Dans un hameau norvégien isolé, une jeune bergère a commis un meurtre et a pris la fuite vers les montagnes. Un an après sa disparition, elle demande à voir le pasteur. Mais pour arriver jusqu’à elle, Sebastian Ribe va avoir besoin d’aide. Impossible d’affronter seul la nature sauvage dans laquelle elle a trouvé refuge quand on vient tout juste de débarquer dans la paroisse. Seul un autochtone aguerri, connaissant les chemins les plus accessibles, lui permettra de mener sa mission à bien. Il se tourne donc vers Reidar, un paysan pêcheur habitué à arpenter les montagnes entourant le fjord où il a toujours vécu. Les deux hommes n’ont rien en commun. L’homme d’église se présente en inflexible serviteur du Seigneur quand l’homme du cru voue une passion irraisonnée à l’eau-de-vie. Ce couple improbable va avancer à un rythme haché, au gré des difficultés offertes par un environnement hostile. Alors que l’automne va bientôt basculer dans sa phase hivernale, Sebastian et Reidar vont devoir affronter les éléments et leurs propres démons pour retrouver celle qui les a convoqués dans son monde.
Rudesse des paysages et des hommes, cheminement intérieur et sentiers sylvestres, retour vers des forces archaïques et païennes, le récit navigue entre le réalisme d’un décor naturel aussi puissant qu’hostile et les aspects irréels et magiques d’une figure féminine source d’interprétations fantasmagoriques. L’écriture est aussi âpre que le froid ambiant. Les rapports tendus entre les deux hommes accentuent la difficulté de leur progression, amplifiée par la brume qui les entoure et les perd. Au-delà des rapports humains, le texte est une ode à la puissance indomptable de la nature et à la force des femmes.