Situé aux abords de Manaus, en Amazonie, sur un territoire marqué par le trafic de bois et le trafic de drogue, "Les vautours n'oublient pas" est un singulier mélange entre roman noir et chamanisme. A travers le destin tragique de quelques jeunes autochtones éblouis par les lumières de la ville et de la modernité, Pedro Cesarino montre les failles d’un Brésil gangréné par la violence et la corruption, terreau des pires injustices. Mais ce roman est aussi une aventure sensorielle et sensible : dans une langue unique, nourrie de sa connaissance profonde de la mythologie amérindienne, l'anthropologue et écrivain nous emmène de l’autre côté du miroir, là où s’effacent les frontières entre l’humain et l’animal, entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort.
Generally enjoyable! I think I liked the short chapters because as a non native speaker it can take a while to read in general and many-page chapters can feel like such a mountain. So it allowed me to get through it more regularly. However I also felt the book struggled with rhythm as a result.
O Brasil fora do eixo “central”, mas no centro amazônico de tudo. É místico e violento. É ancestral e violento. É resistente e violento. É lindo e violento. São muitos brasis, violentos.
Dans Les vautours n’oublient pas, Pedro Cesarino mêle avec une puissance rare roman noir et cosmogonie indigène. À travers l’histoire de Maya, une mère à la recherche de son fils disparu dans un petit village amazonien, l’auteur nous entraîne dans une Amazonie où les frontières entre le réel et l’invisible s’effacent. Guidée par Noma, être androgynique porteur de savoirs chamaniques, Maya plonge dans le monde d’en-bas, espace spirituel réservé aux êtres initiés, là où se transmettent les vérités anciennes de la Terre. Mais cette quête mystique se heurte à une réalité sordide : celle d’une jeunesse indigène désorientée, écartelée entre traditions et tentation d’une modernité inaccessible. Alcool, illusions urbaines, corruption généralisée : le Brésil que l'auteur décrit est rongé par un capitalisme prédateur et une société néocoloniale déshumanisante, prête à exterminer pour dominer. Vue comme un véritable personnage, la forêt amazonienne se révèle tour à tour enchanteresse, nourricière et luxuriante, puis menaçante, indomptable et pleine de mystères. Elle est vivante, vibrante, habitée par des forces invisibles que seuls les pajés — ces chamans capables d'entendre les voix de la Terre — savent apprivoiser. Je me suis laissé emporter par le monde d’en-bas, cet univers parallèle peuplé d’esprits anciens, d’animaux totems tels que les pécaris ou les vautours, qui occupent une place essentielle dans cette cosmogonie animiste.
Les vautours n’oublient pas est plus qu’un récit : c’est un cri. Celui d’un peuple que l’on veut faire taire, d’une terre que l’on détruit, mais qui n’a pas dit son dernier mot. Grâce à une langue poétique et envoûtante, nourrie de sa profonde connaissance des rituels chamaniques amérindiens, Pedro Cesarino signe un roman à la fois sensoriel, brut et bouleversant, qui dépasse les frontières du réel pour toucher à l’essence même du vivant. Chaque page résonne comme une offrande à ceux qu’on tente d’effacer. Un roman marquant, au croisement du visible et de l’invisible. Bonne lecture.
Livre sympathique mais qui je pense souffre un peu de la traduction. C’est assez onirique même si on plonge aussi dans le racisme, la déforestation et les problèmes de drogue au Brésil.