Depuis l’échec des patriotes de 1837-1838 et malgré leur révolution tranquille des années 1960, les Québécoises et les Québécois ne se sont jamais réellement rendus jusqu’au politique dans leur projet national, bloqués à leur définition de groupement culturel sous l’autorité d’une autre nation, la nation canadienne.
Poursuivant le cycle d’une réflexion amorcée autour de la tentation du suicide politique des Québécois (2013) et de leur condition culturelle s’apparentant à une fabrique de servitude (2015), Roger Payette et Jean-François Payette empruntent cette fois les chemins de l’analyse philosophique. Ils proposent au peuple québécois de renouer avec ce grand pouvoir que détient l’Homme : être l’auteur de son monde.
Afin de faire valoir son humanité, l’individu doit faire partie d’une collectivité. Afin de donner un sens à sa vie, cette collectivité doit se libérer des mécanismes d’oppression qui l’entrave pour s’affranchir de ceux-ci. Pour ce faire, cette collectivité doit retrouver sa subjectivité, son désir d’épanouissement et sa volonté de contribuer à bâtir un monde meilleur plutôt que de se soumettre et de vivre au coeur d’une liberté illusoire. Ainsi, il faut être plutôt qu’avoir, et il faut se voir à travers son propre regard plutôt que dans celui d’autrui afin de donner un sens réel à sa vie.