Peut-on faire de l’érotisme une force politique écologique ? C’est le pari de ce livre dans lequel Myriam Bahaffou critique la réduction du plaisir à un objet de consommation et de conquête, auquel elle oppose une éropolitique collective, décoloniale, antispéciste et queer. Loin de l’injonction à l’épanouissement individuel et des fantasmes de l’amour libre, l’éropolitique s’affirme comme une ouverture vertigineuse sur le monde. À travers la critique du consentement, l’exploration de pratiques dissidentes (l’écosexualité, le BDSM) ou plus populaires (le jeûne, la danse), l’autrice réhabilite les corps minorisés, défend une hyperféminité féministe et plaide pour un désir frondeur et avant tout déviant. Dans cet essai tant jubilatoire que rigoureux, pédés d’hier et chiennes d’aujourd’hui, sociologues et travailleur•euses du sexe, philosophes et twerkeuses dialoguent pour nous montrer combien la puissance désirante des individus et des groupes est le moteur de toute action révolutionnaire.
Pas encore lu mais le podcast dans Folie douce est top !
le capitalisme : on manque quoi qu'il arrive les choses sont marchandisés.
questionner nos rapports à la domination :
qu'est-ce qu'on aime dans le fait de commander sur Uber eat ? Le fait que quelqu'un a cuisiné pour moi et me l'a apporté ? De jouir de mon privilège, d'avoir plus acquérir grâce à de l'argent d'une corvée/travail Reconnaître qu'on jouit de la domination au quotidien, à partir de moment on achète quelque chose on est addict à la domination. Jouissance de la compulsion, de la possession.
l'idée qu'on annexe quelque chose,
nous sommes des êtres désirants, que tout le désir que je ressens, d'être dans un corps qui doit être désirable, on est constamment en question
lien avec l'écologie : être amoureux avec le vivant
dans le désir : il y a un lien sujet objet, on désire quelque chose. On est pas dans un rapport d'égalité dans le désir. Or dans le rapport amoureux on peut l'être.
Parallèle avec la traite du sucre : la traite des corps noirs pour produire et d l'autre côté de l'Atlantique, de créer un désir de sucre pour les blancs. Lien avec la connaissance et les addictions. On vit dans un monde capitaliste, on a grandi dedans et on ne peut pas en sortir aussi facilement.
Savoir, avoir la connaissance de notre addiction (le sucre, la possession d'objet, voyager) alors même qu'on sait que c'est mauvais pour notre santé, pour l'environnement, on n'arrive pas à s'en défaire. On se complaît dans une forme d'acceptation de la domination, car on en jouit également, étant privilégié. Je peux mettre ce passage en lien avec le livre de Manon Garcia, est-ce qu'on nait soumise, où elle explique également pourquoi dans une certaine mesure on peut expliquer pourquoi les femmes acceptent, ou plutôt consentent à la soumission. Car on jouit d'une certaine façon d'être soumise, de ne pas être responsable, et qu'on risque de perdre beaucoup. C'est mesurer le coût/bénéfice de nous sortir de cette position, et les femmes ont plus à perdre de se libérer que les hommes. De la même façon, tout le monde a à perdre si on refuse de jouir de nos rapports de domination, de nos privilèges, de notre confort. Si on refuse nos privilèges, on perd par exemple en tant que blanc le privilège d'avoir un travail peut être plus facilement, un appartement dans Paris, de ne pas être être suspecté par la police ou par la sécurité en sortant d'un magasin, de ne pas bien faire son travail car on ne risque pas d'être viré pour la moindre faute. De la même façon, si on veut préserver la planète, cela demande de nombreux sacrifices, moins voyager, de ne pas avoir des plats préparés instantanément.
Mais comment remettre la jouissance dans nos espaces de lutte, pour que cela redevienne stylé ? qu'est-ce qui me fait sentir vivante mais qui décale des chemins de l'humanisme ? d'autres formes de dialogue (animales,...)
Nous sommes plusieurs choses, la preuve avec la petite voix qui elle-même se contredit constamment. Non nous n'avons pas des contradictions, nous sommes une multiplicité. La politique nous contraint à choisir une identité, or elle devrait au contraire nous faire aspirer à reconnaître que nous sommes cette multiplicité de choses. C'est exactement le but du fascisme, de nous faire croire que nous sommes qu'une identité, une seul homme, et qu'il n'y a que cette identité définie qui vaut la peine d'être vécue. être queer c'est reconnaître sa multiplicité de personne.
Réinjecter de la relationalité dans nos vies.
Mais attention, si oui le confort économique nous permet de réfléchir à ces questions, cela n'est pas la condition unique de notre créativité.
Le véritable problème il me semble aujourd'hui est d'être constamment dans l'urgence, notre cerveau est déprogrammé pour l'attente, toute attente nous est insupportable. Nous désirons tout, tout de suite. A manger, un message, un service, un rendez-vous chez le coiffeur, le métro, le corps de l'autre. Nous ne sommes plus habitués à vivre lentement. Nous n'arrivons plus à prendre le temps de cuisiner, à faire mijoter son repas des heures pour avoir plus de goûts. Nous n'arrivons plus à imaginer le fait que nous puissions prendre des jours pour aller à l'autre bout de la planète, et c'est encore moins envisageable de prendre une dizaine d'heure pour aller à l'autre bout de l'Europe. Ca se reflète également dans notre capacité à comprendre. Cela nous est aujourd'hui pas possible de ne pas comprendre tout tout de suite. Or, dans la compréhension de sujets complexes, le cerveau doit mûrir, y réfléchir et y revenir plus tard pour véritablement comprendre.
Je pense qu'il y a aussi quelque chose à creuser sur nos rapports amoureux. Peut-être que le fait de vouloir tout tout de suite explique que nous abandonnons à la moindre difficulté, au moindre doute. Si lors du premier date nous pensons que la personne n'est pas l'amour de notre vie, où même qu'on ne développera pas de sentiments amoureux, la relation ne vaut pas la peine d'être vécue. De la même façon, lorsqu'un couple a des doutes, sur son futur, qu'on ne se "projette pas ensemble", cela ne vaut pas le coup d'être vécu. Pourtant c'est ce qu'explique Vuctoire Tuaillon et Chloé Barreau, chaque relation nous apporte quelque chose, et on grandit, on évolue et on apprend à aimer.
L'amour n'est pas éternel ou du moins ne nous projetons pas comme s'il l'était. Mensonge à nous même et une forme d'arrogance de croire qu'une personne sacrifierait tout pour nous alors qu'on sait pas ce que nous allons désirer dans 10 ans ? Cette injonction à un amour éternel est une construction et une injonction du capitalisme. On serait là pour planifier, pour prévoir, pour produire, pour construire un schéma familial. La tragédie de l'hétérosexualité c'est la constante projection vers le futur. Mais de ne pas penser à ce qui se passe maintenant. de se demander si cette personne répondre à cette condition dans 10 ans ? or elle ne peut pas répondre à nos attentes car elle-même est incapable de nous certifier qu'elle sera de la façon qu'on souhaite dans ces prochaines années. Revalorisons le risque. Ayons des projets tout en sachant que nous nous mentons dans la projection de ce projet. Comme pour la fidélité (Chloé Barreau), mentons nous à nous même en se promettant fidélité. Car il faut y croire, sinon la relation de couple n'est pas tenable, car nous vivrions constamment dans la sécurité. Mais nous voulons laisser l'autre libre, et pour cela nous acceptons que la personne nous mente quand elle nous promet fidélité. Car nous savons qu'elle est libre de rencontrer quelqu'un d'autre et d'aimer une autre personne.
L'amour et nos projets politiques ne sont pas là pour nous rassurer mais pour nous bousculer. L'horizon de la sécurité n'est pas un horizon suffisant. Dans le livre les hommes quo m'expliquent la vie, l'autrice aussi démontre que ce sont les ténèbres, le noir, l'inconnu du futur qui est rassurant. Le désespoir c'est de croire que l'avenir ne peut être meilleur, là où l'espoir c'est une forme d'inconnu, où on pense que nous avons encore un rôle, une capacité d'action. Toutes nos actions ne sont pas vaines, même si on ne voit pas de résultat. Car on ne peut pas prédire quelles seront les conséquences plus ou moins lointaines de chacun de nos compbats, la résonnance de nos paroles sur quelle personne. Comme nous ne savons pas qui nous allons marquer. Tout le monde a déjà fait l'expérience de se souvenir de quelqu'un qui ne se souvient absolument pas de nous. Mais une personne qui en soit n'a rien fait de particulier. Mais qui nous a souri à un moment inattendu, qui nous a dit une parole qui a été accepté et écouté au moment où on était prête à l'entendre. Ce qui me vient à l'esprit à l'instant T, c'est les mots d'une mamie, lors d'un atelier de cuisine de la mairie du 5 pour les étudiants, où elle a simplement dit que tout ce que nous apprenons, sans la transmission n'a aucun intérêt. Et je l'avais déjà sûrement pensé, mais de comprendre que ce que j'apprends, non ce n'est pas juste pour moi, c'est pour ensuite le partager aux autres.
ce que j’ai retenu de ce livre (liste non exhaustive de trucs dont je veux me souvenir) : - il existe un "communisme de luxe" (mise en pratique du luxe communal) - aimer Bateman (American Psycho) est fasciste - le fascisme peut prendre racine dans la frustration sexuelle imposé par le modèle social fasciste (selon W. Reich) - selon Joan Nestle (<3), transformer notre jalousie envers d’autres fems en désir est le moyen de lutter contre les injonctions patriarcales - les politiques sécuritaires du trauma sont politiquement dangereuses car absolues e (et ne permettent pas la nuance) - hédonisme (plaisir et bonheur sont rendus équivalents) et utilitarisme (recherche du plaisir, évitement de la douleur) sont liés et cela rend contre intuitif et dissident les pratiques sexuelles alternatives comme le BDSM - un couple américano-russe a classé le monde en 2 catégories : les mycophiles (pays orientaux) et les mycophobes (pays occidentaux) ; ce qui, pour Lévi-Strauss, est politique = les peuples mycophiles ont systématiquement des caractéristiques révolutionnaires - le twerk est né d'une forme de hip hop dans le sud des USA autour des 90s
Banger juste un peu compliqué à lire mais hyper libérateur et validant 💃💃💃 Après avoir fini vraiment pour moi ce livre c’est une mine d’or de référence sur pleins de sujets divers j’suis fan de cette meuf 🧚♀️🧚♀️