«Une séparation, ce n'est rien. Et c'est toute une vie.»
Ces mots, Raphaël les a accueillis comme une consolation. Sans doute aussi comme l'impulsion qu'il lui fallait pour arrêter de croire qu'il était irrémédiablement brisé. Certes, il n'a pas vécu une tragédie mais quand même : Anna l'a quitté après vingt ans passés ensemble. Une épreuve à fragmentations qui l'a laissé longtemps à terre.
Mais après ? Raphaël prend la mesure de tout ce qu'il va falloir réinventer, sans elle. D'abord, où habiter, à présent qu'Anna conserve l'appartement familial et que leur fille part étudier à Toulouse ? Tout est possible. Et comme rien ne s'impose ni ne presse, il décide de s'exiler en faisant le tour des littoraux français, avec l'intuition que la fréquentation quotidienne des rivages, leur beauté puissante pourraient réveiller la vie en lui. Ce sera La Grande-Motte, Arcachon, Bénerville-sur-mer et Préfailles. Avec, comme imprévues au voyage, des rencontres qu'il n'aurait jamais faites du temps d'Anna.
Roman de plages est le récit d'une traversée intime et existentielle, celle d'un homme qui saisit ce moment où, après l'effondrement, s'esquisse enfin un retour au monde, le beau monde du vivant et des vivants.
L’histoire d’une chute qui désaxe tout. Le narrateur, emporté comme un château de sable par le ressac tonitruant de son chagrin provoqué par la fin de l’amour, décide de faire passer le spleen en s’égarant de plages en plages. Débute alors une histoire de rencontres surprenantes, tendres et pleines de leçons de vie.
Arnaud Cathrine, une fois de plus, parvient à capturer les petits détails aussi insignifiants qu’évocateurs du réel pour les coucher à l’écrit avec une beauté et une finesse qui émeuvent incroyablement. Il livre ici un ouvrage créé dans la mélancolie des fins qu’on refuse d’appréhender et dans les fragilités magnifiques qu’on préférerait oublier.
C’est un roman hanté par les souvenirs de l’amour qui refuse de se décoller de la peau, par les commencements pleins de promesses et les errances agitées. Un livre comme une tentative de retrouver l’équilibre et de se raccrocher au soleil qui se lèvera toujours pour avancer. C’est poignant au possible, ça transpire le vague à l’âme qui fait mal mais qui cristallise une joyeuse apocalypse et ça prend aux tripes tant la justesse de la plume est percutante.
J’ai adoré ces fragments d’une vie, de ses petits et grands drames. Tout y est tellement à fleur de peau et d’une sensibilité rare que je ne vois pas comment on pourrait ne pas apprécier ce roman. Depuis des années, l’écriture poétique et parfaitement représentative des nuances émotionnelles qui nous habitent d’Arnaud Cathrine me comble : « Roman de plages » ne fait pas exception.
Ahlala Arnaud… Quand je l’ai vu samedi, je lui ai demandé pourquoi ce roman était aussi similaire à un de ces romans écrit 20 ans plus tôt « je ne trouve personne ». Un homme perdu, revient à ses racines, avec toujours la mer comme second plan. Je me suis dit : non ! il nous refait le coup de l’écrivain torturé, seul qui n’arrive plus à écrire !!! Arnaud m’a répondu que c’était plutôt un défi, qu’était il capable d’écrire sur un sujet similaire 20 ans plus tard ? Je dirais que c’est un défi brillamment relevé ! Les descriptions des paysages maritimes sont très précises et immersives c’est assez impressionnant. À nouveau on plonge dans les pensées d’un homme qui fait le point sur sa vie et prend le temps d’alléger son chagrin d’amour (s’il est même correct de l’appeler ainsi, il s’est fait larguer après plus de 20 ans de relation) Comme j’ai dit à Arnaud, j’ai particulièrement apprécié la rencontre du narrateur avec le jeune guadeloupéen. Cette amitié si particulière et innocente entre deux hommes séparés par 30 années ma vraiment fascinée. Cette facilité qu’a le narrateur à aller vers des personnes plus jeunes est peu commune. Ça m’a questionné. Dans la vie, pourquoi ne valorise-t-on pas davantage ces amitiés qui sont tout autant source de passionnantes conversations, de partage de nos expériences dans la vie ? Nous avons tant à apprendre des autres. Je le savais déjà, mais Arnaud m’a confirmé que c’était quelque chose de naturel pour lui. Et je me dis, j’ai aussi souvent plus de facilité à m’entendre avec des personnes plus âgées. Au delà de ça c’est un roman toujours aussi contemplatif que nous offre Arnaud et la lecture est très fluide. Si vous ne connaissez pas l’écrivain, je dirais que c’est une bonne porte d’entrée à son Œuvre.
je suis très triste parce que c’est un de mes auteurs préférés en romans ados.
ce n’était pas désagréable à lire, c’était beau, malicieux, mais j’ai surtout trouvé ça assez plat :( et ça me rend triste. je ne savais pas trop où j’allais et l’intrigue de base n’était pas assez « originale » pour m’intriguer, justement.
j’ai tout de même aimer valser de plage en plage et de région en région avec le personnage de Raphaël et ses démons. malgré cette déception, la force d’Arnaud Cathrine restera toujours ces personnages, qui finissent par être attachants tant ils sont simples et vrais.
´Heureusement, il y a ce vieil homme qui vient tous les jours devant Poséídon avec son fauteuil de plage. J´aime le regarder. Bien peigné, en short et en tee-shirt, il n´a ni livre ni mots croisés. Il n´approche pas l´eau et se contente de fixer la mer, inlassablement. (...) Je le soupçonne d´avoir ce talent dont on est assuré l´âge venant: il a tout son temps; il est résolu et capable de le prendre car il sait qu´on ne tardera pas à le le lui arracher. Il est, tout simplement, comme en parlait Deleuze à la fin de sa vie: ´Un vieux pur qui n´est rien que vieux, c´est l´être.´ Il n´a plus à devenir ni à réaliser quoi que ce soit, il n´est plus ni ceci ni cela: non, il est. À voir cet homme immobile et paisible, il semblerait qu´on ne soit plus pressé de rien lorsqu´on est. Ni de gagner le rivage et d´aller nager, ni de finir un livre, ni de retrouver un amour perdu...´
´Roman de plages´, Arnaud Cathrine, Éditions Flammarion, 2025.
Ce récit est très poétique et doux malgré qu'il s'agisse d'une rupture. On découvre de jolies plages, des personnages pleins d'humanité. Le rythme est lent, sans doute un peu trop pour moi, mais il se prête parfaitement à l'histoire et aux marées. J'ai eu la chance de faire dédicacer mon livre par l'auteur avec qui j'ai eu le plaisir d'échanger quelques mots.
"Alors que sa compagne l'a quitté après plus de vingt ans de vie commune, un écrivain quadragénaire décide de faire le tour des littoraux français dans l'espoir de retrouver l'inspiration. De la Grande-Motte à Préfailles en passant par Arcachon et Benerville-sur-Mer, il découvre des rivages très différents et fait de nombreuses rencontres. Ce roman est le journal de sa renaissance."
J ai aimé la mélancolie qui se dégage de ce roman, des descriptions de paysages, de baignades. J ai aimé ces rencontres de personnages tellement différents mais qui chacun font avancer Raphael vers si ce n est Une guérison au moins une nouvelle vie...
Un livre agréable à lire, avec des personnages de caractère que l’on aimerait rencontrer ou connaître. Les descriptions des différentes plages par le narrateur enjolivent le sujet de la separation amoureuse et de la depression qui s’ensuit. De ce coté là cela manque de chair…