J’ai embarqué sans me poser de questions dans ce roman. J’ai tout de suite aimé le style, l’ambiance, quoique je ne trouvais pas le tout égal. Dès le premier chapitre je trouvais cela intrigant, mais disparate.
La narration suit 5 personnages (Julie, François, Jacob, Emmanuelle et l’enquêteur). Ça prend parfois plusieurs lignes avant que le nom du personnage soit nommé et qu’on puisse se situer. J’aurais aimé que le nom du personnage soit inscrit au début de chaque chapitre. Malgré beaucoup de personnages et un style similaire à chaque fois, je me suis prise d’affection pour certains narratifs. Je ne peux pas dire que j’ai aimé les personnages, parce qu’on ne sait absolument rien d’eux, n’ayant pas accès à leur psychologique et ayant tous des comportements particuliers. Cependant j’ai vécu des émotions à certains moments du roman, surtout vers la fin. Donc, je me suis attachée malgré tout.
J’ai tourné les pages avec intérêt. Je ne demandais où se dirigeait les histoires et tout était tellement étrange que je n’avais aucune idée de la fin de chaque trame narrative.
Je dois avouer que la fin est sèche. J’ai terminé la dernière page en hurlant dans ma tête J’AI DES QUESTIONS!
J’ai vécu une lecture addictive et weird, avec des zones d’inconfort. Y’a définitivement des traces d’originalité et j’arrive à peine à comprendre pourquoi et qu’est-ce que j’ai apprécié, mais choses certaine, j’ai vécu des émotions et ça, ça veut dire, qu’il y a, une part de succès.
Si un livre te captive au point de vouloir à tout prix aller au bout, mais que son histoire est un peu terne, saupoudré de cette fameuse saveur « est-ce qu’il y a quelque chose que je comprends pas ? », est-ce une bonne ou une mauvaise lecture ?
Questions, questions et encore questions… je mets un genre de 3,25/5 pour l’instant
J'ai lu la première moitié d'un trait, j'ai trouvé l'ambiance glauque intéressante et l'auteur tresse bien les mots ensemble. Sa plume m'a rapidement séduite! Puis, je n'y ai pas touché pendant quelques semaines pour terminer l'autre moitié d'un trait aussi. La lecture est fluide et facile, une belle prose mais je ne suis pas certaine d'avoir tout capté de l'intention de l'auteur. On devait comprendre comprendre? Ressentir quoi? J'aurais pris quelques chapitres de plus pour mieux saisir!
Ni bon ni mauvais; en fait c’est surtout que ce roman est beaucoup de choses et aucune en même temps. Un enfant est retrouvé mort au tout début ; mais ce n’est pas vraiment une intrigue policière. Un couple vit ses obsessions chacun de son côté ; art et espace, mais ce n’est pas vraiment leur histoire non plus.
En fait c’est un peu étrange parce que le livre est bien écrit et qu’il s’y passe juste assez de choses pour qu’on continue à lire en se disant qu’il va finir par y avoir un lien entre toutes les histoires, un but, une révélation, quelque chose. Mais non. Pas vraiment.
Dans cette œuvre où le soleil tape d’une force caniculaire, plusieurs personnages se révèlent aussi âcres les uns que les autres. Emmanuelle, peintre hyperréaliste, se méprise de coucher avec le frère de son amoureux Jacob en son absence. Jacob, astrophysicien, attend des résultats d’une mission sur de la poussière d’étoile et tourne en rond. Son frère, François, photographe, veut absolument se rendre dans l’hostile désert d’Atacama, le lieu le plus aride au monde. Un inspecteur veuf et malade enquête sur la mort d’un enfant. Au centre de cette détresse se trouve justement un enfant mort brûlé, dont la présence et l’absence hantent tous les protagonistes du livre, les rendant obsédés. C’est autour de cette perte que tout le monde gravite.
La lourdeur de l’atmosphère du roman de Rolland est fascinante. Chaque personnage est pleinement conscient de ses mauvais choix, mais ne peut s’empêcher de s’y embourber. Une réflexion sur le libre arbitre perdu d’avance captive tout en étant profondément déprimante. Pourtant, on se reconnaît dans cet univers à la moralité fragile. Rolland, à l’instar de son personnage peintre, excelle dans l’hyperréalisme froid, pesant autant qu’un soleil de plomb.
En somme, Soleil d’abandon est un roman habile qui frôle la dystopie psychologique. Mathieu Rolland utilise les défauts comme des armes retournées contre nous. Ça fait mal, mais c’est bon.