Une ode à la paresse, entre humour et pamphlet
C’est un livre très court, à la fois ode à la paresse et pamphlet contre les apôtres du travail.
J’ai particulièrement aimé cette idée du ralentissement : laisser les choses arriver d’elles-mêmes, permettre aux corps de se reposer, aux idées de surgir dans la rêverie, prendre le temps d’observer, d’aimer, de manger, de goûter aux plaisirs simples — bref, tout ce qui allège l’esprit et apaise les soucis.
En filigrane, le texte esquisse une autre définition du travail. Il dresse un portrait féroce du travail tel qu’il est aujourd’hui : aliénant, abrutissant, usant, empêchant de penser. Mais il laisse entrevoir une autre voie — celle d’une activité portée par la passion, qui mériterait peut-être un autre mot que celui, trop usé, de “travail”.
Le livre est mordant, intelligent, nourri de références, et souvent drôle. J’ai moins aimé certains passages plus vindicatifs, où la critique des patrons ou du système m’a semblé trop appuyée et manquer de nuance. Ces moments m’ont ennuyée, au point que j’ai parfois sauté quelques pages.
Mais cela reste une lecture stimulante, qui invite à réfléchir autrement à ce que nous faisons de nos vies et à ce que pourrait être une existence vécue autrement que sous le joug du “travail”.