Une approche très personnelle de la grossesse, et plus généralement de la vie d’une femme « un peu spéciale ». Des passages un peu délirants, la transformation de son monde, l’enfant, les difficultés d’être désirée aussi.
Joli extrait de poésie (Honoré d’Urfé), que je ne suis pas sûr de comprendre :
« Pour faire en elle quelque effet, Ne sais-tu qu'en la cendre naît, Le Phénix qui meurt en la flamme ?
Le Phénix de la cendre sort, Parce qu'en la flamme il est mort. L'absence en amour est mortelle,
Si la présence n'a rien pu, Jamais par le froid n'est rompu, Le glaçon qu'un feu ne dégèle. »
Quelques passages forts sur le corps d’une femme-vachette :
« J'étais une vachette qui avait mis bas. De la béance qui s'était ouverte, tout être semblait pouvoir s'écouler. Non seulement mon veau, mais tout le reste, et moi-même. J'avais le sentiment de glisser lentement, vis-queuse, de ce gouffre, comme d'une colique où se mélangeaient nos selles, nos urines, le placenta, mon sang, sa chair, le lait. Comme un gouffre aspirant, logé entre mes cuisses, venu me vider, laissant mon ventre mou, mes pattes maigres, moi débile, titubante autour de cette aspiration que j'étais impuissante à refermer. En moi plus rien ne semblait plus pouvoir se refermer. Moi Vachette ayant mis bas, j'étais cette poitrine explosée, ce gouffre glissant entre mes jambes, cette vulve énorme. Elle m'était apparue pour la première fois dans la salle de bains, à l'hôpital, quelques heures après avoir mis bas. J'avançais, posant un sabot, puis l'autre, lente, sur le sol glissant, laissant couler derrière moi un peu de sang et de pisse brûlante, quand j'aperçus, dans la glace, sous deux auréoles brunies et tannées, sous deux rocs blancs, tendus et bosselés, sous le ventre mou, l'énormité de mon sexe. Une grande ecchymose siégeait entre mes cuisses, et mon sexe rouge me souriait comme une cicatrice orgueilleuse et démunie. »
« Je demeurais Vachette. Je promenais un ventre gros, mou, sans chaleur, et des mamelles douloureuses. J'avais un grand trou, pas du tout là où on peut l'imaginer. Ce n'était pas dans mon ventre. Le trou s'était creusé un peu plus bas. Un grand tube, entre mes cuisses, douloureux et débile. Vagin, anus, urètre, un grand vide. Être, n'être, plus qu'un grand tube : naître. J'étais une vachette qui avait mis bas. »
Je l’ai lu parce que là 4e de couverture m’a fait rire ce qui était jamais arrivé. J’ai bien aimé les métaphores sur la vache mais un peu longuet à la fin et les conv avec le psy incompréhensible. A relire dans 10ans je pense mais intéressant pour comprendre le point de vu d’une femme enceinte. Morale du livre : évitez de comparer une femme enceinte à une grosse vache ça se fait pas trop trop.