Au début des années 1980, pour échapper à l’étroitesse de son appartement, une enfantexplore avec curiosité ce qui l’entoure : son quartier, l’école au bout de la rue,et l’usine aux trois cheminées, où son père travaille. L’enfant habite rue du Passage, au cœur d’une communauté d’habitants venus de l’autre côté de la Méditerranée. Pour la guider dans cet immense terrain de jeu, elle s’est mis en tête de trouver son ange-gardien : serait-ce le passeur de cassettes, qui fait transiter des enregistrements audio d’un continent à l’autre ? La doseuse d’épices, cette diva capricieuse ? Ou la caftanière, dont le talent de couturière rachète la mauvaise réputation ? Au fil des aventures joyeuses de l’enfant, ces métiers précieux, et d’autres encore, sont pour la première fois nommés, et racontés. Car sinon, qui s’en souviendra ? Dans ce récit saisissant, à la puissance évocatrice, Fatima Ouassak restitue un monde resté aux marges de l’Histoire et de la sociologie : la classe ouvrière immigrée. Rue du Passage célèbre ces passeurs et passeuses, dont le travail a permis aux exilés de faire communauté, de survivre et de transmettre savoirset résistance.
Fatima Ouassak is a French essayist, speaker, public policy consultant, and environmentalist, feminist and anti-racist activist of Moroccan origin. She is co-founder of the Front de Mères collective, a parents’ union in working-class neighborhoods. Her book La puissance des méres (The Power of Mothers) received the Prix de l’essai féministe Causette in 2021. Pour une écologie pirate, et nous serons libres was originally published by Editions La Découverte in 2023.
“tant que les lions n’auront pas leurs propres histoires, les histoires de chasse ne peuvent que chanter la gloire du chasseur”
une tres belle ode à la communauté mais surtout aux personnes issues de l’immigration qui n’ont pas eu d’autres choix que de créer cette communauté pour survivre
j’ai beaucoup aimé la plume de fatima ouassak même si je pense que la forme du livre m’a un peu perturbée (enfin je sais pas, le récit n’est pas continu, chaque chapitre est un nouveau bon dans le temps) et c’est pour ça que c’est plutôt un 3.75 qu’un 4 étoiles même si j’ai ADORÉ l’épilogue
Rue du passage est un livre qui retrace l'histoire de n'importe quel quartier populaire de France. Un microcosme, au sein de notre société, constitué d'une classe ouvrière immigrée marginalisée. Venant d'ici et de là-bas, de France et de l'autre côté de la Méditerranée, c'est un brassage culturel et générationnel riche en savoir-faire que nous décrit Fatima Ouassak.
Au sein de cette rue du passage, on suit le personnage de Salima, une jeune fille curieuse et espiègle, qui explore son quartier comme un terrain de jeu. Au rythme des chapitres, on y découvre la richesse, la solidarité et la singularité des personnages qui transmettent des pratiques importées de leur pays d'origine comme la caftanière, celle qui produit de manière artisanale des caftans, ces longues et élégantes tuniques portées lors d'événements importants ; la doseuse d'épice maîtrisant à la perfection cet art d'assaisonner les plats pour y trouver un équilibre harmonieux ; le passeur de cassettes, celui qui, dans les années 80, transmettait les indispensables bonnes et mauvaises nouvelles entre les familles restées au pays et les habitants de la rue du passage.
Ma rue du passage, à moi, elle se trouve dans le quartier d'Aligre, au sein du 12ème arrondissement de Paris. Petite, mon père travaillait dans le célèbre marché et je l'accompagnais régulièrement pour me rendre dans des pâtisseries orientales, manger des cornes de gazelles dont je ne me lassais jamais, boire un thé à la menthe bien sucré, acheter tout un tas de dattes et de fruits secs dans des magasins exotiques, pour finir dans un " taxiphone " pour appeler au pays grâce à des cartes prépayées. Petite, c'était un lieu qui me faisait voyager sans traverser de frontières, rien qu'en entendant le darija marocain parlé par mon père et ses amis, une langue qui m'a toujours été familière bien qu'on ne la parlait pas à la maison.
Court roman évoquant la vie d’un quartier dans les années 80’ dont la majorité des habitants sont issus de l’immigration. On vit leurs histoires à travers le regard d’une enfant espiègle, Salima qui parcoure les rues de son royaume à la recherche de son ange gardien, qui s’avèrera être sa communauté. Des bribes de vie entre la doseuse d’épice, la mosquée, le passeur de cassettes en passant par la caftanière. C’est écrit comme un conte narré à hauteur d’yeux d’une petite fille ( elle perçoit l’Iman comme un rossignol et son père OS comme un oiseau etc….) J’ai adoré découvrir une autre culture, un autre regard sur cette immigration vue de l’intérieur, c’était souvent doux et touchant. J’ai beaucoup aimé le personnage de Salima et de la caftanière qui sont un peu le lien entre là-bas et ici. J’ai été émue par la mère, déracinée et n’arrivant pas à trouver sa place et cette liberté qu’elle avait au pays et qu’elle n’a plus ici, enfermée entre ses quatre murs et sa vie de mère et d’épouse. On sent beaucoup d’amertume dans la plume de l’auteur, probablement à juste titre, avec l’éternel patron blanc exploiteur, la prof’ raciste, la vile assistance sociale et les riches profiteurs tout comme ce message politique peu engageant qui clôture le roman, ce manque de subtilité m’a un peu gâché le voyage. Il reste ce titre et ce passage de l’enfance à l’adolescence, d’un continent à l’autre et le sourire d’une gamine qui s’accommode des petits riens pour en faire de grandes aventures.
L’histoire est plaisante, bien écrite et fluide à lire. Pourtant, j’aurais du mal à la recommander. Pourquoi ? Parce qu’elle ressemble davantage à un conte pour enfants, ce qui risque de ne pas convenir à tous les lecteurs. Le choix de la narratrice, Salima, une petite fille âgée de 5 à 10 ans entre le début et la fin du livre, joue un rôle clé dans cette impression. Sa vision des événements, souvent candide, apporte des moments amusants et touchants, mais contribue également à infantiliser le récit. Les personnages, chacun exploré dans un chapitre différent, sont hauts en couleurs, renforçant cette atmosphère de conte. On découvre des figures clés de la communauté, comme le passeur de cassette, la caftanière ou la doseuse d’épice. Chaque personnage est d’ailleurs nommé par son métier ou son rôle social et non par son prénom, ce qui renforce encore un peu plus l’image du conte : la mère, la sœur, le rossignol (pour l’imam), ou l’O.S. (ouvrier spécialisé). De plus, bien que le livre aborde des thématiques importantes – la vie en communauté, la perte des racines, l’intégration en France, et la vie dans une cité dans les années 1980 – il n’évoque jamais (ou les effleure) les aspects sombres ou difficiles de ces réalités. Cette absence rend le récit un peu trop édulcoré. En somme, c’est un livre agréable et rapide à lire, mais dont la légèreté ne m’a pas séduit.
"Quand l'enfant est tombé, la nation a blâmé la communauté, et quand l'enfant s'est relevé, elle s'en est attribué le mérite."
Un joli conte qui fait indéniablement écho aux essais publiés de l’autrice. J’ai aimé suivre les aventures de la petite Salima au cours des années 1980, découvrir avec elle ces gens aux métiers extraordinaires, témoigner de la solidarité et de l’amour qui unissent les habitants de la rue du Passage. Fatima Ouassak a véritablement le don de produire des images fortes. De ce fait, c’est avec un sentiment aigre-doux que je referme ce roman, envieuse des jeunes ayant grandi au sein d’une telle communauté.
A travers les yeux de la petite Salima, on découvre la communauté de la rue du Passage, la poésie, la solidarité et les difficultés des immigrants dans les banlieues, qui sont d‘ordinaire dépeints négativement dans les médias. Le portrait des habitants de la rue du Passage est tendre et doux et montre comment ils se façonnent cette nouvelle vie dans une France qui ne répond pas toujours aux attentes de ceux qui ont tout risqué pour l‘atteindre.
Un récit qui retrace le lien souvent abîmé voire perdu avec nos racines - Fatima Ouassak dirait « avec notre terre ». Un récit essentiel pour garder en mémoire ces personnes de passage et cet esprit de communauté qui est toujours autant critiqué même 50 ans plus tard. Comme toujours, du grand Fatima Ouassak.
Doux, beau, tout en couleurs. Une belle peinture de certains travailleurs immigrés dans les années 80, dont on ignore tout de leur profession. Le tout à travers les yeux naïfs et justes d’une enfant de 5 ans 💗
C’était beau de voir la vie dans une communauté ouvrière dans les yeux d’une enfant. Rencontrer différents personnages et personnalités importantes de la communauté qui entourent l’enfant. Dans ces yeux ont voit les choses différemment et ça amène une certaine poésie.
4,5 ⭐️ : Je ne suis pas fan du pov enfant mais ça reste un récit magnifique que je conseille fortement. Il est écrit tout en légèreté mais la dimension politique est plus qu’évidente. Tout l’intérêt, à mon sens, de ce livre réside dans l’épilogue. Merci Fatima Ouassak 🫶🏼