de la famille qui sont parfois des femmes et d’autres fois des hommes. Sauf qu’il n’en est rien puisque la société en Trovanie est de manière plus que claire très patriarcale. Et d’ailleurs, on retrouve une bonne dose de sexisme parsemée dans le texte, notamment en insinuant que l’organisation d’événements est surtout un travail féminin, que les femmes sont plus sournoises que les hommes… bref, très cool de lire ce genre de chose (non).
C’est sans parler qu’en réalité, on n’apprend presque rien de la Trovanie, en dehors du nom des villes et du nom des sociétés drak qu’il y a dans les grandes villes. Est-ce qu’il y a des fêtes spécifiques ? Des coutumes particulières ? Des habits traditionnels ? Nous n’avons pas le moindre détail de ce côté, alors encore une fois : quel est l’intérêt de créer une nation fictive si ce n’est pas pour la développer davantage ?
C’est ce qui vient consolider ma perception plus que confuse du worldbuilding qu’il y a dans cette saga. On dirait une tentative de créer un mélange qui n’a aucune base. C’est le même effet qui a été décrié à la sortie du film de Disney Raya and the Last Dragon : on a tellement essayé de créer un mélange homogène de plusieurs cultures qu’au bout du compte, on n’en reconnaît aucune. Et ça, c’est un aspect que j’ai trouvé particulièrement fâcheux.
POINT 2 : LA ROMANCE
Je vais l’exprimer tout de suite : je suis navrée, la romance dépeinte dans cette série ne fonctionne tout simplement pas.
Dès le premier tome, on tombe sur ce qui correspond à un triangle amoureux entre Eva, Nayden et Lucas, un ami d’enfance d’Eva. C’est classique pour ce genre de récit, alors de ce côté, ce n’est pas un choix scénaristique qui me dérange particulièrement.
Sauf que… le triangle lui-même est très très inégal. Eva n’a aucune base pour tomber amoureuse d’un des garçons ou même des deux, elle le fait parce que l’histoire l’y oblige, mais concrètement en dehors de la fascination des garçons pour elle… rien de ce qui arrive ne va légitimer ses choix de ce côté (ou nous donner à nous, le lectorat, envie de prendre pour l’un des partis).
Pas que ça ait une importance particulière puisque, de toute façon, l’histoire est conçue pour pousser vers Nayden de toute manière. Même si Eva choisit initialement Lucas, Nayden gravite quand même tout autour et demeure important. Et ce même s’il finit par la violer (acte sexuel non consenti mon œil, il s’est fait passer pour quelqu’un d’autre et EN PLUS il a le culot de justifier son acte à coup de « c’était ça ou tu mourrais ») au point de la faire tomber enceinte alors qu’elle a 17 ans………… Malgré tout, Eva tombe quand même amoureuse de lui parce qu’au fond, c’t’un bon père, que c’est la faute de sa mère qui reste somehow une « bonne personne » (les boy moms… j’aurais tellement à dire à ce sujet d’ailleurs) et… Lucas prend le bord à moitié. Lol, ok.
Ainsi donc, tout l’aspect romantique est à revoir. En mon sens, il ne fonctionne pas du tout, n’est pas crédible et on aurait pu s’en passer parce que ça n’est pas venu apporter quoi que ce soit au récit.
POINT 3 : LES DRAKS
Si l’adaptation de la légende pour les besoins du roman fonctionne, on peut dire qu’il y a quand même une lacune qui doit être adressée : l’aspect de la consanguinité.
On établit bien tôt la hiérarchie de ce monde entre les draks originels (aka ceux qui ne se sont pas affiliés avec des humains) et les autres. De la manière qu’elle est présentée, celle-ci est cohérente et la distinction est suffisamment marquée pour qu’on ne se pose pas de question.
Cependant… on mentionne à peine les enjeux qui entourent les draks originels : soit le fait qu’ils se tournent sans cesse vers les mêmes familles. On parle de comment ça peut impacter les grossesses, sans plus. J’aurais peut-être opté pour un peu plus de réalisme de ce côté, notamment avec des maladies génétiques claires.
EN CONCLUSION
J’aurais pu faire un dernier point pour parler de l’histoire en tant que telle, mais la vérité est qu’avec tout ce que j’ai relevé, c’est l’aspect qui me semble le moins critiquable. Est-ce qu’elle fonctionne ? Oui. Est-ce qu’elle peut trouver son public ? Très certainement. Est-ce que ça progresse bien ? À débattre – ça relève surtout de l’opinion personnelle, de mon côté je suis très mitigée. Est-ce que ça décrit bien tout ce que fait l’autrice ? Absolument pas, elle a sûrement d’autres romans qui auraient peut-être mieux résonné avec moi.
Malheureusement, ce n’est pas le cas ici. En ce qui me concerne, le problème réside vraiment dans le worldbuilding qui m’a fait décrocher à plusieurs reprises. Surtout quand, si une personne des cultures concernées avait été consultée, ça aurait pu être très différent. Or, je doute que ça ait été fait, puisque rien dans le livre ne le mentionne. Alors je trouve ça plutôt dommage, en fin de compte.
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Tellement fucking plate...les personnages ont la personnalité d'une poignée de porte, les évènements sont bien trop descriptifs, et le lore est tellement petit et ennuyant. Finalement ils se passent pas grand chose, et on développe jamais de liens avec Eva, le personnage principal.
Triangle amoureux, grossesse, sexe non consentant (lire viol), manipulation... L'auteure ne sait pas écrire des relations saines. Lucas était pas trop mal, mais on ne le voit pas souvent...Nayden est juste le pire.
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La première partie du livre est très difficile à suivre. Les choses s'enchaînent beaucoup trop vite. Il est difficile de comprendre les actions du personnage principal. On passe d’une action à l’autre sans avoir une liaison qui explique comment on passe de l’action A à B. On n'explore peu la psychologie du personnage. C'est difficile de saisir l’univers du livre.
TW **Dans la partie deux. On mentionne un acte sexuelle non consentant. **
Par contre, dans la partie 2 du livre et la partie 3, l'auteur va plus en profondeur dans la façon que les personnages pense. On ressent et comprend beaucoup plus les émotions. L’enchaînement des actions entrepris par le personnage est beaucoup fluide et a du sens. Ce que j'aime vraiment, c'est une des rares fois où la fin est bien structurée. On comprend. L'auteure a pris le temps d'expliquer les choses. Elle a pris le temps d’écrire une bonne mort à certains personnages. Souvent, les livres mentionne la mort d’un personnage sans s’attarder et sans donner d’importance. Ça permet de mieux comprendre les choses. C'est le fun de finir un livre quand on sent qu'on a fait le tour de tout les personnage et qu’on apprend où ils sont rendu à la fin. Sinon, c'est une idée hyper originale de reprendre les mythologies nordiques. Je ne savais pas beaucoup de choses là-dessus, mais je trouve qu'elle a bien exploité ces mythes-là.
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Eva est une jeune femme dont la vie change du tout au tout, en un claquement de doigts. Éleve à linstitut Moldovan, rien de plus normal, elle apprend quelle est différente et qu'un monde entier vit caché parmi les humains "normaux". Elle doit faire des choix douloureux et vivre une vie qu'elle n'a pas choisie.
J'ai beaucoup aimé Eva, sa force, sa résilience et sa détermination. Une vie où l'amour doit faire place au devoir, où l'impossible devient possible. Elle traverse les nombreuses épreuves qui s'imposent à elle avec courage et détermination, dans un monde où le vent est puissant et indispensable.
Si tu aimes les romans fantastiques, dans un univers gothique, tu seras choyé dans l'univers de Camille Noël dont la plume nous amène à une autre époque.
Vraiment un très gros wow! Riche en émotions, en rebondissements, en secrets. Et bien que j'avais deviné certain des plots twists, je les ai trouvé très bien ficelés.
Premièrement, le livre est magnifique ! Deuxièmement, l'histoire est intéressante et les êtres surnaturels originaux. Certains passages sont long et tourne en boucle, mais en générale non. Les retournements de situations et révélation sont au rendez-vous. Le troisième tome = Outch. Ta parfois envie de taper les personnages principaux car ils trouvent la manière la plus compliqué de résoudre un problème. Bonne futur lecture 😉
Je vais encore le crier haut et fort, l'écriture de Camille Noël me séduit à chaque fois, elle est d'une intelligence et finesse rares. J'ai adoré cette trilogie. Même s'il s'agit d'une littérature jeunesse, je m'y suis plongé sans probleme.
Full love pour l'intégrale de la société de minuit.
Bien que j'aie lu les trois livres séparément, j'y vais d'une critique globale pour l'ensemble de l'œuvre.
La première chose qui me vient en tête lorsque je repense à ma lecture est l'Univers qui est créé dans cette histoire. On a à faire avec un univers surnaturel avec des pouvoirs et tout, mais ce qui fait plaisir est la cohérence de ce qui est créé. La cohérence est un critère tellement important pour moi et souvent je lis des romans qui sont problématiques à ce niveau et je décroche complètement. Toutefois, dans la société de Minuit, les "règles" qui sont établies sont respectées, exploitées et tout semble marcher et c'est ce qui rend l'histoire si "crédible".
Ensuite, les personnages ont une qualité indéniable. En lisant, je sentais qu'ils avaient (et là c'est étrange à dire...) une vie en dehors de l'histoire. Les personnages secondaires et même principaux ne sont pas là que pour le bien de l'histoire racontée dans le livre. Il est tout à fait possible de se prendre d'affection pour un personnage plus que secondaire, c'est ce qui m'est arrivé d'ailleurs. Ils ne sont pas vides. Bien évidemment certains personnages m'intéressaient moins, mais d'autres ont su capter mon attention.
Finalement, l'histoire. J'aime les héros, que voulez-vous je suis comme ça moi. Cependant, on n'est pas soumis à des héros du style Mary-Sue et Gary-Sue ici et ÇA, ça fait du bien. On a des héros qui sont bons, des héros qui sont plus sombres, des héros qui font des erreurs et des choix difficiles. Ici personne n'est parfait. Et le fait que personne ne soit parfait, ça laisse place à des retournements surprenants.
Pour conclure, le premier livre est le plus faible des trois selon moi. Je le trouve un peu plus "jeune", mais l'univers a fait en sorte que j'ai continué. En voyant le type de personnage principal, je pensais voir où tout cela s'en allait. Je m'attendais à voir une Mary-Sue qui est l'élue et donc bien bonne. La fin a achevé de me convaincre de lire le tome 2, que j'ai plus aimé et finalement le 3 que j'ai adoré! Bref, ça a valu la peine. Ce fut une belle aventure avec beaucoup d'émotions!