Agathe est en colère, contre ses collègues, contre cet homme qui se racle la gorge, contre ce conseiller en team building qui l’accueille ce matin. Agathe est une grenade qui vient d’exploser et dont les fragments vont déchiqueter cette journée de violence, jusqu’à ce que l’une de ses pulsions devienne étrangement réelle et ouvre la voie à la possibilité de la vengeance.
Dans ce premier roman dévoré par la chair, Élisa Bories dépeint une fugue urbaine empreinte de révolte qui fait naître, par sa colère universelle, une nouvelle mythologie de guerrières salariées en lutte contre l’oppression de la société sur l’individu.
Habité par un souffle puissant et porté par une ardeur contagieuse, À la guerre est un roman explosif, pétri de rage et de sororité.
D’abord j’ai été décontenancée par le ton hyper-violent imagé et cynique de la narratrice qui est une grosse boule de colère (elle nous a fait un chapitre entier sur un mec qui se racle la gorge dans la rue, pareil sur des tripes et leur symbolique - que je suis pas sure d’avoir comprise d’ailleurs)
Et ensuite la rencontre avec Lucie : le début de qqchose de grand
La narratrice, le personnage principal, s’appelle Agathe. En rencontrant Lucie et en apprenant son histoire elle devient vengeresse, veut tuer ceux qui lui ont fait du mal
Et je veux pas spoiler donc je dis rien MAIS Le destin d’Agathe a bcp à voir avec le destin de la vraie Agathe, Sainte-Agathe, la martyre, qui représente tout ce que la narratrice dénonce.
M’appelant moi même Agathe vous comprendrez, chères amies, que cette référence m’a beaucoup touchée Et toute la fin du livre qui se base sur le mythe de Sainte Agathe et sa féminité m’a presque tiré les larmes
Je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture franchement...
Je pense que les trente dernières pages sont vraiment le point fort du livre. La guerre ici ce sont de multiples actes de vengeance sur la domestication des femmes. La guerre (vengeance) est très violente, elle fait des victimes mais elle a un côté satisfaisant et elle est nécessaire. Le build up pour arriver à cette conclusion avait beaucoup de potentiel mais plus je lisais plus j'étais agacée.
Au début du roman Agathe est une femme fatiguée du monde corporate et des hommes qui le dirigent mais comme beaucoup d'entre nous elle n'ose se rebeller que par des petits actes difficilement répréhensibles. Elle est présenté comme relativement éveillée/woke notamment parce qu'elle s'inquiète du tourisme de masse. Agathe est la parfaite illustration de la whitefem, woke mais pas trop, féministe mais que quand ça la touche elle directement et on nous le montre dans la scène où elle voit cette femme tzigane sans abris à la sortie du métro. Au lieu d'éprouver de l'empathie, elle voit directement cette femme comme une espèce de sorcière clairvoyante sur qui projeter ses envies de vengeance sur les hommes du monde corporate.
Quand Agathe rencontre Lucie c'est la première fois où elle veut véritablement diriger son féminisme vers une autre femme qu'elle, pour aider, pour venger. Ce changement significatif chez Agathe tombe complètement à plat pour moi puisque le roman se termine dans un espace presque mystique où Agathe retrouve Céleste, la vieille femme qu'elle a rencontré plus tôt. Je sais l'idée d'associer l'idée de sororité entre femmes à une ambiance magique presque occulte c'est très populaire depuis quelques années mais c'est vraiment très maladroit et de mauvais goût.
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En fait je comprends le principe, je pense que j’ai aimé le début quand elle se rend compte de sa rage. le milieu est très dur à suivre, j’avais l’impression que ça allait un peu trop dans tous les sens, même si le but de se découvrir et de découvrir ce qui nous anime, ça va dans tous les sens. j’ai bien aimé l’aspect poétique de la deuxième partie, mais vraiment je me suis perdue plusieurs fois. mais la fin est tout simplement magique. « te venger de ta domestication » c’est une merveilleuse façon de voir son féminisme. lecture un peu compliquée mais qui fait réfléchir
C'était une expérience, pas forcément agréable... Pourtant je suis amatrice d'art contemporain donc les trucs perchés j'ai l'habitude mais là c'était trop. La tirade sur les tripes pendant tout un chapitre, vraiment pourquoi ?! Les références au sexe tous les quatre matins ? Je m'attendais à un livre parlant d'une femme saoulée du monde corporate, en soit c'est ce que c'est mais je m'attendais pas à cette forme assez deroutante et compliqué à suivre.