Le Temple, petit village du Sud-Ouest, ses plages, ses blockhaus, son unique bistro, son école où la violence est le seul remède à l’ennui.
Poil de Carotte y vit seul avec son père handicapé. Gamin perturbé auxpenchants sadiques et souffre-douleur de ses camarades de classe, sa vie bascule lorsqu’il se rend dans une ferme calcinée en lisière de forêt.
Des fantômes y rôdent, paraît-il.
Mais en lieu et place de revenants, il découvre un étrange manuscrit rédigé par des jumeaux, il y a trois cents ans. Leur vie sauvage et heureuse à La Nouvelle-Orléans tourne au cauchemar lorsqu’un sulfureux marquis les prend à son service.
Plus Poil de Carotte avance dans sa lecture, plus des événements
étranges surviennent : un chat noir qui parle, une voix qui lui chuchote la nuit à l’oreille, un enfant au teint trop pâle et aux lèvres trop rouges… Et s’il avait réveillé des forces aussi malsaines qu’attirantes ?
Si Dans les Veines m’avait laissé un sentiment un peu fade malgré sa volonté d’être âcre (tout le temps et partout au point d’en déborder), Je suis ton ombre m’a par contre happé et complètement convaincu dès les premiers chapitres. Ça poisse de malsain, de glauque, d’horreur pure dans tout ce qu’il peut y avoir d’horrible dans l’espèce humaine, encore plus vu que le lecteur joue les voyeurs en compagnie de Poil-de-Carotte sans être là pour lui rappeler sa conscience, vu qu’on en veut plus, qu’on veut savoir. En un mot, j’ai adoré. Surtout que comparé au livre précédent, le glauque et l’horreur se distillent et montent en crescendo, laissent une anticipation, des zones d’ombres qui ne peuvent être comblées que par l’imagination, l’explicite qui vient comme une conclusion au moment de la vengeance. J’ai aussi trouvé les conclusions de la narration plus satisfaisantes, le style plus affirmé entre les voix du protagoniste et celle du journal.
Là encore, je ne suis pas sûr de pouvoir vraiment recommander car c’est pour un public averti au vu de ses nombreux sujets et thèmes difficiles à lire. Et qu’il faut avoir lu Dans les Veines précédemment.
La vie n'est franchement pas rose pour le ptit gars qu'on appelle "Poil de Carotte" : il a perdu son frère, sa mère et son père est défiguré et handicapé. À l'école, ce n'est pas plus la joie entre Timmy la brute qui lui fait tout voir, la jolie Méli qui l'ignore et David, le riche et gros de service, son seul "ami", qui ne le comprendra pourtant jamais. Un jour, il vagabonde jusqu'à une ferme abandonnée dans laquelle il va trouver une sorte de journal intime, visiblement ancien, mis à disposition parmi les cendres comme s'il n'attendait que lui...
J'ai profité de ne pas être d'humeur tristoune pour lire un roman de Morgane Caussarieu car s'il y en a bien une qui n'écrit pas des histoires à l'eau de rose, c'est elle ! Son truc, c'est plutôt la sueur, le sperme et bien-sûr, le sang ! Ici, on retrouve l'ambiance de Dans les Veines, moins gore mais tout aussi glauque, dans une espèce de préquel qui permet d'en savoir un peu plus sur l'historique d'un des personnages et pas n'importe lequel, j'ai nommé le ptit (mais ô combien tordu) Gabriel.
La recette étant la même, j'ai retrouvé les mêmes sensations que pour son prédécesseur : un peu de grimace mais beaucoup d'addiction ! Avec un début du style "j'suis pas sûre d'avoir envie de lire ce bouquin maintenant" qui s'est vite transformé en un "Allez encore un chapitre et j'arrête." Cette fois, on passe clairement plus de temps en Nouvelle Orléans, son bayou, sa moiteur, ses esclaves, ces blancs becs dépravés... En tant que fan de vampires qui se respecte, j'adore la Nouvelle Orléans et on sent que c'est également le cas de Morgane. Le style étant très immersif, on a vraiment l'impression d'y être et d'être témoins de ces actes nullement catholiques. De quoi mieux comprendre le caractère assez particulier de notre bout'chou sanguinaire ! Je m'étais déjà attachée à lui (incroyable mais vrai) et j'ai par conséquent trouvé cela très intéressant de connaître son vécu mais Poil de Carotte a aussi son lot de choupitude malsaine, on a vraiment envie de le prendre sous son aile pour lui dire que tout ira bien même si on sait que ce n'est pas vrai.
Bref, un roman haut en couleur (rouge, évidemment) qui peut se lire indépendamment de Dans les Veines (mais c'est quand même mieux de le lire après) qui est capable de créer moult émotions, de la plus agréable à la plus dérangeante. Si vous aimez Poppy Z. Brite et que vous ne connaissez pas encore Morgane Caussarieu, je vous prie de foncer.
Poil de carotte, un gamin qui vit dans un petit village de campagne, est le souffre-douleur de ses camarades. Alors qu'il rêve d'intégrer la bande du petit "caïd" de l'école, Timmy, il va tomber un jour sur un carnet étrange qui a tout du journal intime. Et pour cause, ce petit journal relate la - courte - vie d'humain de Gabriel, le jeune vampire sadique de Dans les veines...
Ça faisait un petit bout de temps que je voulais sortir de ma pile à lire ce roman-là, sans que je trouve le temps de le faire. C'est enfin chose faite et j'ai renoué avec l'univers de Morgane Caussarieu: violent, malsain, à ne pas mettre entre toutes les mains, bref ce qui s'annonce être un régal.
Et donc, on revient ici sur le personnage de Gabriel, le gamin-vampire, jaloux et complètement flippant du premier roman de l'auteure. On découvre ses derniers moments en tant qu'humain dans les bayous, à la Nouvelle-Orléans, à l'époque où l'on colonise ce nouveau monde avec en prime le commerce triangulaire. On assiste également à la transformation de Gabriel en vampire. Mais tout cela ne va pas se dérouler dans le plus grand des calmes : Gabriel va vivre un calvaire, à la limite du supportable, car encore une fois les vampires n'ont pas le monopole de la monstruosité, les humains sont eux aussi des monstres dans leurs domaines respectifs... (Gabriel en devient presque attachant. Presque.)
J'ai dévoré Je suis ton ombre en une soirée, tellement on se retrouve vite transporté dans l'univers immersif de Morgane, on s'y croirait, surtout dans les bayous. La chaleur, l'humidité, les bestioles qui grouillent, les vêtements qui collent à la peau... C'est toujours un plaisir, rien que pour cette immersion, de lire les récits de cette auteure.
Encore une fois, j'en ressors ravie et j'ai très très envie de sortir de ma PàL Vampires et Bayous pour pouvoir continuer sur cette lancée !
Sans prendre de pincette, le récit nous met directement face à la violence, celle des cours d'école, des parents meurtris par la vie, des rapports de classe sociale,... En fait tout ce que l'on pourrait classer dans la violence ordinaire d'une communauté qui lutte au quotidien pour sa survie.
La mise en rapport de deux histoires décalées dans le temps et dans l'espace est maîtrisé et plutot bien réussi. Je regrette juste le raccourci, pour ne pas dire l'ellipse narrative pris par l'auteur pour faire en sorte que les 2 histoires se rejoignent et le medium utilisé (un sorte de journal intime) me paraît trop mince et trop fragile pour former un pont solide entre les 2 histoires mais je dirai quand même que ça le fait. Il s'agit plus là d'une appréciation personnelle plus que d'un manque dans le récit.
Face à cette violence, l'auteure ne fait pas dans le détail ou plutôt si, elle fait dans le détail, dans le sanglant, le "gore" mais ce n'est pas dérangeant ni à lire ni par rapport au récit. Alors que, dans son premier roman, j'avais trouvé certaines scènes d'une violence un peu gratuite, ici tout se tient et chaque scène est à sa place. Leur coté explicite nous empêche de fermer les yeux et de passer outre cette violence qui est tout sauf un accessoire du récit, je dirai même qu'elle en est le personnage principal.
La fin nous piège autant qu'elle ne piège Poil de Carotte et nous demande presque une relecture à froid des évènements pour trouver qui finalement cherche qui dans ce jeu de cache-cache spatio-temporel.
Une lecture chaude comme le sang qui coule et intense comme un poing dans le visage que je recommande aux amateurs de vampire mais aussi à tout qui voudrait regarder la cour de récréation autrement que comme le monde des bisounours!
Excellent récit sur les vampires et les enfances gâchées. Je le recommande à tous ceux qui cherchent un roman sans concessions a propos de ces creatures. On reconnait l'influence d'anne rice avant qu'elle ne parte en vrille.
Quand Poil de Carotte rencontre les vampires de Morgane Caussarieu et sa fascination pour les bayous, voici le résultat : Je suis ton ombre, une lecture aussi dérangeante que remuante une fois de plus.
Autrice de ma région, Morgane Caussarieu est également une autrice de ma génération qui a le même imaginaire que moi, alors quand comme dans Dans tes veines, elle décide de se frotter au mythe du vampire pour lui donner une nouvelle incarnation, ses références me parlent totalement.
Avec Je suis ton ombre, elle pénètre peut-être encore plus loin dans le malaise déjà sombrement et poétiquement avancé avec son roman précédent. Ce fut donc une lecture à la limite de l’insoutenable, avec des moments extrêmement durs, presque crus, où la violence exercée sur le corps et l’âme des enfants m’a déchirée le coeur. Le héros de notre histoire est un gosse en CM2 qui vient de vivre un terrible drame familial, et qui, bercé par la poussière de ce petit village girondin enclavé dans lequel il vit, va se retrouver pris dans un terrible engrenage avec un esprit bien décidé à profiter de lui.
Maltraité par la bande du caïd de l’école, copain avec le petit gros dont personne ne veut, quasi esclave domestique d’un père qui lui reproche le drame survenu, notre Poil de Carotte n’a rien pour le sortir du marasme de sa vie. C’est alors qu’il tombe sur un mystérieux écrit et qu’un étrange garçon, Gabriel, vient le hanter. Frère de l’auteur du manuscrit, celui-ci va tout faire pour l’entraîner dans son monde avec ces faux airs de vampire sombre, malaisant, dangereux, un peu à la Buffy si on lui enlève le glamour ou à la Entretien avec un vampire puisque l’autrice nous raconte ainsi comment Gabriel en est devenu un et accrochez-vous !
Au programme attention : maltraitance, viols, meurtres, deuil impossible. L’autrice ne nous épargne rien. Elle plonge littéralement son héros peu à peu dans la folie. Elle lui rappelle des actes ignobles et le fait participer à d’autres qui le sont tout autant. Heureusement que le roman est court car il toucha vraiment les limites de ce qui soutenable pour moi. Et pourtant, qu’est-ce que j’ai aimé cette noirceur pour décrire le drame original de nos deux héros et leurs relations si singulières avec leur jumeau, car c’est là la clé de l’histoire : les relations gémellaires.
Le récit est ainsi un étrange mélange d’addiction et de repoussoir. Un page-turner car nous n’arrêtons pas de vouloir savoir ce qu’a fait Poil de Carotte, ce qui est arrivé à Gabriel et son frère, jusqu’où ira la bande de Timmy. Et un repoussoir, car l’autrice va très loin dans ses choix, peut-être un peu trop d’ailleurs rendant difficile la suspension de crédibilité dont il faut faire preuve. Certes, j’ai apprécié cet univers de petit village avec une ambiance presque consanguine, où les adultes sont plutôt nuls et les enfants dérangeants, mais je trouve aussi l’ensemble très très excessif. Autant la violence décrite dans le récit du passé des jumeaux dans les bayous avec un propriétaire d’esclaves, je peux l’entendre, même si elle va loin, jusqu’au freaks pour moi, autant celle du présent, j’ai du mal à y croire tellement elle est brutale, sans concession et libre de tout droit.
Elle m’a cependant complètement conquise avec son écriture si âpre des personnages et l’ambiance posée au fil des pages de ce double récit à Temple et dans la campagne de la Nouvelle Orléans. Ce sont des personnalités marquantes, brutes, dérangeantes, pleines de failles et de couardises, de déchirures et de blessures. J’ai autant aimé détester les adultes que j’ai été touchée par ces enfants victimes devenant bourreaux à leur tour mais ne sachant faire autrement. J’aime qu’on ose aller contre cette image trop souvent idéalisée de l’enfant et qu’on nous bouscule.
Je ressors donc en me disant une nouvelle fois que Morgane Caussarieu a décidément quelque chose pour décrire si puissamment les violences faites aux enfants, mais plus remuée que d’habitude et avec le sentiment d’un texte moins maîtrisé, peut-être plus brutal et brut. J’aime sa vision sale du vampirisme. J’aime sa manière crue de dénoncer ces violences. J’aime et partage sa fascination pour les Bayous. Mais le texte demanderait peut-être un petit retravail comme Dans tes veines pour le hausser au niveau de ce qu’elle fait de nos jours.
Ma chronique complète: https://ombrebones.wordpress.com/2018... Rythmé, cruel, d’une noirceur exquise, Je suis ton ombre oscille entre une ambiance bayou et celle du sud-ouest perdu de la France pour rendre un roman affreusement humain, poisseux, crasseux et oppressant. On y retrouve d’ailleurs Gabriel avec un réel plaisir. Mention pour ceux qui ont lu Dans les veines: on apprend tout du passé de ce personnage que j’avais adoré et franchement, je ne l’en aime que plus. J’en suis toujours à me demander pourquoi mais c’est aussi ça, la marque des grands auteurs: créer des personnages horribles auxquels on s’attache. Puis cette fin… Dingue. Juste dingue. Coup de cœur absolu ♥ Je vous le recommande très chaudement, mais je le répète, il n’est pas à mettre entre toutes les mains.
C'était incroyablement glauque, malsain, dérangeant, violent... C'est voulu bien sûr, et réussi. Mais un peu raide pour ma sensibilité. J'ai adoré tout ce qui concerne les vampires à La Nouvelle Orléans, et la façon dont le personnage principal est hanté... moins tout ce qui touche aux violences trop réelles et atroces à lire. Je ne le conseillerais qu'aux personnes ayant le cœur très accroché, amateurs de ce genre d'histoire. TW violence s**uelle et p**ophilie.
Tremble pauvre lecteur! Tu veux du vampire, du Bayou, frissonner. Avec en toile de fond, la vie d’un pauv’ gosse de campagne française. Une intrigue horrifiante qui remue les émotions!
Cette histoire est assez malsaine, complètement barrée ! J'ai lu ce roman d'une traite, stressée et tendue jusqu'à la fin ! Le pauvre personnage principal se fait balader dans sa vie, c'est horrible...
Je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire, à écouter la voix de ce petit garçon... je n'ai pas trouvé sa façon de s'exprimer crédible... Dommage!