« Depuis toujours nous aimons les dimanches. Depuis toujours nous aimons nous réveiller sans l’horrible sonnerie du matin qui fait chuter nos rêves et les ampute à vif. Depuis toujours nous aimons lanterner, buller, extravaguer dans un parfait insouci du temps. Depuis toujours nous aimons faire niente, ou juste ce qui nous plaît, comme il nous plaît et quand cela nous plaît. »
En réponse aux bien-pensants et aux apologistes exaltés de la valeur travail, Lydie Salvayre invite avec verve et tendresse à s’affranchir de la méchanceté des corvées et des peines.
Une défense joyeuse de l’art de paresser qui possède entre autres vertus celle de nous ouvrir à cette chose merveilleuse autant que redoutable qu’est la pensée.
Lydie Salvayre is a French writer. Born in the south of France to Republican refugees from the Spanish Civil War, she went on to study medicine in Toulouse and continues to work as a practicing psychiatrist. She has been awarded both the Prix Hermes and the Prix Novembre for her work. She won the Prix Goncourt 2014 for her novel Pas Pleurer.
Un livre bien sympathique et qui fait chaud au coeur par les temps qui courent... Il n'évoque rien de vraiment nouveau, mais il est bon de se remémorer cette petite histoire du travail à travers le regard moqueur et... salvateur (oui, j'ai osé) de son autrice. J'ai eu beaucoup de plaisir à le lire, d'autant que j'y tiens, à mes dimanche, surtout que je travaille le samedi !
Hyper déçue. La 4e de couverture est la plus belle partie de ce livre, ça annonce de si belles choses, particulièrement en termes de réflexion... Mais ça fait flop... Une colère certes mais ensuite ?
Ah que la langue de Lydie Salvayre, si j'osais, est salvatrice ! Toujours au plus proche de la révolte, elle nous pousse avec son nouveau manifeste à la paresse pour nous émanciper des "apologistes-du-travail-des-autres".
Ainsi, en reprenant l'histoire du travail dans sa forme actuelle, Lydie Salvayre constate qu'il existe depuis uniquement deux cents ans. Avant, c'était une activité pour vivre alors qu'elle s'est transformée pour la poursuite du profit et la production de la société marchande au bénéfice d'un nombre restreint d'entre nous. Parallèlement à ce changement, des philosophes, des poètes et des écrivains réfléchissent à un contre-pouvoir avec la paresse.
Trois parties sont construites de façon très classique : l'identification, la dénonciation et les solutions. Ces dernières reprennent largement les travaux de Charles Fourier et évidemment Paul Lafargue avec son Droit à la paresse, Proust, Bertrand Russel, parmi tant d'autres.
Ce n'est absolument pas nouveau mais dans le climat actuel, quel bien cela fait ! En passant par Nietzche et Blaise Pascal et tant d'autres (la liste est dressée à la fin), Lydie Salvayre reprend, à travers cette satire, les réactions littéraires concernant ce changement sociologique. Son humour est du même acabit que sa culture, élevé !
Travail subi !
Malgré ce ton, Lydie Salvayre dénonce le travail non choisi qui fait mal, en citant des exemples. Ainsi, le "nous" de l'écrivaine dénonce l'asservissement actuel du travail en voulant "tayloriser" les tâches comme celles du soin, de l'aide aux personnes, bientôt de l'enseignement, etc. En fait, tous ceux, invisibles, en premières lignes pendant le Covid ! De plus, aux forces de nos gouvernants qui poussent toujours plus au travail, naît lentement une jeunesse qui ne veut plus se réaliser par le travail !
"L'un de nos slogans préférés affirmant que l'on doit : TRAVAILLER MOINS POUR LIRE PLUS."
Le bandeau reprend le slogan Ne travaillez pas, écrit sur un mur parisien, en 1953, par le théoricien du mouvement situationniste Guy Debord et repris en 68 dans les manifestations. Évidemment, rien n'est très neuf dans Depuis toujours, nous aimons les dimanches. Seulement, il semble important d'expliquer que le courant n'appartient pas uniquement à la mouvance actuelle mais fait aussi référence à des mouvements de pensées anciens.
Lydie Salvayre harangue les apologistes-du-travail-des-autres. Pas sûr, qu'ils la lisent ! Mais, qu'importe, puisque ce n'est pas son but ! Pour respirer, pour sourire, pour calmer sa colère, ce petit traité de rébellion tranquille et ironique est à découvrir ! Chronique Illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Lydie Salvayre nous propose un pamphlet autour de la paresse des dimanches et donc, nécessairement, contre le travail. Son style est très oral, mordant, impétueux, souvent acerbe, parfois vindicatif, quelques fois vulgaire (à dessein). Ce qui m'a paru rafraîchissant dans les quarante premières pages a fini par me lasser... Dommage car malgré un découpage hasardeux, le dernier chapitre est bien plus intéressant que les deux premiers, consacrés presque exclusivement aux réflexions (un peu brouillonnes, même si bien écrites) de l'autrice qui semble "en avoir gros". Le troisième chapitre, plus sérieux et érudit, liste une foule de références dans des domaines aussi variés que les Lettres, la philosophie, le management et même la psychanalyse. Malheureusement, je ne pense pas me souvenir des principes et personnalités citées dans le dernier tiers tant le premier a fini par m'agacer... Oui, agacée par la condescendance qui suinte malgré les couches de "rebel-attitude" et de bienveillance étalées à gros traits. L'autrice a beau apostropher son lectorat à tout bout de champs, prendre à parti les "apologistes-du-travail-des-autres", j'ai surtout eu l'impression qu'elle dénigrait la fameuse "valeur travail" pour des raisons totalement bourgeoises (et beaucoup trop LFI-caviar à mon goût...). Bref, vite lu, je n'en garderai pas un souvenir très positif. S'il n'avait été l'objet d'une lecture commune, je l'aurai probablement abandonné malgré son tout petit format.
C’est un livre très court, à la fois ode à la paresse et pamphlet contre les apôtres du travail.
J’ai particulièrement aimé cette idée du ralentissement : laisser les choses arriver d’elles-mêmes, permettre aux corps de se reposer, aux idées de surgir dans la rêverie, prendre le temps d’observer, d’aimer, de manger, de goûter aux plaisirs simples — bref, tout ce qui allège l’esprit et apaise les soucis.
En filigrane, le texte esquisse une autre définition du travail. Il dresse un portrait féroce du travail tel qu’il est aujourd’hui : aliénant, abrutissant, usant, empêchant de penser. Mais il laisse entrevoir une autre voie — celle d’une activité portée par la passion, qui mériterait peut-être un autre mot que celui, trop usé, de “travail”.
Le livre est mordant, intelligent, nourri de références, et souvent drôle. J’ai moins aimé certains passages plus vindicatifs, où la critique des patrons ou du système m’a semblé trop appuyée et manquer de nuance. Ces moments m’ont ennuyée, au point que j’ai parfois sauté quelques pages.
Mais cela reste une lecture stimulante, qui invite à réfléchir autrement à ce que nous faisons de nos vies et à ce que pourrait être une existence vécue autrement que sous le joug du “travail”.
Dans ce délicieux essai anarcho-jouissif, Lydie prend la parole pour revendiquer le droit à la paresse pour toutes et tous. Une paresse créative ! Elle invite à repenser le monde économique de ces Messieurs-les-apologistes-du-travail-des-autres et à la célébration du niente.
C’est très court, poétique, drôle et terriblement vivant.
Et en plus… ma foi… à bien la lire… voilà qui pourrait faire penser !
Dans ce très court essai, Lydie Salvayre s'attaque avec humour et provocation aux "apologistes-du-travail-des-autres". Elle fait l'éloge de la paresse et de la lecture. Il ne s'agit cependant pas d'un livre exhaustif sur la société capitaliste et ce n'est pas son objectif.
Je n'ai qu'un mot à dire : Savoureux! Ce coup de gueule malicieux et cultivé m'a particulièrement ravie malgré une réalité bien sombre pour les travailleurs, dans une société déconnectée de l'humain.
Lu jusqu'au chapitre 1, le nombre d'étoile n'est alors qu'indicatif. Je n'ai pas réussi à poursuivre ma lecture. Il faut aimer le ton, les expressions familières qui montre la révolte de l'autrice dans ce roman.
"que fous-je de ma vie ?" (p.78) une belle apologie du chill comme acte politique dommage qu'elle ne cite que des vieux hommes morts occidentaux en ref mais bon