Cutuk Hawley est né et grandi dans le nord de l’Alaska, dans un igloo au beau milieu du territoire inuit. Avec sa famille, ils sont les seuls blancs à vivre selon les règles traditionnelles, ce qui n’est pas du goût de chacun. Dans le froid polaire, Cutuk a appris à chasser, pêcher, troquer. Il sait le chant du loup, argenté ou ordinaire, la valeur de sa fourrure ; il sait conduire un traineau tiré par des chiens, s’abriter du blizzard, sécher le caribou, parler l’inupiak. Pourtant, il est l’intrus, "l’Eskimo blanc." Quand il quitte les vastes étendues blanches pour la ville, c’est le choc. "Partout, des mots. Des mots clignotants. Pas besoin de déchiffrer la rivière, la neige, la glace ou les traces – la ville, c’était le sens propre ; il suffisait de lire les panneaux pour la déchiffrer." Tout ce qu’il a appris est à rebours, inutile. Il est aussi étranger aux blancs qu’il l’a été pour les Inuits. Dans une langue à la beauté violente des paysages de l’Arctique, Seth Kantner nous met dans les traces d’un héros qui cherche sa place, coincé entre deux mondes qui changent.
Enroulez-vous dans un plaid bien chaud ! Seth Kantner vous emmène dans le froid polaire du nord de l’Alaska, où vivent le petit Cutuk Hawley et sa sœur Iris, dans les années 70. Leur mère est partie depuis bien longtemps pour rejoindre la civilisation tandis leur père Abe ne quitterait la toundra pour rien au monde. Il peint des loups, fabrique des meubles et chasse caribous et orignaux. La vie s’écoule au gré des saisons dans cette nature hostile et sauvage où grandit Cutuk. Avec son père, il se rend au village de Takunak deux ou trois fois par hiver pour vendre les tableaux et les meubles d’Abe, se ravitailler en produits de première nécessité. L’auteur, qui a vécu en ces lieux, nous offre un nature-writing dans lequel on croit presque entendre le crissement de la neige, les glapissements et les cris des loups et des chiens à travers le froid mordant de la toundra. J’ai apprécié l’écriture de Seth Kantner et les descriptions à couper le souffle des paysages de cet Alaska sauvage, reculé, désertique. On découvre traditions et mode de vie de cette famille à l’écart de la civilisation, ses valeurs et les difficultés rencontrées. Ce roman offre également une réflexion sur les défis environnementaux et la difficulté de concilier avec le monde moderne un mode de vie traditionnel proche de la nature. J’ai apprécié l’écriture et le style de Seth Kantner, toutefois je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Ce sont peut-être les longues descriptions qui m’ont perdue. Je remercie Netgalley et les éditions Buchet Chastel pour la découverte de ce roman et de son auteur. #NetGalleyFrance #Desloupsordinaires