Méfiez-vous des vieilles histoires. Certaines ricochent jusqu'à nous.
Quand Gaëlle apprend que sa grand-mère, Yan, vient d'être vistime d'un AVC, elle court la rejoindre sur son île en Bretagne. À l'hopital, Yan se trompe d'époque, de lieu, voit des choses qui n'existent pas. Dans ses propos décousus auxquels personne ne prête attention, un détail interpelle Gaëlle : un signe, que la vieille femme affirme avoir reçu après 55 ans, 6 mois et 17 jours d'attente. De quoi parle-t-elle ? D'où vient ce décompte si précis ? Gaëlle tente de résoudre le mystère. Yan semble suspendue entre deux mondes, mais qui sait ? Peut-être n'est-on jamais aussi clairvoyant qu'à l'heure de s'envoler...
En embellissant les derniers instants de celle qui lui a tout donné, une jeune femme va enfin trouver un sens à sa vie.
Certaines histoires commencent par la fin. « La plus jolie fin du monde » de Solène Bakowski est de celles-là. « Il était une fois la mort d’une dame âgée, puisqu’il le faut. » Yan vit en Bretagne, dans une petite maison en pierre qui donne sur l’océan. Yan c’est le roc qui supporte la force des embruns, les bourrasques et les tempêtes capricieuses et soudaines, une femme façonnée par le temps qui plie, mais ne se rompt pas.
Sauf ce jour-là, où elle s’écroule sur le sol de sa cuisine, victime d’un AVC. Sa petite-fille, Gaëlle, en dérive de sa propre existence, accourt à son chevet. Serveuse un jour, autre chose le lendemain, elle navigue à vue, ballottée d’un job à l’autre, d’une promesse d’affection qui chavire à une bouteille lancée à la mer pour grappiller quelques miettes de tendresse. C’est l’accident de Yan qui va obliger Gaëlle à renouer avec ses racines, son histoire familiale et peut-être la réconcilier avec elle-même.
« La plus jolie fin du monde » raconte l’histoire de cette connexion entre une femme frappée par la maladie et sa petite-fille qui a encore besoin de ses conseils et de sa présence. Mais, « La plus jolie fin du monde » est aussi un roman où la mort et la renaissance s’entrelacent, et où le passé facétieux obsède le présent : les absents sont bien souvent plus présents que les vivants, n’est-ce pas ?
Dans ce lit d’hôpital, entre conscience et inconscience, « Quand le corps n’a plus la force de porter, l’esprit se prépare à s’éveiller ailleurs. » Yan dévoile, par bribes, des pans de son passé et de ses souvenirs de jeune mère. Des bribes d’anecdotes s’agitent dans cette petite chambre triste et il appartient à Gaëlle d’en saisir quelques-unes pour comprendre et appréhender les fantômes et les mystères de son existence.
Contre vents et marées, Solène Bakowski explore l’intensité de ces liens familiaux, ces amours vivaces qui souvent se taisent, et ces secrets qui éclairent toute une vie. « Que sait-on de ceux qui nous entourent ? Rien que ce qu’ils veulent bien nous montrer. » Tout en nuances, le roman éclaire la difficulté de dire l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard grâce à deux trajectoires de vie parallèles qui pourraient bien finir par se croiser.
Deux apprentissages s’entrechoquent dans « La plus jolie fin du monde » : apprendre à mourir et apprendre à vivre. Yan, avec sa gouaille et son obstination, refuse de se laisser dicter sa fin. Gaëlle, perpétuellement en colère, refuse d’aimer et de se laisser aimer.
En ce sens, le roman aborde évidemment la fin de vie. « Le moment venu, je ne voudrais pas qu’on s’acharne. Qu’on me laisse partir tranquille. D’accord, ma puce ? » Lorsqu’on a été un roc toute sa vie, une force de la nature au caractère bien trempé, comment accepter de se retrouver recroquevillée au fond d’un lit, nourrie par une sonde ? Outre l’hôpital à la froideur clinique où Yan est dépossédée de son espace personnel et de son individualité, ce sont souvent les proches qui se retrouvent au cœur des problématiques de la fin de vie. Quand Gaëlle souhaite faire respecter les dernières volontés de sa grand-mère, d’autres membres de la famille s’acharnent et refusent toute discussion. Comment, dans ce cas, autoriser cette « plus jolie fin du monde » ?
Je vous rappelle que, fin janvier 2025, notre Premier ministre a botté en touche sur ce sujet en souhaitant couper en deux la loi sur la fin de vie (l’une sur les soins palliatifs, l’autre sur le suicide assisté). Encore une manière de retarder ce projet de loi que les Français attendent avec force et impatience. (92 % se déclarent favorables à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande — sondage IFOP du 13 mai 2024.)
Ne vous y trompez pas, « La plus jolie fin du monde » est surtout un roman sur la vie, sur ce qui a fait qui nous sommes et sur la façon dont nous sommes amenés à le transmettre. Nos souvenirs façonnent notre identité, et ceux de Yan vont également sculpter l’avenir de Gaëlle. « Rien ne se crée, tout se transforme. Nous sommes la suite logique de ceux qui nous ont précédés. Rien ne meurt jamais vraiment et la vie gagne toujours. » Dans la réconciliation avec le passé, tant pour Yan que pour Gaëlle, il existe un lieu où chacune est en paix avec elle-même.
« La plus jolie fin du monde » alterne les points de vue, les lieux et les époques, axé sur une structure en puzzle qui se reconstitue petit à petit. La relation grand-mère/petite-fille, ancrage/dérive fait encore face à l’adversité, bien après que Yan ait élevé Gaëlle quand sa mère était défaillante. Ce lien a toujours bravé les tempêtes et continuera à franchir les vagues. C’est un roman sur la transmission, sur ces gestes et ces souvenirs qui nous façonnent et qui continuent d’exister même après la disparition de ceux qui les ont initiés. Il y est question d’héritage émotionnel et symbolique : que garde-t-on des êtres aimés quand ils ne sont plus là ?
Solène Bakowski rend le quotidien vibrant et le passé exhalant. Son style plonge le lecteur dans une atmosphère teintée de mélancolie et de lumière en tissant un récit d’une profonde humanité. Son roman où la mort et la renaissance s’entrelacent, où le passé hante le présent, et où le poids des absences sculpte le destin des vivants tisse des liens indéfectibles avec son lectorat. Si, comme moi, vous avez passé vos vacances d’enfant en Bretagne, tout près d’un chemin des douaniers, soyez prêts à accueillir vos souvenirs. La musicalité de son écriture fait de chaque phrase un écho à l’âme des personnages, mais aussi à la vôtre… Peut-être l’heure d’un nouveau départ…
J’avais beaucoup aimé "Rue du rendez-vous" et "Une bonne intention". Me voilà à nouveau conquise par le dernier roman de Solène Bakowski. Une merveille de sensibilité, d’humanité, de tendresse, de complicité, d’émotion, l’art de traiter des sujets graves avec le petit je-ne-sais quoi qui amène le sourire en même temps qu’on ravale les larmes qui pointent…
Direction la Bretagne et la relation qui unit deux êtres, une grand-mère, Yan, et sa petite-fille, Gaelle. Une vieille dame qui est aux portes de la mort – qu’elle ne craint pas mais qui a peur de souffrir. Et une enquête à la clé pour tenter de démêler le vrai du faux, le présent du passé, les souvenirs des rêves…
Des multitudes de questions et de mystères : qui est James? Qui est Jane ? Des souvenirs ou des inventions ? Les relations humaines, trans-générationnelles, un roman familial, et surtout cette relation petite-fille /Grand-mère sont au coeur du roman. A part elles, eux, il y a la famille, et en particulier deux tantes, Nathalie et Carole, qui ne s’entendent pas. Et surtout il convient de ne pas oublier les personnages fantômes (réels ou imaginaires ?), les disparus, les personnes qui représentent à la fois le présent mais aussi le passé de Yan; ces personnes que Gaelle va questionner pour remettre de l’ordre dans les bribes de communication que lâche Yan pour reconstituer son parcours et tenter de lui apporter des réponses et la paix avant le grand envol… Avec l’aide inattendue d’un agent immobilier/campeur …
Une réflexion aussi sur l’hôpital, sur le personnel qui est débordé, sur la gentillesse des unes et la dureté des autres… Sur la fin de vie, la liberté de choisir si on veut rester ou partir, de choisir son destin.
J’ai tellement aimé la relation entre les bruits et les événements et les phases de lucidité et d’envol de la pensée de Yan.
Une porte claque… elle s’envole… une fenêtre s’ouvre, pareil… la fenêtre se referme, elle sort de sa phase rêves lointains…
Solène Bakowski écrit en exergue dans son nouveau roman, La plus jolie fin du monde :
« Il était une fois la mort d’une femme âgée puisqu’il le faut. Il était une fois la naissance d’une femme à la vie. Sur ce chemin tortueux, chacune a escorté l’autre. »
Et entre, un deuil, son fils pour la première appelée Yan, et son père, pour la seconde, Gaëlle, Rémi Kervelec les relie à jamais ensemble, la plus âgée protégeant la plus jeune avant que cela ne s’inverse.
Lorsque Yan se retrouve à l’hôpital pour un Accident Vasculaire Cérébrale, Gaëlle n’hésite pas. Elle s’installe dans la maison du bout du monde, dans le nord de la Bretagne, pas loin du petit banc de pierre qu’elle aimait partagé avec son aïeule.
Sauf qu’au fil des visites à l’hôpital, Gaëlle fait revivre cette maison si chère à son cœur et découvre un souterrain, sur une photo, un jeune garçon, qui est en fait une petite fille et tant d’autres choses intrigantes. Gaëlle décide de remonter le passé de sa grand-mère en interrogeant les voisins, les archives et les journaux.
Ce roman est l’hommage d’une petite fille à sa grand-mère, difficile à lâcher tant on s’attache à ces vies qui nous ressemblent tant. Certes, la fiction vient apporter des touches de réalité sur un passé qu’il faut reconstituer. Seulement, la poésie et l’attrait de ce paysage breton ainsi que la tendresse qui transparaît à tous moments ne sont pas feints.
Je redoutais que ce roman soit difficile à lire, car quelquefois la fiction ressemble à la réalité mais il respire la lumière et la joie. Le sujet est grave mais la mort est appelée l’envol et la maladie transforme le quotidien en bulles à attraper.
Du rythme, des chapitres courts, des phrases simples comme des punchlines et des élisions comme dans un roman noir, La plus jolie fin du monde est un roman populaire qui traite simplement d’un sujet grave et sensible. Toutefois, la réalité hospitalière y est dépeinte sans feinte. La colère de la famille impuissante devant l’irrémédiable est elle aussi évoquée. Les longues absences d’un esprit ayant vécu un tsunami ne sont pas oubliées. Bref, un roman à découvrir tranquillement ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Quand Gaëlle apprend que sa grand-mère, Yan, vient d'être vistime d'un AVC, elle court la rejoindre sur son île en Bretagne. À l'hopital, Yan se trompe d'époque, de lieu, voit des choses qui n'existent pas. Dans ses propos décousus auxquels personne ne prête attention, un détail interpelle Gaëlle : un signe, que la vieille femme affirme avoir reçu après 55 ans, 6 mois et 17 jours d'attente. De quoi parle-t-elle ? D'où vient ce décompte si précis ? Gaëlle tente de résoudre le mystère. Yan semble suspendue entre deux mondes, mais qui sait ? Peut-être n'est-on jamais aussi clairvoyant qu'à l'heure de s'envoler...
En embellissant les derniers instants de celle qui lui a tout donné, une jeune femme va enfin trouver un sens à sa vie.
C'est d'abord la couverture qui m'a interpellé. Ce phare, ces bottes, cette jeune femme que je pense en train d'attendre quelque chose d'important... J'avais hâte de lire ce roman et on me l'a subtilisé dans le train un jour où j'avais la tête ailleurs. Je ne remercierai jamais assez les @editionsrecamier et en particulier @charlotteajame de m'avoir offert l'opportunité de lire après avoir appris cette mésaventure. Grâce à cela, j'ai pu découvrir Liliane. Enfin Yan pour ses proches. Cette presque octogénaire de Bretagne, phare de sa famille, qui subit les foudres corporelles et cérébrales d'un fichu AVC, va être choyée à l'hôpital par sa petite-fille Gaëlle. Cette dernière, rebelle et incomprise de sa famille, est plus qu'attristée de ce que vit sa Yan. Elle fera tout pour l'accompagner dans cette épreuve et va surtout vouloir comprendre le passé secret de sa grand-mère qui se met à parler de personnes ou de faits totalement méconnus par la jeune fille à ce jour... Solène Bakowski aborde avec poésie, tendresse et bienveillance les liens qui peuvent s'ancrer entre deux générations complètement différentes mais pourtant si complémentaires. L'émouvante complicité entre Yan et Gaëlle est encensée par la plume douce et parfois drôle de l'autrice. Secrets, trahisons, amours cachés et résiliences sont les maîtres-mots de l'intrigue du roman. C'est une histoire de fin de vie mais aussi de nouvelle vie. Celle de Gaëlle qui va renaître d'un passif complexe et douloureux. Et celle de Yan qui voudrait un nouveau départ avec ses proches perdus qui l'attendent là-haut. C'est un livre qui parle de liberté. Liberté sur le choix d'aimer, liberté sur le choix de sa vie ou de sa mort. Et tout cela avec un côté émouvant et rêveur. Les protagonistes sont attachants et vous garderez en tête même certains d'entre-eux au vu de leur originalité. La Plus Jolie Fin du Monde est donc un récit sur le temps qui passe, le temps qui blesse mais aussi le temps qui répare et qui donne envie de vivre. Où le futur est plus que meilleur. Même pour ceux qui ne seront plus. Encore de magnifiques instants passés auprès de Solène et de son incroyable imagination, celle qui a le don de nous faire aimer la vie. Même celle d'après...
Solène Bakowski nous envoûte dès le premier instant avec une plume imagée et très poétique. Son récit est rythmé de belles métaphores et c'est très doux à parcourir.
Yan une grand-mère aimante va se retrouver à l'hôpital suite à un AVC. Sa petite fille, Gaëlle, décide de l'accompagner et d'être là pour elle.
" - [...] le moment venu, je ne voudrais pas qu'on s'acharne. Qu'on me laisse partir tranquille. D'accord, ma puce ? "
Le thème fort du livre est l'accompagnement dans la fin de vie. Gaëlle va accompagner sa grand-mère Yan, de manière tellement belle, bienveillante et humaine, durant la fin de sa vie. Lors de certains moments, on dirait que sa grand-mère délire ou revit quelques fait marquants et oubliés de sa jeunesse. Le coeur de Gaëlle se serre : comment distinguer la réalité des illusions ? Durant toute son hospitalisation, elle va essayer lever le voile sur ces mystères.
Yan, va doucement dériver vers la mort. Gaëlle va être entourée d'une équipe soignante pleine d'empathie, de douceur et à l'écoute de sa grand-mère. Mais aussi de ses tantes et de belles personnes de cette petite île.
Gaëlle, cette petite fille forte et battante, malgré tout ce qu'elle a traversé, se cherche, elle essaie de vivre, d'oublier et d'accepter. J'ai adoré la voir évoluer et se trouver dans cette brume bretonne. J'ai aimé plonger dans cette mer houleuse, fouler ce chemin des douaniers, découvrir cette maison pleine de souvenirs et cette météo capricieuse. Une atmosphère particulière et agréable.
Un roman rempli d'acceptation, d'amour et de résilience, dans lequel on découvre aussi le lâcher prise et l'importance de l'écoute, tant auditive qu'avec le cœur. C'est un véritable voyage de l'âme et des sens. Une ode à la vie.
Je vous invite à plonger dans cette lecture poignante et émouvante, à découvrir l'histoire de Yan et Gaëlle, et à vous laisser bercer par la beauté de leur relation. Je ne vous cache pas qu'à la fin de ma lecture j'avais les yeux humides. Un livre qui ne vous laissera pas indifférent.
Merci aux éditions Recamier pour leur confiance et à Solène Bakowski pour sa dédicace.
C'est une histoire bouleversante qui vous attend, la vie et la mort s'entrelacent avec une rare poésie. Gaëlle, jeune femme écorchée et vulnérable, trouve en sa grand-mère Yan, une figure solide sur qui elle a toujours pu s'appuyer émotionnellement. Lorsque cette dernière est victime d'un AVC dans sa maison isolée en Bretagne, Gaëlle accourt, poussée par un mélange d'amour et de désespoir. Yan, entre lucidité et confusion, évoque un mystérieux signe attendu depuis plus de 55 ans. Troublée, Gaëlle décide de percer ce secret avant que sa grand-mère ne s'éteigne. J'ai été très touchée par les moments de confusion de Yan, entre souvenirs lointains et présences invisibles, suivre Gaëlle dans ses efforts pour la comprendre était bouleversant. Gaëlle est déterminée et prête à tout pour résoudre ce puzzle intime et retenir sa grand-mère dans le monde des vivants. Le roman explore des thèmes universels tels que la transmission, l'héritage émotionnel et le lien intergénérationnel. La relation entre Yan et Gaëlle, à la fois tendre et complexe, est le cœur vibrant de cette intrigue. L'autrice aborde la fin de vie avec une délicatesse remarquable, mêlant réalisme et humour pour éviter tout pathos excessif. Sa plume imagée et sensible transforme les derniers instants de Yan en une ode à l'amour et à la mémoire. La structure du récit, construite comme voyage introspectif, maintient le suspense jusqu'à une révélation finale empreinte d'émotion. À travers les souvenirs fragmentés de Yan, le passé éclaire le présent et façonne l'avenir de Gaëlle, lui permettant de se réconcilier avec elle-même. La plus jolie fin du monde n'est pas seulement un roman sur la mort. C'est une célébration de la vie, des liens qui nous façonnent et des traces laissées par ceux que nous aimons. Une réflexion profonde sur la façon dont les relations humaines nous façonnent et comment la mémoire de ceux que nous aimons perdure au-delà de leur disparition. Bonne lecture. https://latelierdelitote.canalblog.co...