Saviez-vous que certaines lézardes s’accouplent entre femelles et se reproduisent sans mâle ? Que le poisson-clown peut, après avoir changé de sexe, devenir une femelle dominante ? Que les grenouilles rousses simulent la mort pour esquiver les mâles trop insistants ? Et que les éléphantes d’Asie savent reconnaître la détresse de leurs congénères éplorées et les réconforter ?
Partage des tâches, indépendance, solidarité dans l’adversité, pouvoir et monarchie au féminin, liberté sexuelle… Pour se faire respecter des mâles, défendre leur vie et celle de leurs petits, les femelles ont inventé des stratégies stupéfiantes que la science découvre peu à peu, et qui parfois peuvent nous inspirer...
Après L’Animal médecin et L’Animal parent, treize spécialistes des intelligences animales nous racontent dans ce nouveau livre coordonné par Yolaine de La Bigne la puissance inouïe de ces dames hyènes, gorilles, juments, insectes ou oiseaux qui décident de leur vie.
Ont contribué à cet ouvrage : Loïc Bollache, Dalila Bovet, Florence Brunois- Pasina, Bruno Corbara, Fabienne Delfour, Cécile Gilbert-Kawano, Nicolas Gilsoul, Farah Kesri, Nicolas Lainé, François Lasserre, Gérard Leboucher, Raymond Nowak et Cédric Sueur. Journaliste de presse écrite et radio, autrice et conférencière, YOLAINE DE LA BIGNE se consacre aujourd’hui au sujet des intelligences animales à travers son association L’Animal et l’homme, et ses deux événements annuels : les Rencontres des intelligences animales, au château de La Bourbansais, en Bretagne, et la Journée mondiale des intelligences animales, à la Cité des sciences et de l’industrie.
On entend souvent que les rôles genrés traditionnels - entendez monsieur qui rapporte la pitance et madame qui fait la popotte - iraient de soi car ils reflèteraient ce qui se passe dans le monde animal. Bon, déjà, Jean-Kevin, heureusement qu’on ne fait pas tout exactement comme nos amis les animaux, sinon on se baladerait à oualpé et on mangerait nos bébés. Ceci dit, ce n’est pas le seul argument qui vient contrer l’idée d’un “ordre naturel” et les 13 spécialistes qui ont étudié la question apportent d’autres éléments pour démonter ce mythe, notamment en s’appuyant sur des recherches en zoologie et éthologie.
Dans “L’animal féministe”, on apprend notamment que certaines espèces peuvent se reproduire sans l’intervention d’un mâle, que le partage des tâches est la norme chez 80% des oiseaux et que certaines femelles peuvent bloquer l’accouplement de manière mécanique - ne laissant même pas le choix à leur partenaire de comprendre ou pas la notion de consentement ! Saviez-vous que les éléphantes vivent en sociétés matriarcales où l’entraide assure une survie plus longue, que ce soit des petits ou des adultes ? Que chez les abeilles, les reines dégomment leurs concurrentes à peine sorties de leur cocon ? Autant d’exemples qui viennent mettre à mal l’image d’Epinal des douces femelles soumises à un mâle alpha régnant en maitre sur sa meute…
Un ouvrage colletif très instructif mais aussi très dense au niveau des données. Il faut s’accrocher parfois pour bien comprendre les analyses, surtout si on n’est pas familier avec certaines notions scientifiques ! Certains chapitres m’ont captivées tandis que d’autres sont restés trop abstraits pour que je les apprécie à leur juste valeur. Si vous vous sentez d’attaque, cependant, c’est une vraie mine d’informations… Et vous pouvez, comme je l’ai fait pour la première partie, le lire à votre rythme histoire de ne pas faire une indigestion scientifique !
Les chapitres ont été rédigés par des profils très variés. Autant certains sont très pertinents, et très intéressant, autant d'autres... Le livre n'est pas sous la direction d'un profil scientifique et ça se sent. Une lecture très hétérogène (dans les références, la mise en page...) qui je pense aurait pu être mieux qualibrés par la journaliste qui supervisait ce livre. Des sujets étaient aussi assez redondants entre les chapitres (les juments, les lycaons, les baudroies).