Sous le soleil éclatant du Mexique, entre baignades et flâneries, Aurel, anti-héros, est prié de ne surtout pas se mêler d'enquête. Il est censé se détendre, et cela lui réussit plutôt bien. Ce roman nous offre ainsi un agréable moment de lecture "cosy", baigné de lumière et de la manière dont Aurel s'amuse à Acapulco - il est décidément original, cet homme.
Mais derrière cette façade ensoleillée se cache un monde bien plus sombre. Car Aurel a été envoyé à Acapulco, ville gangrenée par le narcotrafic et dominée par une mafia d'une cruauté glaçante. Pourtant, il semble ne pas s'en soucier le moins du monde, poursuivant ses plaisirs avec insouciance, et leur donnant la priorité absolue.
Cependant, d'autres s'intéressent à la disparition inquiétante d'une jeune fille. Tandis qu'Aurel s'épanouit dans sa vie de détente, l'enquête progresse sans lui… jusqu'à ce qu'il se retrouve malgré lui empêtré dans cet univers menaçant. Ce glissement progressif dans l'intrigue offre au lecteur une plongée inattendue dans les coulisses d'une ville où se croisent trafic de drogue, cruauté, politique corrompue et diplomatie trouble.
Le roman, très réaliste, prend parfois un tour un peu trop documentaire : certaines descriptions évoquent des extraits de guide touristique, ce qui peut donner une impression de longueur ou de relâchement narratif. Mais d'un autre côté, cette précision contribue aussi à ancrer le récit dans le réel. On découvre Acapulco de l'intérieur : ses hôtels, ses tensions, ses ambivalences.
Aurel, personnage maladroit et attachant, semble tout droit sorti d'une bande dessinée. On le visualise aisément dans ses mimiques et ses maladresses. Il amuse, il détend, il offre au lecteur de quoi sourire, même quand le décor devient inquiétant.
Un roman qui fait voyager, sourire, et réfléchir un peu — pourtant assez lent, certes, mais avec une vraie atmosphère de détente et un héros attachant.