C'est la version poétique d'un mur Facebook d'une boomer. La preuve: elle ne cite que des faits très connus qui pourraient paraitre dans les typiques pages "Le saviez-vous?". Elle cite les groues origami japonaises, le kintsugi japonais, la Grande Vague de Kanagawa de Hokusai, le kolam indien etc. en les abordant d'une façon si superficielle et pleine de préjugés qu'il faudrait lui interdire de faire des comparaisons.
Il y a d'autres figures de style, aussi!
Par exemple, le "livre dans le livre" à la deuxième personne singulière! Ça s'appelle une apostrophe, et ça ne s'utilise pas comme ça! C'est lourd! Toi, Emma, Ô, Emma! J'ai le gros malheur de m'appeler Emma de plus. Ou la troisième personne singulière du dernier chapitre, trop fière de sa performance qu'elle s'éloge malgré être sortie de soi grammaticalement.
Le père, Julien, qui "aime tellement son enfant" et qui la force a sortir de la routine malgré son évident autisme, et fait comme si rien n'était quand elle a une crise et sa femme Madeleine doit tout arranger. Il pousse sa famille à bout parce qu'il doit suivre sa passion très unique pour le jardinage.
L'intrigue est donc cassé par cette histoire malheureuse, et quel intrigue! Elle parle d'un voyage en bus (comme les pauvres, mais elle ne l'est pas, elle est juste à l'attente d'un virement, et donc elle peut se permettre de critiquer les conditions de voyage), et souvenons-nous que le voyage signifie découverte de soi, épanouissement. Comme quand elle approche des inconnus qui ont oublié la clé de l'hotel et elle s'échappe en croyant qu'ils veulent l'agresser. Comme quand elle cite la culture italienne comme si c'était juste des anecdotes qui lui rappellent les vraies expériences de vie, les siennes.
Ce "livre" arrive à décrire parfaitement la malveillance des touristes français d'un certain âge, et l'exotisme avec lequel ils abordent les autres cultures.
La protagoniste utilise son entourage comme un miroir pour observer vainement son âme qui ne peut écrire sur la mort sans tuer toute poésie.