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Dernier bateau pour l'Amérique

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On a bien failli le rater, ce bateau de la dernière chance. On nous a prévenues à 6 heures du matin que le Serpa Pinto avait enfin accosté au vieux port. Nous avons rassemblé nos affaires à la hâte et nous sommes parties avec les valises et les paquets à travers les rues sinueuses de Marseille, soufflant, trébuchant, courant comme des poules sans tête. Les passants nous regardaient ébahis. Moi je craignais qu’on se trompe de direction. J’ai découvert le navire en deux temps. D’abord l’odeur de la fumée. Puis en arrivant sur le quai, l’immense coque noire et les trois cheminées rouges alignées. Il était sur le point de larguer les amarres. Valia a crié : « Attendez-nous ! » Anvers, 10 mai 1940. Pianiste prodige, Germaine Schamisso s’apprête à fêter ses dix ans au moment où les Allemands envahissent la Belgique. Benjamine d’une famille d’émigrés juifs russes, elle fuit avec les siens. Bruxelles, aujourd’hui. Karine Lambert apprend la mort de Germaine, sa mère, qu’elle n’a pas vue depuis vingt ans. Surgit alors chez la romancière le désir de comprendre qui était cette femme qui ne lui a jamais dit qu’elle l’aimait. Ni avec ses mains, ni avec ses yeux, ni avec ses mots. Encore moins avec ses baisers. Au fil des mois, son enquête la conduit d'Odessa à Anvers, de Marseille à Ellis Island, de New York à Bruxelles. Elle découvre le tumultueux destin de ses ancêtres, leurs déchirures, leurs secrets enfouis. La vie que sa mère ne lui a pas racontée, elle décide de l’imaginer. Dans une narration virtuose entre les lieux et les époques, Karine Lambert livre son roman le plus personnel.

368 pages, Paperback

Published March 13, 2025

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About the author

Karine Lambert

34 books19 followers
Karine Lambert est une photographe belge. Ses clichés sont de minuscules instants essentiels : éclats de rire, de sensualité, de fragilité, de vérité. Dévoreuse de livres, elle a toujours rêvé de partager sa passion pour les mots. D’une façon ou d’une autre, avec des images ou des phrases, elle raconte ce qui la touche.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes a remporté en 2014 le Prix Saga Café qui couronne le meilleur premier roman belge. Il est également en cours de traduction en plusieurs langues étrangères.

Karine habite Bruxelles.

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108 reviews
June 29, 2024
6 juin 2024
Roman captivant, émouvant, à la fois roman historique et récit autobiographique. Le style de Karine Lambert, délicat et évocateur, permet de plonger dans l'époque et les émotions des personnages. Des moments de grande intensité, des témoignages de la capacité humaine à surmonter les épreuves. Le plaisir aussi d’imaginer l’auteur écrire tout ça à quelques rues de chez moi ! Merci pour l’évocation de la très belle Generaal Capiaumonstraat à Antwerpen, du tram 92, le 308 de l’avenue Brugmann, le cimetière du Verrewinkel, Ellis Island, Haven Avenue, très haut dans Manhattan, le 37 de la rue Bosquet à Saint-Gilles, les sinistres caves des 347 et 453 de l’avenue Louise
« Dernier bateau pour l’Amérique ». Karine Lambert. La Belle Étoile. 2024

« On a bien failli le rater, ce bateau de la dernière chance. On nous a prévenues à 6 heures du matin que le Serpa Pinto avait enfin accosté au vieux port. Nous avons rassemblé nos affaires à la hâte et nous sommes parties avec les valises et les paquets à travers les rues sinueuses De Marseille, soufflant, trébuchant, courant comme des poules sans tête. Les passants nous regardaient ébahis. Moi je craignais qu'on se trompe de direction. J'ai découvert le navire en deux temps. D'abord l'odeur de la fumée. Puis en arrivant sur le quai, l'immense coque noire et les trois cheminées rouges alignées. Il était sur le point de larguer les amarres. Valia a crié : Attendez-nous ! »
Anvers, 10 mai 1940. Pianiste prodige, Germaine Schamisso s'apprête à fêter ses dix ans au moment où les Allemands envahissent la Belgique. Benjamine d'une famille d'émigrés juifs russes, elle fuit avec les siens.
Bruxelles, aujourd'hui. Karine Lambert apprend la mort de Germaine, sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis vingt ans. Surgit alors chez la romancière le désir de comprendre qui était cette femme qui ne lui a jamais dit qu'elle l'aimait. Ni avec ses mains, ni avec ses yeux, ni avec ses mots. Encore moins avec ses baisers. Au fil des mois, son enquête la conduit d'Odessa à Anvers, De Marseille à Ellis Island, de New York à Bruxelles. Elle découvre le tumultueux destin de ses ancêtres, leurs déchirures, leurs secrets enfouis. La vie que sa mère ne lui a pas racontée, elle décide de l'imaginer.
Profile Image for Lecturedudimanche.
346 reviews22 followers
March 15, 2025
Karine Lambert nous livre une histoire familiale personnelle, mêlant passé retracé et instants de vie, souvenirs et réflexions. C’est à la fois passionnant et touchant. J’ai adoré ce livre du début à la fin.

L’autrice mène l’enquête et se plonge dans la généalogie de sa famille : en remontant le temps, elle cherche à apprendre à connaitre sa mère, qui ne l’a jamais aimée comme telle.

Germaine était une pianiste prodige et, le jour de ses 10 ans, les Allemands débarquent chez eux, signant le début d’une histoire familiale marquée de drames et de secrets cachés. D’Odessa à Anvers, de Marseille à Ellis Island ou encore de New York à Bruxelles, l’autrice suit la trace de sa famille.

Avec une plume sensible et douce, ce récit autobiographique nous embarque pour un voyage passionnant. Entre passé et présent, entre moments historiques marquants et instants de vie émouvants, ce livre m’a beaucoup touchée. On ne reste pas insensible à ce récit.
Profile Image for Alice Alexandre.
677 reviews6 followers
Read
March 12, 2025
J’ai découvert Karine Lambert grâce à @revesdelivres, il y a déjà quelques années (pas trop non plus, n’exagérons pas), qui m’avait alors offert ℒ’𝒾𝓂𝓂𝑒𝓊𝒷𝓁𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒻𝑒𝓂𝓂𝑒𝓈 𝓆𝓊𝒾 𝑜𝓃𝓉 𝓇𝑒𝓃𝑜𝓃𝒸é 𝒶𝓊𝓍 𝒽𝑜𝓂𝓂𝑒𝓈. Puis, j’ai enchaîné de mon propre chef avec ℰ𝒽 𝒷𝒾𝑒𝓃 𝒹𝒶𝓃𝓈𝑜𝓃𝓈 𝓂𝒶𝒾𝓃𝓉𝑒𝓃𝒶𝓃𝓉 ! et 𝒯𝑜𝓊𝓉𝑒𝓈 𝓁𝑒𝓈 𝒸𝑜𝓊𝓁𝑒𝓊𝓇𝓈 𝒹𝑒 𝓁𝒶 𝓃𝓊𝒾𝓉. Bon, à moins d’être maso, il est évident que ce que j’ai lu m’a plu.

En dépit des thèmes abordés, les romans de l’autrice sont comme des bonbons que l’on laisse fondre sur la langue pour faire durer le plaisir. Avec ce roman, Karine Lambert nous embarque dans un récit différent de ce à quoi elle nous a habitués, nous offrant un texte beaucoup plus personnel, intimiste. Si, comme nous le dit l’autrice, elle modèle ses personnages en les infusant de ce et de celle qu’elle est derrière ses mots, ici elle se dévoile, sans artifice, sans se cacher derrière les personnages qu’elle crée et les histoires qu’elle invente, au risque d’en choquer certains.

Suite au décès de Germaine, sa mère, qu’elle n’a pas vue depuis une vingtaine d’années, Karine Lambert décide de mettre de côté son projet d’écriture en cours pour écrire, non pas à celle qui lui a donné la vie, mais sur celle qui ne lui a jamais dit ni prouvé qu’elle l’aimait. Elle cherche alors à saisir ce qui a fait de sa mère cette femme dénuée de toute affection maternelle, qui ne vivait que pour son mari, s’accrochant à lui comme une moule à son rocher.

À partir de quelques photos, de bribes de souvenirs et de remarques indélébiles, de coups de fil et de recherches effectuées par-ci par-là, Karine Lambert remonte le fil de l’histoire de ses aïeux qui ont fui la Russie puis, plus tard, la Belgique, le jour des 10 ans de sa mère. En somme, elle s’interroge sur celle que fut sa mère mais aussi et surtout sur sa propre existence, et ce avec un seul objectif : comprendre. Aux questions restées sans réponse, elle apporte les explications et les détails fournis par son imagination.

Au fur et à mesure que le récit se tisse et que l’imaginaire comble les trous, Karine Lambert quitte le passé pour revenir au présent, en partageant avec nous la réalité, la sienne, son processus d’écriture, ses rencontres. Et même si, à certains moments, ces passages qui nous plongent dans son incapacité à aligner les mots pour décrire la réalité tout en la récrivant m’ont semblé longs, ils participent toutefois à son affliction et ne la montre que plus authentique à nos yeux.

Bref, un roman bouleversant et d’une indicible beauté dans lequel l’autrice jongle à merveille entre réalité et imagination, d’autant plus émouvant qu’à aucun moment Karine Lambert ne tente d’honorer la mémoire de sa mère, bien qu’elle lui rende hommage d’une manière incidente, ni de se réconcilier avec celle qui n’est plus, si ce n’est avec elle-même.

Êtes-vous prêts à monter à bord de ce dernier bateau ? Suivez la musique…

https://www.instagram.com/aliceintheo...
Profile Image for Kimysmile.
1,011 reviews34 followers
March 20, 2024
Je suis sortie de ma zone de confort en me plongeant dans un roman contemporain. Et de temps en temps, il est bon de changer un peu ses habitudes. Je me suis tellement attachée à Karine, l'autrice, qui est le personnage principal de son propre roman. Au décès de sa mère (qui n'en avait que le titre), elle s'est mise en quête de comprendre. Comprendre qui elle était, de son parcours de petite fille à celui de femme et de mère. La quête de ses origines, c'est tenter d'assembler les pièces manquantes, pour parvenir à faire le deuil, boucler la boucle et espérer pouvoir vivre avec de façon plus sereine. 🥺⠀

Anvers, 10 mai 1940. Pianiste prodige, Germaine Schamisso s’apprête à fêter ses dix ans au moment où les Allemands envahissent la Belgique. Benjamine d’une famille d’émigrés juifs russes, elle fuit avec les siens. Bruxelles, aujourd’hui. Karine Lambert apprend la mort de Germaine, sa mère, qu’elle n’a pas vue depuis 20 ans. Surgit alors chez la romancière le désir de comprendre qui était cette femme qui ne lui a jamais dit qu’elle l’aimait...⠀

On est dans une narration passé/présent qui nous fait tourner les pages. Au fil de l'enquête de Karine, nous découvrons Germaine, sa mère, entre ses souhaits, ses doutes et sa vie portée par la Guerre et ses conséquences. Si j'ai aimé suivre son cheminement, j'avoue que c'est surtout celui de l'autrice qui m'a totalement bouleversée. Ce manque d'une mère, la manière dont elle s'est construite en tant que femme, cette rancœur sous-jacente qui a rongé des moments clefs et des instants heureux. On sent le côté thérapeutique derrière cette histoire, cette mise en abyme si bien menée et nous menant vers une quête du pardon, pour peut-être également se retrouver soi...⠀

Un très beau roman, une histoire qui a su profondément me toucher. 🥹⠀
Profile Image for Les Lectures de No.
539 reviews3 followers
June 27, 2024
Je remercie NetGalley France et aux éditions La Belle Etoile pour la découverte du dernier roman de Karine Lambert.

L'auteure nous livre ici un roman autobiographique alternant passé et présent.

Au fil des pages, Karine Lambert nous livre son cheminement dans l'enquête sur la découverte des origines de sa mère, cette femme qui l'a très souvent délaissée et peu aimée. Pour cela, elle joue entre ses recherches, mais aussi des passages complets du point de vue de sa mère en mêlant vérité avec les réponses qu'elle a eues, mais aussi fiction pour compléter son récit.

Personnellement, alors que je suis friande de ce type de roman, j'ai, ici, été perdue par cette alternance non démarquée, mais surtout le changement de rythme entre les deux époques. Pourquoi ? Il faut dire que les parties sur l'histoire de Germaine m'ont complètement happée et je les dévorais. Au contraire, les parties actuelles du roman ont été longues pour la plupart et régulièrement, je décrochais.

Vous l'aurez compris, ce roman me laisse un sentiment mitigé où le passé m'a conquis, mais je l'ai moins été par l'enquête menée au présent. Il se peut que ce soit simplement dû au fait que ce roman est autobiographique et que j'ai du mal avec ce type de romans. Néanmoins, je ne pense pas que ce soit dû au côté du roman mêlé dans le roman, car, dans les parties au présent, on suit le roman qu'écrit l'auteure sur cette histoire. Malgré tout, ce roman reste une belle lecture et il m'a une nouvelle fois montré que la guerre ne nous laisse pas indemne.
Profile Image for Lucie.
33 reviews
May 21, 2025
Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, ni à éprouver de la compassion, pourtant ce livre correspondait sur tous les plans au type de livre que j’aime habituellement. Je ne sais pas si c’est dû à la froideur de Germaine/jenny et si c’était volontaire de la part de l’auteur mais en tout cas si c’était volontaire… ça fonctionne !
10 reviews
July 26, 2025
Pov d’une grand mère qui raconte l’histoire de sa maman issue d’une famille russe juive qui fui la Belgique avec sa famille et va vivre aux usa. Intéressant sur l’étude des liens familiaux sœurs/mere, quelques longueurs mais fin agréables
170 reviews
January 11, 2026
Excellent ! Entre autobiographie et roman, ce livre vous embarque dans l'histoire familiale de l'auteure de façon passionnante. L'écriture est fluide. Je le recommande vivement !
55 reviews
May 5, 2026
Gentil roman mélangeant plusieurs vies. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,143 reviews47 followers
June 23, 2024
Karine Lambert nous propose son roman le plus personnel, une enquête pour comprendre ses racines et l'origine du manque d'amour maternel mais aussi un fabuleux voyage à travers le temps et l'espace, émotions garanties. ♥

Au décès de sa mère qu’elle n’avait pas vu depuis plus de 20 ans, Karine a reçu un message de Viviane, sa cousine d’Amérique dont elle n’avait plus de nouvelles depuis un demi-siècle. Ce message l’a bouleversée et elle s’est questionnée sur la notion de famille, pourquoi sa mère, Germaine Schamisso avait coupé tout lien avec celle-ci, pourquoi sa mère n’avait jamais témoigné pour elle le moindre geste d’amour ? Pourquoi sa mère avait-elle dédié sa vie pour plaire à son mari ? Elle qui était une pianiste virtuose, une femme en quête de liberté ?

La narration est originale et émouvante. En alternance, l’autrice nous raconte l’évolution de son enquête, les maigres éléments en sa possession mais aussi ses sentiments et émotions à l’écriture, ses doutes, ses peurs et la nécessité de savoir. D’autre part, le roman prend le dessus et l’on découvre qui était Germaine Schamisso, une petite pianiste prodige qui allait fêter ses 10 ans à Anvers le 10 mai 40, jour où tout bascula, le début de la guerre. Issue d’une famille d’émigrés juifs russes, commence pour elle un nouvel exil, un long voyage vers le Sud de la France, New York, Anvers en passant par la fabuleuse Julliard’s School , Carnegie Hall où Germaine donna un concert à l’âge de 15 ans.

On découvre la famille, la fuite contre le nazisme, un nouveau départ, des peurs, des craintes mais le plus fort est ce sentiment d’espoir, de liberté.

La plume de Karine Lambert est magnifique, bouleversante, c’est une raconteuse d’histoire née, beaucoup d’émotions ressenties à la lecture. L’écriture est belle, pudique, juste. J’ai vraiment été emportée par cette histoire, le sentiment de l’avoir vécue, d’avoir accompagné Germaine et Karine durant la lecture.

Lisez ce livre, il est magnifique.



Coup de ♥


Les jolies phrases



Ma mère est morte il y a un mois.
Je ne suis pas allée à son enterrement.
Vingt ans que je ne l'avais pas vue.
Elle ne m'avait jamais dit qu'elle m'aimait.
Ni avec ses mains, ni avec ses yeux, ni avec ses mots.
Encore moins avec ses baisers.

Pour l'instant tout va bien, mais le malheur traversé ne protège pas d'un nouveau malheur.

Un elle écrit. Un je murmuré.
En elle, je pèse chaque mot, je nuance. En je, je me laisse aller.

Être juive, c'est ainsi. On n'a plus rien, on est nu, on a froid, on est seule.

Juive. C'était un mot vie. Vide de savoir, de sens, de liens. Ma mère a manqué à cela aussi. Partager la richesse de ses origines. Je commence à percevoir le paradoxe. Faire partie de la grande famille, c'est à la fois bénéficier d'un terreau fertile et devenir une cible.

Pour raconter leur histoire, je ne dispose que d'ombres, parfois d'un peu de lumière.

Elles ont un point commun, les trois soeurs. L'urgence de vivre pour compenser leur jeunesse volée. Briller leur prenait tellement d'énergie qu'il ne restait pas de place à ces femmes pour être mère.

Pour les sortir de l'oubli, , je suis sourcier, paratonnerre, éponge. J'essaye d'être authentique. J'essaye de réduire au mieux l'écart entre légende et vérité. Je tente de dater avec précision les événements. J'explore les silences, j'appréhende les secrets. Le reste, je peux, je dois le fantasmer. Si je ne trouve pas de réponse factuelle à mes interrogations, je privilégie la dramaturgie de l'histoire.

Je ne connais rien qui puisse autant me raccrocher à la vie que l'écriture. C'est aussi fort que d'être amoureuse. Chaque livre est une nouvelle histoire d'amour. Je pensais que celle-ci n'en était pas une.

Pour moi, Juif, cela signifie la terreur, l'horreur, le malheur. J'ai déjà quitté un pays à cause de toi, ma carrière de l'autre côté de l'Atlantique à cause de toi. Je ne suis plus le paquet que vous déplacez à votre guise. Je n'irai pas en Israël, je n'irai pas à New York, je n'irai plus où tu veux. Mon mari deviendra mon continent.

Si l'on avait été deux, le silence n'aurait pas pris toute la place. On aurait terrassé le chagrin et l'indifférence. Je ne peux m'empêcher de penser que cela aurait tout changé.

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