Qui retrouve-t-on, couché là, dans l’intime duvet de la disparition ? D’abord le fils submergé dont la langue s’émiette lentement dans les méandres brumeux du deuil, mais aussi cette figure fantomatique du père qui s’efface. Entre ultime hommage et recueillement, dans l’intime duvet de la disparition nous invite, dans une langue chargée où on sent tous les ressacs propres à la traversée de la perte, à tenter de démêler les racines tordues de la filiation.
Naviguant entre paysages mentaux d’un lointain passé, mines déposées dans la relation conflictuelle, souvenirs insoumis et photographies argentiques aux coins grugés « sous le règne des termites », Emmanuel Deraps se laisse hanter par la présence paternelle qui lui revient au tournant de chaque chanson peuplant son imaginaire, là où « parfois les paroles empruntent des voies imprévues ».
Emmanuel Deraps est né en 1993 à Montréal où il vit toujours. Depuis quelques années, il travaille en édition scolaire. Outre des publications en revue (Estuaire, Moebius, Exit), il a publié la fonte (Éditions de l’Écrou, 2015), failure (Del Busso Éditeur, 2019), faussaire fauve (L’Hexagone, 2019), et dans l'intime duvet de la disparition (Poètes de brousse, 2025). Depuis plus d’une décennie, on peut le retrouver assis au fond du bar, à s’abreuver de mots, lors de diverses soirées de lecture dans la métropole.
Il y a des livres qu’on ne choisit pas vraiment. Ils arrivent au bon moment — ou plutôt au moment fragile, celui où le cœur essaie encore de colmater la fissure. Dans l’intime duvet de la disparition d’Emmanuel Deraps est de ceux-là. Un recueil qui ne console pas, mais qui accompagne. Qui ne dit pas "ça va aller", mais "je sais ce que tu ressens".
Dès les premières pages, j’ai senti que cette poésie allait gratter un bobo encore sensible. Avec une langue épurée et douce, Deraps évoque l’absence sans jamais l’alourdir. Il écrit dans les silences, dans les gestes suspendus, dans les choses ordinaires qu’on regarde autrement quand quelqu’un qu’on aime n’est plus là. Ce n’est pas un recueil sur la mort, c’est un recueil sur ce qui reste après.
Je me suis retrouvée dans cette voix qui parle à un père qu’on ne reverra plus. Dans cette façon qu’a l’auteur de faire surgir la tendresse au milieu du vide, de faire du poème un refuge. Et dans ce duvet, j’ai reconnu cette matière invisible qui entoure encore le souvenir de mon propre père. Quelque chose qui tient au chaud malgré l’absence.
Ce livre ne m'aura pas guérit. Mais il donne une forme à mon sentiment. Et pour moi, c’est peut-être ça, la beauté du deuil : quand quelqu’un qu’on ne connaît pas réussit à mettre des mots là où on n’en trouvait plus.
Difficile de donner une note à un ouvrage aussi intime. J'en dirai tout de même que l'écriture est magnifique, les textes touchants et d'une grande douceur malgré la noirceur.
Avec cette livre nous avons l'honneur de ressentir des divers rencontres avec chagrin, de trouver des moments introspectifs. Ça nous donne une collecion balanceé et émouvant.
En commençant, plusieurs poèmes démontrent la maîtrise que Deraps possèdent pour créer une atmosphère spécifique, un rythme mélancolique et mesuré. J'adore le vocabulaire reverencieuse qui fait une toile de fond pensif pour le dénouement progressif de l'histoire.
Tout au long, nous sommes avec récitant, avec un homme en milieu d'une passage formative, un écho profond. Dans cette livre on se trouve de chagrin mais aussi clarté de la découverte de soi, un découverte fait avec curiosité et compassion. Ses petits extraits et aperçus des dedicataires, et les héritages tangibles qu'ils ont laissé, mélangent la nostalgie et des reflections d'un futur sans un cadre définitive de suivre.
Mais du même, Deraps laisse un certain espoir pour faire face à cet futur, une confiance que les réverbérations de nos figures perdus nous laissent toujours un guide pour commencer.
Félicitations Emman sur le livre magnifique et merci de le partager!
Ce très beau recueil parle du départ du père, de la trace laissée par la perte. Au fil des pages de cette œuvre éminemment personnelle, Deraps parle de deuil, de la peine qui l’habite et de comment il est hanté par la perte de cette présence paternelle, avec des mots tendres et puissants.
J’avais beaucoup aimé les autres recueils du poète et je n’ai pas été déçu par celui-ci! Ce quatrième recueil a une orientation différente en raison du sujet, mais la maîtrise de la langue et des images déployées sont fidèles à son talent. Un recueil de grande qualité.
Ouvrage poétique sur le deuil du père. Recueil agrémenté de photos, la plupart minimalistes, dont quelques-unes en noir et blanc. Vocabulaire recherché. Doux moments de recueillement. Quelle façon duveteuse de jouer avec les mots pour traduire la peine, la rupture, la vie après le départ de l’autre.
Citations « Parce que parfois les paroles empruntent des voies imprévues entre les sentiers imparfaits de la mémoire et un présent impossible à rapiécer quelque part au nord du cœur nous nous divisons dans l’ailleurs. « p. 26
Commencé au début de l'été et égaré dans un sac oublié pendant des mois jusqu'à ce que je le retrouve cette semaine. Tout ça pour dire que le délai de lecture n'a absolument rien à voir avec le recueil ou mon appréciation. 😅
Un très beau recueil sur la thématique du deuil, tout en délicatesse. J'ai particulièrement apprécié la section "...et la carcasse" qui résonnait le plus fort avec ma propre expérience bien personnelle du deuil de mon propre père métalleux et pas toujours commode.
Aussi, on n'achète pas un recueil pour sa couverture mais quand même, cette couverture est vraiment une magnifique réussite et mérite d'être mentionnée. 💜
Ce livre est arrivé dans ma vie au bon moment. C’est un recueil que je vais relire à différements moments de la vie, et que je recommanderai aux gens en processus de deuil. Je n’ai pas l’impression d’avoir les mots pour rendre sufffisament honneur à ce recueil en ce moment. Il m’a beaucoup aidé et touché émotionnellement. C’est vraiment le genre de livre dont j’aimerai assisté à une lecture d’un extrait par l’auteur.
« parce que parfois les paroles empruntent des voies imprévues entre les sentiers imparfaits de la mémoire et un présent impossible à rapiécer quelque part au nord du cœur nous nous divisons dans l’ailleurs »