Cinq garçons nouvellement adultes se retrouvent au bord d'un lac. Règlements de comptes, confidences, niaiseries… la masculinité toxique teinte tout. Pourquoi sont-ils sur cette terre à bois ? Que s'est-il passé qu'ils ne disent pas ?
Une BD qui déboulonne avec bienveillance (et sans rien censurer) les jeux de construction du masculin.
Nommée Œuvre de l'année dans la Capitale-Nationale et deux fois récompensée pour le prix du Meilleur texte, Foreman puise dans l'expérience des chantiers de l'auteur Charles Fournier.
Je ne suis pas tout à fait sûre, on dirait ! Assurément, le public cible est composé d’hommes dans la fin de la vingtaine/début de la trentaine, donc je crois que c’est normal que je ne me sois pas sentie interpellée. La fin est touchante, les personnages sont très québécois, très imprégnés de masculinité toxique, avec beaucoup de *dude/bro/gros*. C’était plaisant à lire, j’ai beaucoup aimé la structure et le mélange de textes et de BD. Est-ce que c’est révolutionnaire ? Non, je ne pense pas. Mais c’est d'ici , et le sujet porte à réflexion, donc ça passe !
* Je viens d'apprendre que ce texte était à la base une pièce de théâtre. Peut-être que la scène permettait une plus grande exploitation du potentiel de l'oeuvre que la BD .
Oeuvre coup de poing. Vraiment. J'ai pas réussi à la lâcher, je l'ai lue d'un bout à l'autre, pis je pense que je vais devoir la relire. Impressionnant comment un texte aussi court (et parfois "vide"!) peut être aussi poignant et "plein". Les illustrations sont aussi magnifiques. Alors les gens, lisez cette BD qu'on en jase svp!
Foreman est à l’origine une superbe pièce de théâtre qui est ici adaptée en BD par son auteur Charles Fournier et par le bédéiste Richard Vallerand. Elle raconte l’histoire d’un groupe d’amis qui se rendent dans la forêt afin de préparer une surprise à leur ami Carlos, qui vit des moments plus difficiles. Les cinq protagonistes se connaissent depuis l’enfance et malgré cela, ils n’arrivent pas à exprimer leurs émotions sans avoir peur d’être jugés ou ridiculisés. Ainsi, la pression des pairs fait en sorte qu’il vaut mieux cacher ses faiblesses (même à ses meilleurs amis!)
Des pages du journal de Carlos sont mêlées à l’histoire principale, nous permettant de revenir dans les souvenirs du narrateur et nous permettant de comprendre le type d’homme qu’il est devenu. Car Carlos est quelqu’un qui s’est construit dans la violence, la colère et avec une certaine image de la masculinité (i.e. plutôt toxique).
La BD permet de garder vivant l’esprit de la pièce, même si des libertés ont été prises par rapport à la mise en scène. En effet, des compromis sont nécessaires lorsque vient le temps d’adapter le rythme du théâtre à l’univers de la bande dessinée. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé ce livre, car le message reste fort et percutant!
qu'y s'en viennent, ostie! M'en câlice d'eux autre. M'as leur arracher la tête, pis m'as leur chier dans le corps, la gang de tabarnak!
J'ai bien aimé cette BD d'une adaptation théâtrale, mettant en vedette toute *la splendeur* de la masculinité toxique d'une gang de gars de la construction dans la vingtaine. J'ai beaucoup aimé la scène où un gars donne une leçon à l'autre sur le consentement, c'était très fort.
Je m'interroge par contre sur le classement qu'en a fait La Bagnole (12-15 ans), que je mettrais plus pour jeunes adultes, ou à la limite 16 ans +. On met en garde le lecteur au début: "Cette œuvre comporte des expressions homophobes pouvant choquer certain.es lecteur.rices. Nous croyons au pouvoir dénonciateur de cette œuvre artistique, mais nous préférons vous en avertir."
Il faut savoir qu'outre les expressions homophobes, les gars ont des propos misogynes, dénigrants envers les femmes ("ça manque de plottes icitte"), les images sont crues (on voit un gars comparer son pénis avec un dildo puis se le mettre dans la bouche, une scène avec une prostituée, etc.). Pour lecteurs très avertis, donc!
J’ai vraiment aimé cette bd. Ça se lit vraiment bien, c’est drôle, mais aussi plus « touchant ». Je trouve aussi que c’est un sujet d’actualité et que c’est bien représenté. Il faut savoir que c’est très québécois donc il y a des sacrés à profusion
Les illustrations sont incroyables. BD très pertinente! Merci Charles et Richard pour cette nouvelle mouture d'une pièce de théâtre que je regrette encore de ne pas avoir vu!
Mai 2025. J’ai ressenti un malaise certain devant cette masculinité toxique. Ou devant le fait que c’est actuel pour tant de gars. C’est d’une tristesse (que ça représente une certaine réalité).
Incapable d’achever cette histoire… Il y a assurément moyen d’écrire en langage familier québécois sans forcément mettre un sacre à chaque phrase… C’est insupportable.
𝐹𝑜𝑟𝑒𝑚𝑎𝑛 est une bande dessinée qui ne laissera personne indifférent. Cependant, sachez qu’elle est destinée à un lectorat mature (25 ans et plus). Cette suggestion littéraire s’adresse donc à vous et non à vos élèves! ⚠️
L’auteur nous plonge dans l’univers de la masculinité toxique. Chaque scène est crue et percutante. Elle évoque en nous, les lecteurs, des situations familières que l’on a soit vécues, soit observées, ce qui rend la lecture à la fois troublante et percutante.
Mais au-delà du choc de ce style déconcertant, on nous propose surtout une véritable réflexion sur les dynamiques masculines et sociales. Loin d’être une simple dénonciation, l’histoire touche et interpelle, nous laissant avec des questions essentielles sur les comportements et les héritages culturels liés à la virilité.
C’est assurément une BD forte, nécessaire et marquante que je recommande aux hommes, principalement, qui ont pu être partie prenante de la culture masculiniste, à leur insu très souvent !