Nicolas est le « petit nouveau » de l’orchestre, le seul de troisième secondaire à avoir été admis dans les rangs de cette harmonie exclusivement constituée de finissants. Depuis qu’il en fait partie, il peut compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où il a ouvert la bouche. Mais ses pensées, elles, s’emballent à vitesse grand V. Que fera-t-il après le secondaire? Quel puissant secret de l’univers se cache sous la jupe des filles? Et qui est cette Cynthia dont l’absence plane sur le groupe comme une ombre? Nicolas et les autres passeront la fin de semaine à Sherbrooke afin de participer à la plus prestigieuse compétition de la province. Ils y affronteront entre autres les musiciens d’une école privée de Montréal, réputés imbattables. Mais Nicolas s’intéresse moins à la compétition qu’au décolleté de Joanie ou de Mélissa et aux niaiseries du « fameux trio », les trois trompettistes qui règnent en maîtres sur l’orchestre. Il a beau n’être qu’une recrue, il a vite compris qu’en leur compagnie, tout peut arriver. Jean-François Aubé traduit avec justesse et sans gants blancs les débordements de l’adolescence. L’éveil du désir, aussi impérieux qu’intrigant, côtoie les inquiétudes face à un monde qui, de catastrophe naturelle en scandale sexuel, n’augure rien de bon.
L’histoire suit Nicolas, qui vient d’intégrer l’orchestre de son école. Plus jeune que tous les autres musiciens, il découvre rapidement que l’orchestre ne se limite pas à la musique : c’est tout un monde de finissants, de filles et de tentations qui s’ouvre à lui.
Avec ce premier roman destiné aux adolescents, Aubé s’adresse particulièrement à un jeune public masculin. L’univers rappelle celui des comédies à la American Pie, mais sans les comportements problématiques envers les femmes. C’est juste assez irrévérencieux et délirant pour séduire les jeunes lecteurs qui peinent à trouver des livres en phase avec leur état d’esprit. Blagues immatures, sous-entendus érotiques et bouillonnement hormonal ponctuent chaque chapitre. La puérilité glorifiée du récit se traduit par des techniques de french maladroites et des cœurs qui s’emballent devant un décolleté. Bref, c’est une lecture qui résonnera particulièrement auprès de ceux qui vivent cette étape où le corps grandit plus vite que la tête.
La musique, moteur de l’intrigue, se révèle à double tranchant. En plaçant Nicolas au cœur d’un orchestre classique, Aubé insuffle une passion certes hermétique, mais qui devient rapidement contagieuse. Les œuvres qui jalonnent les expériences des personnages accompagnent leurs émois et leurs découvertes. Ce choix d’un univers musical classique, plutôt que contemporain, s’avère d’ailleurs judicieux, ajoutant une profondeur inattendue au récit.
Tout ce qui déborde mérite sa place dans les bibliothèques, surtout pour attirer vers la lecture les garçons en début d’adolescence. Ils y trouveront une littérature qui leur parle, qui les comprend — et, surtout, qui leur ressemble.
Je me casse toujours un peu la tête quand je dois raconter un récit qui, comme celui-ci, pourrait tant parler aux ados qu’aux adultes. Un livre « entre deux chaises », qui n’a pas de parti pris et ose. En fait, Tout ce qui déborde est un vrai livre « pour grands ados », ce qui fait que le langage est cru, que certaines scènes peuvent créer un inconfort, mais qu’il parle aussi avec réalisme de cette période un peu folle de l’adolescence où, notamment chez les garçons, les hormones font la fête. Ici, la lectrice féminine en moi a parfois été ébranlée par des descriptions, des regards appuyés. L’angle est très masculin. Et je pense que si j’ai été si déstabilisée c’est entre autres parce qu’on voit très peu ce genre d’angle affirmé en littérature pour ados. En plus, c’est habile : Jean-François Aubé a une écriture visuelle et une plume poétique, si bien qu’il raconte les corps en en faisant des parallèles avec la musique de façon surprenante… et fascinante.
Et l’histoire alors ? Le cadre est riche, avec cette bande d’ados partis à Sherbrooke une fin de semaine, ce qui veut dire un concours de musique et sa compétition, oui, mais aussi une nuit entière passée dans des chambres d’hôtel. Et ça vire bien sûr un peu en chaos, il fallait s’y attendre, mais il y a des moments suspendus au fil de la soirée et de la nuit, des confidences inattendues, des secrets qui se révèlent, des approches parfois désespérées aussi. C’est à la fois bruyant et doux, mais dans tous les cas, très juste, notamment dans la représentation des adolescent·es et dans leur association à leur instrument.
Bref, c’est différent, étonnant. À mettre entre les mains des musicien·nes, mais pas que.
Tout ce qui déborde de Jean-François Aubé est un livre qui se laisse lire facilement, mais avec lequel je n'ai malheureusement pas connecté. Bien que l'histoire regorge d'événements, il m'a été difficile de m'attacher à quoi que ce soit. J'avais choisi ce livre parce que je suis moi-même musicienne et que j'ai participé au concours de musique de Sherbrooke, mais je ne me suis pas retrouvée dans l'histoire. Le style d'écriture, bien que soigné, m'a parfois laissée sur ma faim. J'avais l'impression qu'il manquait une certaine profondeur émotionnelle, ce qui m'a laissée en quête de réponses et d'explications en cours de lecture. Le résumé m’avait fait espérer une intrigue mystérieuse liée à Cynthia, mais cela ne s'est pas concrétisé. Le personnage de Joanie, tout comme l’ensemble de l’intrigue, manquait d’ambiance et de mystère. Malgré tout, le livre reste agréable à lire, même si ce n’était pas une expérience marquante pour moi.
Une ode sans fioritures à l’adolescence et ses grands chamboulements. Tout s’imbriquent que ce soit la trame narrative, la trame sonore qui nous accompagne ainsi que les événements qui éclabousse l’adolescence jusqu’à déborder dans la majorité…
Pour avoir vécue et jouer lors d’un Festival des harmonies de Sherbrooke adolescente, j’ai trouvé que ça reflétait bien la faune qu’on y retrouve. Une fin de semaine où tout peut changer, qui rapproche et qui éloigne. Fracassant pour l’ado qui a soif de découvrir et de connexion.
Mature et différent de ce qu’on lit habituellement malgré les thèmes récurrents abordés. Je suggère fortement!
Dès le départ, on plonge au cœur de l’univers de Nicolas, qui passe plus de temps dans sa tête qu’ailleurs. La plume poétique de l’auteur est mise en valeur dans cette histoire au cœur de l’adolescence. Je l’ai lu d’un trait.