j'ai vraiment énormément aimé certaines choses, le travail de l'atmosphère, la caractérisation de Fauvel que je trouve super réussie, sa relation avec Mado et avec Mitch, la figure de Julien, les dialogues (je trouve ça tjr un peu meh quand il y a un choix de ne pas mettre de tirets ou de guillemets sans que ça n'ait vraiment de valeur ajoutée genre c'est un peu exercice de style à mes yeux mais pourquoi pas, les dialogues en soi sont bons et ça participe d'une impression d'étrangeté donc je prends !), en revanche vrmt eu bcp de mal avec certains effets de rupture purement littéraires que j'imagine délibérés mais que je n'en trouve pas moins maladroits, voire très ratés, genre, désolée mais "Fauvel sent tous ses organes migrer momentanément vers son cul" c'est une phrase tellement mauvaise, surtout à l'aune du reste du livre où l'on peut piocher un peu partout de magnifiques fulgurances, et genre, c'est tellement décevant pourquoi avoir laissé ça ? depuis quand "cul" c'est un mot subversif ???? c'est d'autant plus décevant que précisément l'autrice sait être subversive à TELLEMENT d'autres endroits que genre... pourquoi... idem "sphincter sibyllin" je suis désolée il faut pas c'est pas brillant c'est pas grinçant c'est juste gênant et enfin le clou de la Garonne :
"le regard bre-som et fou"
le regard
bre-som et fou.
expression employée dans un moment de forte tension, où on est confronté à un personnage qui nous fait vachement flipper, sauf que ben "le regard bre-som et fou" happens et à moi à ce moment-là c'est fini le personnage est revenu un mot et la menace un saut à la ligne. fini. et ça me frustre tant, la plume de l'autrice est capable de tellement mieux que je ne comprends pas ce qui est tenté dans ces moments-là, et surtout, ça casse complètement ce qui fait l'essentiel de l'intérêt du roman : son atmosphère, sa tension. genre désolée mais moi quand je lis "il avait le regard bre-som et fou" je peux plus croire au livre il me faut vingt pages pour parvenir à nouveau à suspendre ma crédulité et me laisser entraîner par les personnages. je blâme pas l'autrice au fond je préfère mille fois qqn qui tente des choses même si ces choses me laissent démantibulée de non-conviction que qqn de flemmard qui se complait dans du préchauffé. clairement là on est sur un roman qui propose et invente et provoque et met le feu aux poudres, et j'adore j'adore ça, je suis très contente de l'avoir lu même si je regrette, dans le fond, que le travail éditorial n'ait pas été plus poussé, qu'on n'ait pas équilibré le contraste entre le corps du roman, onirique mais down to earth, et la fin qui bascule dans un truc complètement mystique auquel, encore une fois, je suis pas réfractaire par principe, mais que je trouve juste très brusque et pas forcément bien amené. et ça pour le coup, comme dit, je blâme pas l'autrice mais plutôt l'équipe éditoriale, il me semble qu'avec quelques modulations et ajouts de transition ça aurait pu être vraiment une dinguerie