Dix ans après la déflagration de Charlie Hebdo, un roman choral,intense et nécessaire, sur ce qui nous lie au-delà des frontièreset des identités.
Lorsque survient la tuerie de Charlie, Jeanne, jeune femme juive, française, sent monter en elle une peur irrépressible, une peur venue d’hier et d’ailleurs, de plus loin qu’elle-même. Mais les manifestations qui s’ensuivent, ce souffle d’unité et de résistance qui parcourt soudain son pays, suscitent aussi un immense espoir : et si le temps était venu d’en finir avec la haine et la division ? Au destin de Jeanne se mêlent peu à peu d’autres vies que la sienne, d’autres personnages, très différents et pourtant frappés par les mêmes guerres fratricides, sur fond d’obscurantisme et de déni d’humanité. Autant d’étoiles dont les trajectoires s’entrecroisent jusqu’à se rejoindre sous la plume sensible et lumineuse de l’autrice qui oppose à la montée du terrorisme dans le monde un profond message d’amour et d’humanité.
Dans ce livre brûlant d’actualité, Sarah Barukh nous rappelle avec force que, derrière les idéologies meurtrières, des vies d’hommes et de femmes singulières sont en jeu. On vibre, on pleure, on espère à travers ces personnages qui nous ressemblent et dont les émotions affleurent à chaque ligne.
À propos de l'autrice
Sarah Barukh est l’autrice de plusieurs romans : Elle voulait juste marcher tout droit (prix Lions Club et MJLF 2017), Le Cas zéro (Prix du Roman d’Entreprise et du travail 2019), Pour que le soleil brille encore et Envole-moi (2020). Romancière engagée, elle publie en 2023 aux éditions HarperCollins 125 et des milliers, un ouvrage collectif au grand retentissement médiatique et qui a donné lieu à la création de l’association « 125 et après », reconnue d’intérêt général, et au documentaire Vivante(s) diffusé sur Canal+.
La couverture et le titre ne trompent pas : c'est un roman résolument engagé que signe Sarah Baruck. De 2007 à 2015, elle dresse les portraits croisés de jeunes femmes et de jeunes hommes souffrant des maux de ce monde : intolérance, antisémitisme, terrorisme sont les thèmes principaux jalonnant cette œuvre très dense.
A Paris, Jeanne Rougemont, psychiatre française d'origine juive doit affronter ses propres peurs après l'attentat de Charlie Hebdo. Elle a confié sa fille, la petite Nina, à son père Léon pour qu'il la protège. Au Pakistan, pendant qu'ailleurs dans le monde d'autres filles vont à l'école, Rima, 14 ans, travaille dans une usine qui fabrique des jouets. Elle va être mariée à Khalid Khorasani, 37 ans. A Paris encore, Isaias, migrant érythréen, vit dans une tente. Clémence une journaliste l'aborde pour lui proposer un reportage, afin de sensibiliser les Français à la cause des migrants. À Marseille, Jin, réfugié chinois, fils de paysans de Wuyuan, fait passer de la drogue, des kalachnikovs, des migrants. Victime de la politique de l'enfant unique, sa petite soeur a été tuée par son père à la naissance.
Sarah Baruck propose un kaléidoscope de la misère, la détresse et la violence de notre monde, dénonçant l'obscurantisme et le fanatisme qui conduisent les hommes à devenir des monstres.
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les chapitres mettant en scène les personnages d'Isaias et de Rima, dont les destins m'ont particulièrement touchée. J'ai apprécié l'écriture incisive de l'auteure, mais la structure chorale de ce roman, choix narratif que j'apprécie pourtant et qui habituellement me tient en haleine, m'a parfois dérangée. La multiplicité des personnages et l'alternance des chapitres narratifs et des chapitres presque "docu historiques" m'ont un peu perdue. Le récit de Sarah Baruck est très riche et il m'a semblé que chaque fragment de vie qui y est raconté pourrait à lui seul faire l'objet d'un roman.
Comme son personnage Jeanne Rougemont, Sarah Barukh exerce la profession de psychiatre. La fin du roman laisse à penser qu'il y a certainement un peu d'elle dans ce personnage et que ce roman est une sorte de tremplin avant l'écriture d'une autobiographie.
Je remercie Babelio et les éditions Harper Collins pour cette belle découverte dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée.
Dix ans après l’attentat de Charlie Hebdo, Sarah Barukh prend la plume pour livrer un roman choral qu’on devine intensément cathartique. « De bleu, de blanc, de rouge et d’étoiles » explore les destins croisés de celles et ceux qui sont touchés de plein fouet par la montée du terrorisme islamique, les guerres fratricides et l’obscurantisme religieux. Les destins de Jeanne, Mo, Rima, Nawal, Jin et les autres se font et se défont au cœur de l’actualité brûlante et finissent par se croiser au cœur d’une manifestation qui se veut un appel à la paix et à la tolérance.
Je ressors de cette lecture bouleversante avec un ressenti partagé. J’ai adoré la manière dont Sarah Barukh donnait vie aux histoires de ses personnages. Ils se basent largement sur des récits qu’elle a elle-même récoltés, ce qui les rend d’autant plus poignants. Il est difficile de ne pas être touchée en plein cœur par l’inhumanité dont nos semblables font souvent preuve… Je n’ai cependant pas pu me départir d’un sentiment de malaise quand l’autrice mentionnait les attentats du Hamas, évidemment condamnables. Ce qu’elle ne dit pas, ou évoque seulement en filigrane, la place en effet un peu en porte à faux de son désir d’apaisement.
Malgré ce bémol, j’ai eu énormément de plaisir à découvrir sa plume et je vais très vite me pencher sur « Le cas zéro », un roman qui parle des débuts de l’épidémie du sida!
Un roman choral poignant qui explore avec intensité les cicatrices laissées par l’attentat de Charlie Hebdo et ses répercussions sur la société française.
Sarah tisse avec maîtrise une fresque humaine, où les destins s’entrecroisent et se répondent. Jeanne, jeune femme française et juive, psychiatre dans un hôpital du Val-de-Marne, voit sa vie basculer dans le chaos après la tuerie de Charlie Hebdo. La douleur et l’incompréhension qui l’envahissent trouvent un écho dans la vague de solidarité nationale, illustrée par les manifestations de janvier 2015. Cependant, au-delà de cet élan d’unité, le roman plonge dans les fractures profondes d’une société marquée par la haine, la violence et les clivages.
Sarah nous présente une galerie de personnages émouvants, chacun porteur d’une histoire marquée par la violence et le deuil. Au fil des pages, leurs trajectoires se croisent, formant une constellation d’expériences humaines liées par la perte, la peur, mais aussi l’espoir. Cette structure permet de multiplier les points de vue : victimes, familles, témoins, et acteurs d’un monde fracturé. On ressent leur douleur, leurs doutes, mais aussi leur quête de résilience.
« Où était-il ce Dieu protecteur quand on gazait les enfants à Auschwitz ? Pourquoi avait-il laissé tant de Juifs massacrés à travers les millénaires ? Pourquoi, si les juifs étaient ses enfants élus, les envoyait-il à chaque siècle dans la gueule d’un loup différent, toujours plus affamé ? »
Mo, l’ami de Jeanne d’origine algérienne, en rupture avec une famille gangrenée par l’extrémisme, parti en Thaïlande pour fuir la violence de son frère Farès, djihadiste revenu d’Afghanistan. Rima, jeune pakistanaise mariée de force à un bourreau, porte en elle l’ombre du terrorisme. Isaias, migrant érythréen et mathématicien en devenir, partage sa quête d’une vie digne avec Jin, fils de paysans chinois. À ces trajectoires s’ajoutent celles de Thomas, patient ivoirien dénonçant les dérives complotistes, de Refaël, aide-soignant israélien, ou encore de Nawal, fillette palestinienne, et Clémence, militante au sein d’une ONG.
À travers ces récits entrelacés, l’autrice aborde avec acuité l’antisémitisme, le terrorisme, les dérives complotistes, mais aussi la résilience et l’espoir. Elle explore la porosité des frontières entre victimes et bourreaux, et interroge notre humanité face à la haine.
La multiplicité des personnages peut parfois perdre le lecteur, c’est un livre qui demande du calme et de la concentration pour bien en saisir les tenants et les aboutissants.
« Il est parfois inutile de chercher les étoiles de l’espoir dans le ciel. Il arrive qu’elles brillent autour de nous. »
Avec une plume sensible, poétique et incisive, Sarah parvient à capturer l’indicible. Elle transcende l’actualité pour livrer une œuvre profondément humaine. Ce roman est une invitation à la réflexion sur la complexité du monde et la nécessité du dialogue.
Elle interroge les mécanismes de la haine et de la radicalisation tout en mettant en lumière l’importance de l’empathie et du dialogue. Son texte ne cherche pas à apporter de réponses simples, mais invite le lecteur à se questionner sur la montée des extrémismes et l’urgence de retisser des liens.
« De bleu, de blanc, de rouge et d’étoiles » est plus qu’une fiction : c’est un cri du cœur, un hommage aux victimes et une alerte contre les dangers de la division. Sarah livre un roman puissant et essentiel.
Ce roman m’a bouleversée. J’ai ressenti une profonde tristesse face aux destins tragiques, mais aussi de l’admiration pour la résilience des personnages. La plume de Sarah m’a émue aux larmes et m’a poussée à réfléchir sur notre société.
Cette lecture, intense et poignante, laisse une empreinte durable, une œuvre nécessaire, qui confronte, questionne et émeut. Une œuvre à lire, à partager et à méditer.
Je remercie la Masse Critique Babélio et les Editions Harper Collins pour cette lecture.
« L’hirondelle, étourdie par Paris, s’est offert une pause dans le pot de fleurs au drapeau bleu, blanc, rouge. Elle s’est installée sur le morceau de tissu sans savoir que la tache rouge marquait le sang de Rima. Ce drapeau que Jin a charrié du Pakistan vers la France sur son bateau de fortune. Ce drapeau qu’Isaias a vendu pour pouvoir se laver. Ce drapeau que Nina a porté fièrement, comme tant d’autres, ce 11 janvier 2015. »