Roman noir se déroulant en Centrafique, plus précisément à Bangui. Bangui, une ville que l’auteur connaît bien, tout comme les thèmes évoqués : les ONG, les avocats, les relations entre locaux et ONG, la politique aussi. Le roman commence en octobre 2011 à Bruxelles, puis se poursuit à Bangui pendant les 10 années qui suivent. Les chapitres alternent entre le passé et le présent ; le présent pour Henri, le représentant belge véreux, le passé avec Théo, le centrafricain forcé de retrouver son pays après un passage en Europe.
Les flashbacks sont de loin les chapitres les plus intéressants du récit ; la vie de Théo n’est pas facile (il survit à une prison des plus horribles, à une traversé en bateau dantesque). Le présent, avec Henri et les relations avec les ONG, les soirées dans les bars avec les collègues, alliés ou ennemis, les petites tractations, magouilles en tout genre, m’ont bien moins intéressée. Les dialogues sonnaient parfois faux ; je n’ai pas compris toutes les tractions en jeu. Sans doute parce que je ne connais pas grand-chose à ce milieu et que l’auteur connaît très bien son sujet. Les relations internationales en Centrafrique sont présentes ; la France, la Chine, et même le groupe Wagner. Le Covid était de trop ; il servait certes l’histoire, mais il n’était pas nécessaire d’ancrer le récit dans cette réalité qui est encore trop récente (d’ailleurs, on ne sait pas comment Théo a pu se servir du Covid contre Henri, ce point n’est pas très clair).
Je m’attendais par ailleurs à lire un « roman noir », peut-être un thriller. Le côté « roman » est présent, le « noir » aussi, mais il n’y a pas vraiment d’enquête à proprement parler ; si elle traite de la relation entre Théo et Henri, elle est prévisible et la fin n’est pas suffisamment expliquée. J’ai tout de même beaucoup aimé le personnage de Théo, son évolution ; sa fuite, et son retour dans sa terre natale, où il a su profiter des opportunités pour aider les siens.