Le 25 octobre 1885, à Chancelade en Dordogne, les carrières s’effondrent, engloutissant les ouvriers et laissant les femmes en proie à l’angoisse : qui a survécu et qui a succombé à la catastrophe ? Parmi les endeuillées, l’une se distingue. Marthe est l’épouse malheureuse de François, un homme noceur et violent. Celui-ci n’a plus donné signe de vie depuis l’effondrement, et sa disparition pourrait laisser entrevoir un avenir heureux à sa veuve, qui aime secrètement un autre homme. Mais François a-t-il réellement disparu ? D’une tragédie ouvrière réelle, Georges de Peyrebrune tire un roman engagé et documentaire, nourri de ses enquêtes et rencontres avec les acteurs et victimes du drame. Avec cet outil puissant qu’est l’écriture romanesque, l’écrivaine fait entendre les voix tues, dénonce les injustices sociales, et nous offre en même temps le formidable récit de la fin d’un monde. Préface, notes et dossier de Sophie Ménard.
Je me délecte de découvrir l'œuvre de Georges de Peyrebrune, roman par roman. Voir cette autrice effacée du canon littéraire français est une véritable perte, et sa résurgence de l'oubli (notamment grâce à la vidéo qu'a publié Antastesialit sur Youtube à son sujet), une bénédiction. La revalorisation de ce pur talent littéraire au 21e siècle, notamment grâce aux Ensevelis (après avoir lu Victoire la Rouge) m'émeut profondément, tant la plume est aiguisée, juste et poétique.
Dans Les Ensevelis, les descriptions sont toujours aussi enchanteresses et la critique sociale toujours aussi acerbe (place des femmes, religion, statut social...). Les personnages sont complexes, tiraillés entre morale et sentiments. George de Peyrebrune dépeint ici la société paysanne du début du 19e siècle face à l'horreur d'une catastrophe (tirée d'un fait réel, l'effondrement des carrières à Chancelade en octobre 1885) et parvient à nous transporter au village des Meules, auprès de Marthe, Jacques, Louis et de l'Iranette.
Ce roman souffre de quelques défauts : il semble trop court, engoncé dans une économie de moyens qui le dessert. On sent les coups de ciseaux indifférents des éditeurs et l’urgence qui anime l’écriture de George de Peyrebrune - urgence qui habille son récit de l’habit souvent rigide de l’écrit de circonstance.
Cependant, malgré ce fait qui ne lui est pas imputable, quelque chose de très beau et de profondément lyrique et sincère émane de ce récit.
Le chant innocent de la pauvre Iranette, devenue folle suite à l’ensevelissement de son fiancé, lui prête une beauté hypnotique et déchirante. Les descriptions d’une nature dévorante accompagnent cette histoire crépusculaire, située entre Antigone et Zola. Les morts sont sous terre mais ils vivent encore et étouffent les vivants. L’amour s’exprime en dehors du mariage. Le passé vole son dû au futur et la pauvre Iranette continue d’attendre sagement des noces qui n’arriveront jamais.
Rien n’est à sa place dans cette société du XIXème siècle qui est aussi cruelle avec les pauvres qu’elle est injuste envers les femmes; et c’est avec talent et humanité que George de Peyrebrune nous le montre.
Ce n’est que l’esquisse d’un très grand roman mais cette esquisse m’a fait pleurer.
Ce qui en est dit dans la préface ça résume bien je trouve : "il pose de grandes questions sociales (que vaut la vie d'un ouvrier ?), féministes (comment une femme peut-elle se libérer du joug d'un infâme mari ?), métaphysiques (quand meurt-on ?) et anthropologiques (que doit-on faire des morts embarrassants et des cadavres perdus ? pourquoi des coutumes disparaissent-elles ?)" Tellement intéressant que je lisais toutes les notes sans souffler alors qu'elles sont à la fin et pas en bas de page
Honnêtement ça vaut pas mieux, les QUATORZE (sur 25) premiers chapitres sont INUTILES (peuvent être résumés en 5 chapitres Max). La prose est belle...à certains moments, l'histoire est bateau au possible...Fin vraiment je conseille pas, en plus y'a des blems sur les dates (un coup on nous dit le fils à 10 mois en octobre 1885, un coup il a 15 mois en juin 1886, un coup en octobre 1886, il parle, il marche tout seul (genre des vrais phrases) et en plus ce gamin je capte jamais s'il a le même prénom que son oncle (Louis) ou s'il a jamais de prénoms, fin vraiment absolute no way