« Si je m’étais écoutée, j’aurais suivi ses tournées, attendu des heures devant un stade pour lui hurler mon désir, rencontré d’autres personnes qui l’adulent. Bref, j’aurais voulu être une groupie. »
Pourquoi est-il si difficile d’assumer son amour dévorant pour un chanteur ou un boys band ? Les groupies, comme les fans, admirent, mais elles sont surtout vues comme des folles, nymphomanes et hystériques. Des supportrices de gladiateurs aux swifties et autres fangirls nées avec Internet, en passant par la Lisztomania au XIXe siècle, Sophie Benard montre que les groupies ont toujours existé – et toujours été méprisées. Créatives, drôles et solidaires, elles ont aujourd’hui un véritable pouvoir économique et politique, et exercent sur l’industrie musicale une influence qu’on aurait tort de sous-estimer. En sondant sa carrière manquée de groupie, l’autrice nous plonge dans une réflexion enthousiaste sur cette forme d’admiration féminine et réhabilite celles qui, pour Pamela Des Barres, conduisent « l’art d’être fan dans une dimension supérieure ».
De formation philosophique, Sophie Benard est journaliste et critique littéraire, notamment pour Le Monde des livres. Elle est aussi l’autrice du roman Faire corps (Équateurs, 2024).
Une étude poussée du phénomène des « groupies » qui permet de revaloriser ce groupe qui a été maltraité dans l’imaginaire commun. Elle déconstruit déjà le préjugé de la groupie adolescente et mijaurée, en démontrant toutes les actions et valeurs revendiquées par ce groupe. La dévalorisation des groupies vient de la misogynie assumée de la société patriarcale et du classisme qui divise les formes de cultures. C’est vraiment très intéressant, très accessible, ne se voulant pas élitiste pour un sou c’est très réussi ! Chaque questions que ma lecture me faisait relever, Sophie Benard y répond. Il y a un parti pris évident, avec une mise en avant plus importante des musiciens et grandes stars de pop ou de rock et de leur fan base. Il manquerait peut-être une étude plus poussée du phénomène dans le cinéma ou dans le sport (bien que la comparaison entre groupies et fan de sportifs est bien limpide dqns le texte). Bref c’était vraiment une très bonne lecture qui met un peu de baume au cœur, et qui redore les lauriers de la sororite (et l’importance du groupe) ! 5🩷
Merci à l’autrice de proposer une analyse sociale complète et constructive sur les fandoms et la pop culture dont je fais partie depuis des années. Long live pop culture and fan girls!
un livre qui parle surtout de la nostalgie et de l'amour de l'autrice pour harry styles et ed sheeran, là où j'attendais quelque chose de plus sociologique. on tournait entre 3 fandoms alors que parler de harry potter (et ses fanfics), des conventions/rassemblements ou de l'histoire de la groupie aurait été 100x plus intéressant selon moi. j'attendais plus un livre sur être fan que sur les groupies and that's my problem. après c'était pas mauvais elle se base sur plein d'études mais ça apporte vraiment rien. et elle aurait du se baser sur d'autres choses (ex. acteur•ices/films/œuvres littéraires/series/sportifs????) que uniquement de mecs blancs qui font de la musique
J’ai adoré le titre de ce livre, tellement balzacien, et qui décrit à merveille la vie d’une groupie.
Dans Splendeurs et misères des groupies, Sophie Benard retrace l’histoire de ces figures depuis leurs débuts jusqu’à aujourd’hui, en montrant comment le terme « groupie » a longtemps servi à mépriser celles qui en portaient l’étiquette : des femmes perçues comme hystériques, aux goûts musicaux jugés médiocres, et surtout réduites à une dimension sexuelle.
L’autrice cherche ainsi à réhabiliter cette figure : être groupie, c’est appartenir à une communauté, aller bien au-delà de la simple admiration pour un artiste (qu’il soit musicien, acteur, etc.), et parfois même être à l’origine de véritables changements culturels et sociaux.
Certes, elle construit sa réflexion à partir de son admiration pour One Direction et Ed Sheeran, ce qui peut gêner les lecteurs et lectrices qui ne sont pas fans de ces artistes. Cependant, le propos est mené avec sérieux et profondeur, et cela n’entrave pas la lecture. D’ailleurs, comme le souligne Sophie Benard, écrire ce livre était aussi pour elle une manière d’assumer et de célébrer cet amour — qui est précisément l’essence d’être une groupie.
Pour ma part, je crois que j’ai, d’une certaine façon, raté ma vie de groupie. Par l’âge ou par snobisme culturel, je ne me suis jamais laissée aller pleinement à mes passions — à part, bien sûr, mon amour pour Jane Austen, mon admiration fidèle pour Tom Cruise depuis mes 7 ans, et plus récemment Taylor Swift, pour qui je nourris une affection plutôt discrète. Et en l’écrivant, je me rends compte que j’ai presque honte de l’admettre, tant je sais que mes goûts sont jugés dans mon entourage.
C’est pourquoi le livre de Sophie Benard me semble nécessaire : il nous aide à assumer notre part de groupie et à apprendre aussi à respecter les goûts des autres.
Ce petit essai déconstruit avec brio l’image misogyne qui entoure la Groupie : une image de nymphomane hystérique que l’on méprise uniquement à cause de son genre.
Sophie Bernard réussit, à coups de déconstruction, à faire ressortir les pleins pouvoirs de la groupie, en passant de son humour à sa créativité et à sa capacité militante en tant que collectif. Les groupies savent faire communauté et se faire entendre ; elles sont tout l’inverse d’un public passif.
Le message de fin fait plaisir : cet ouvrage participe à coup sûr à la réappropriation de l’image de la femme dans l’espace public. BREF VIVE LES GROUPIES !
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui va assez droit au but et propose une étude assez approfondie du phénomène des groupies. La cinquième étoile est obtenue grâce à la conclusion que je trouve très pertinente. Notamment dans l’idée de déconstruire les idées pré-conçues de chaque sous-groupe pour amener à une réelle deconstruction du patriarcat. (Gros points bonus pour les petites touches d’humour!!)
trop intéressant, déconstruit les mythes autour des groupies qui seraient des hystériques immatures. on constate que pour plusieurs raisons, les groupies ont un vrai pouvoir et ça reste très sympa à lire