« Vous voyez ce que je vois ? » Lors de sa première échographie, la narratrice découvre qu’elle attend des jumeaux. Mais un fœtus est plus petit que l’autre et semble présenter plusieurs anomalies. Une question se pose immédiatement, qui l’accompagnera tout au long de sa grossesse : pourra-t-elle garder ses deux bébés ?
L’équipe médicale se lance alors dans une véritable enquête au sein de l’unité de diagnostic prénatal d’un hôpital parisien. A mesure que la tension monte et que les examens se multiplient, la narratrice doit accepter de ne plus rien comprendre. Mais par sa vitalité, son regard aiguisé et plein d’humour, elle parvient à saisir le grotesque au cœur d'une insoutenable attente faite de dilemmes, d’angoisses et de culpabilité.
Page après page, c’est aussi tout un univers qui se déploie : l’hôpital et son personnel, tantôt à l’écoute et bienveillant, tantôt brutal ou indifférent, face auquel notre héroïne se révèle à elle-même – forte et courageuse.
Servi par une écriture délicate et lumineuse, ce texte d’inspiration autobiographique où l’on retrouve l’influence d’autrices telles que Déborah Levy, Sinead Gleeson, ou encore Annie Ernaux, se lit d’une traite. Ode féminine et féministe, intelligent, drôle et d’une émouvante sincérité, Dans le ventre des filles s’offre à lire comme la réconciliation entre un destin d’écrivaine et de mère.
il y a quelque chose d'impossible à pleinement retranscrire et expliquer de l'hôpital, de l'attente, de la passivité subie, de la grande colère contre personne, de la vie qui s'arrête et dont on a conscience qu'elle pourrait s'arrêter encore plus, mais c'est à peine concevable tant tout est déjà soudain cassé, dont plus rien soudain n'est vivant. Tiphaine Dumontier parvient extrêmement bien à écrire, décrire, faire frémir ces moments-là, ces semaines en forme de tranchées, les médecins qui disent et disent et disent au lieu de savoir, et la perspective des jours à venir, leur potentiel de destruction autant que de libération. elle dit à la fin "je me suis rendu compte que j'avais une histoire à raconter", ça m'a fait du bien de le lire. c'est une histoire, oui, ce qu'on vit dans ces moments, dans ces hôpitaux-là. une vraie histoire, un vrai moment de la vie. lorsque ça se finit bien, comme dans le cas de Tiphaine. mais aussi lorsque ça s'arrête trop tôt. ça reste une histoire. ça reste du vécu. ça reste la vie, et soi, et quelque chose qui demeurera. qu'on pourra écrire peut-être, pour le rendre éternel en plus de réel. je me souhaite d'écrire tout ça un jour
Un roman qui m'a bouleversé, il fait son entré dans le top 5 des meilleurs romans que j'ai lu dans ma vie. Tiphaine raconte son vécu avec beaucoup de franchise de sensibilité et parfois de l'humour. Un livre extraordinairement bien écris qui permet de mieux comprendre la réalité des parents qui ont des enfants prématurés.
j’ai vraiment adoré ma lecture et ce roman la narratrice apprend qu’elle est enceinte, et enceinte de jumelles - l’une va très bien, mais l’autre a une malformation on va suivre tout le parcours de cette maman, de cette annonce qui bouleverse sa vie, tous les rendez-vous médicaux, les spécialistes, les discours qui se contredisent, les doutes, l’accouchement mais aussi tous les doutes de cette maman, toutes les peurs de cette maman, tous les moments tristes et douloureux qu’elle va vivre, tous ses questionnements mais aussi les moments de bonheur de voir sa fille aller de mieux de mieux sous forme de journal intime, l’autrice ne nous épargne rien, il n’y a pas de filtre, c’est un récit très intime d’une maman que j’ai trouvé très forte et très touchante
Enceinte, la narratrice commence dès les premières pages à nous raconter son entrée dans le monde médical avec une première échographie. Son mari est présent : ils ont hâte de découvrir l'image de leur enfant, c'est un moment particulier. Ils ne sont pas médecins mais se rendent vite compte qu'il va falloir s'attendre non pas à un enfant mais deux. Le radiologue, un peu évasif, ne semble pas aussi enthousiaste que le couple, est un peu indifférent, comme absent de cet examen, priorisant une livraison de matériel médical qu'il attendait. Et c'est le début de l'engrenage, car l'un des enfants semble très fragile et va présenter des anomalies, qui vont mener la future maman d'angoisses en culpabilité dans un monde médical pas toujours très empathique.
On sent véritablement le vécu. La 4ème de couverture l'annonce d'ailleurs. Je ne suis pas maman mais je suis régulièrement suivie à l'hôpital pour des soucis de santé. Comment expliquer que l'autrice a un talent dingue pour nous raconter ce qui n'est pas racontable : la solitude, l'angoisse, la perte de tout repère, la culpabilité de ce que l'on doit faire ou ce qu'il ne faut pas faire, etc.
La première partie du roman explique les nombreux examens qu'elle doit subir pour tenter de trouver un diagnostic sur ce qu'a son deuxième bébé. Elle est vite perdue, elle ne comprend pas, s'arrête sur des termes assénés par les médecins, qu'elle connaît et ne retient qu'eux, ne comprend pas pourquoi tel médecin lui annonce des bonnes nouvelles puis un autre lui annonce autre chose... Son mari qui l'accompagne semble davantage pouvoir être en mesure de comprendre et prend les choses en main. Elle, elle surnage dans tout ça. Elle est confrontée à un milieu médical qui ne semble pas la voir en temps que femme, en tant que future maman : elle n'est plus que considéré comme une patiente, devient complètement transparente lors des examens ou autre. Les médecins et les infirmières par leur parole maladroite, indifférente au mieux, détachée en tout cas ne semble pas prendre en compte l'impact psychologique que cela peut avoir sur leurs patients. Et c'est dans ce tourbillon qu'elle va devoir supporter ses propres questions, les remises en cause, les angoisses nocturnes notamment. Un entourage plus ou moins proche qui ne semble pas comprendre ce qui lui arrive réellement, elle s'éloigne de sa famille, et ses amies. Elle se referme sur elle-même et va s'en apercevoir très vite. Elle est forte malgré tout ça.
Dans la seconde partie, elle apprend à connaître ses 2 filles nées prématurées, qui se retrouvent séparées dès le départ : une en soins intensifs et l'autre en réanimation. La rencontre est poignante, émouvante. L'esprit maternelle est là dès le départ et elle va devoir affronter encore une fois l'entourage médical, parfois bienveillant et d'autre moins. Au milieu de tout ça, elle reste droite dans ses bottes.
Les bonnes lectures sont souvent celles qui nous font s'immerger dans une histoire : une fois commencé, je n'ai pas pu m'arrêter. C'est poignant, rageant et parfois drôle. J'ai particulièrement été touchée par l'écriture et la justesse des mots. Je me suis retrouvée parfois à titre personnel et j'avoue que je me suis dit que ce roman ne me ferait pas de bien, puisqu'il a une certaine résonnance personnelle. Au contraire finalement, je suis touchée parce que je me sens moins seule, car quelqu'un a réussi à expliquer ce sentiment de solitude que l'on ressent. J'ai beaucoup pleuré, et même si ce n'est pas agréable, c'est bien la preuve que ce roman m'a touchée.
En bref, c'est un énorme coup de coeur.
Je remercie chaleureusement les éditions Grasset et Netgalley pour cette lecture.
J'ai découvert ce premier roman de Tiphaine Dumontier, professeure de Français, dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée. Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Grasset pour l'envoi de cette autobiographie émouvante et captivante, servie par une écriture remarquable. L'auteure, maman d'Arthur, un petit garçon de deux ans, y raconte sa seconde grossesse, gémellaire. Avec son mari Pierre, Tiphaine Dumontier réalise dès la première échographie que cette grossesse ne sera pas paisible : l'un des deux fœtus est atteint d'une malformation, une omphalocèle, qui peut s'avérer grave et laisse le choix difficile aux futurs parents d'envisager une ISG. Les semaines de cette grossesse défilent au rythme des examens médicaux, des interrogations et de l'angoisse qu'ils génèrent pour la maman enceinte, confrontée parfois à la froideur ou la maladresse de certains soignants. L'écriture au présent, à la manière d'un journal, est sûrement pour l'auteure une façon de conserver tous les détails de son ressenti au fil de ces neuf mois, l'impression de vivre l'attente de ses bébés, et les semaines qui ont suivi, avec une épée de Damoclès. Il m'a été difficile de lâcher ce livre une fois sa lecture entamée, tant je pensais à ces deux bébés et à leur destin. Tiphaine Dumontier décrit elle-même son récit, dans une interview, comme une "odyssée féminine", une "sorte de thriller périnatal autour d'une naissance". J'ai été touchée par son roman magnifique dont l'écriture m'a happée dès les premières lignes. Un coup de cœur.
J’ai trouvé ce livre très intéressant en tant que témoignage sur le sujet de la grossesse. Déjà parce que c’est lun des rares récits vraiment honnête que j’aie pu lire à sujet, la narratrice ne cachant rien de ses pensées injustes, déplacées, honteuses, intrusives. La description du monde hospitalier est particulièrement frappante et donne parfois envie de hurler… mais en-dehors de ça je trouve que ça reste un récit très personnel, presque expiatoire, et à titre personnel et j’ai eu du mal à m’y identifier. Mais ça reste évidemment très important de mettre en lumière ce genre de récits de vie de femme
Babelio, Chhun D'inspiration autobiographique Premier livre Un titre en 2 lignes, pour un texte particulièrement puissant, vibrant, instructif, émouvant. Une envie et un besoin d'écrire après avoir pleuré pendant le visionnage du film de Valérie Donzelli, La Guerre est déclarée. "Oubliez toutes vos conceptions chrétiennes de la vie et de la mort", voilà ce qu'a entendu la narratrice... La vie ? "C'est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort." Tout le parcours médical imprévu d'un couple de la première échographie aux premiers pas. Coup d'essai, coup de maître.
un style simple, soigné et élégant. une histoire racontée tout en finesse. l'autrice a su rendre accessible au grand public une enquête médicale au jargon spécifique tout en transmettant son sentiment d'impuissance et d'incrédulité