Et si les jeunes étaient les mieux placés pour savoir qui ils sont, et ce qu’ils désirent ? Trop souvent, ce sont les adultes qui prennent les décisions pour les enfants. Ça paraît bien normal lorsqu’il s’agit d’assurer leur survie. Mais à force de considérer les jeunes comme des êtres intrinsèquement vulnérables, nous avons tendance à discréditer leur parole. Comme si leurs choix étaient à la fois dangereux pour eux-mêmes… et pour la société.« Propagande LGBT », « transidentification des mineurs », « dérives de la théorie...
ok, gros coup de cœur pour Protéger nos enfants de Gabrielle Richard :) bouquin juste essentiel finalement elle parle de sujets comme le genre, le consentement et l’éducation avec une simplicité et une bienveillance qui m’ont mis direct à l’aise, sans leçons de morale, juste des idées concrètes pour faire mieux avec les enfants, leur laisser leur place, leurs droits, leur vie
sans être moi-même parent, on est entouré.e d’enfants constamment et ça m’a vraiment ouvert les yeux sur plein de choses qu’on fait sans y penser et qui peuvent être améliorées facilement ! franchement, que vous soyez parents, bossiez avec des jeunes, ou juste intéressé.e.s, lisez-le évidemment
Un livre qui pousse à la réflexion. En tant que personne qui travaille avec des ados, je crois qui il essentiel d’être en réflexion constante par rapport à notre poste et notre rôle dans le développement des jeunes. L’application de toutes c’est réflexions n’est pas évidente mais comme le suggère l’auteur, elle débute avec une réflexion sur la part que nous avons à jouer en tant qu’adulte.
Première fois que je lis un livre de cette collection qui va un peu plus loin que d'effleurer la surface d'un sujet. Mais c'est la puissance de Gabrielle Richard (et je suis biaisé !). Elle tire un lien direct entre la domination adulte et la queerphobie, en identifiant les mécanismes qui crééent la vulnérabilité, et qui font qu'on remet en cause la parole, la crédibilité, l'autodétermination, des enfants comme des personnes queer. J'aurais aimé que ça aille plus loin, mais pour ça il faudra lire les références bibliographiques.
Excellent livre, à lire absolument <3 Il y est question d'adultisme, avec un focus sur les mécanismes en jeu dans l'infantilisation des personnes queer (y compris adultes). Un livre précieux pour faire bouger son regard, élargir sa réflexion et explorer un autre rapport à l'enfant, à l'enfance et - notamment - aux enfants queer :)
Avant d'ouvrir ce livre, je n'avais jamais entendu parler d'adultisme. Si on devait le résumer, il s'agit d'âgisme spécifique des adultes envers les enfants. Cependant, ça va plus loin que l'invalidation ou le sophisme d'attaque personnelle. Ça va jusqu'à justifier politiquement des discriminations à l'égard des enfants pour soi-disant les protéger. La réalité est que la seule chose qui est protégée est l'ego des adultes qui par habitude exercent une domination morale et physique sur les enfants.
L'autrice, qui est une sociologue et chercheuse pour GRIS-Montréal, nous donne plusieurs exemples de phénomènes sociaux où on voit la domination des adultes sur les enfants, mais elle se concentre surtout sur les questions concernant l'identité de genre ou l'orientation sexuelle (Queerness).
Son propos est surtout que les parents, la société et les adultes en général ont tendance à invalider les réalités des enfants queer en leur retirant leur agentivité, en les questionnant constamment sur ce qu'ils estiment être des choix, font des sous-entendus comme quoi ils seraient influencés de l'extérieur par un entourage quelconque, les médias, le wokisme, etc. Également, ces mêmes adultes n'ont parfois aucune considération pour la vie privée et se permettent de outer des personnes sans leur consentement ou de militer en faveur de politique qui les forceraient à se dévoiler.
Parlant de politique, on va aussi avoir beaucoup de contradictions dans les réactions. Par exemple, beaucoup de conservateurs sont en faveur d'interdire les thérapies hormonales ou les chirurgies d'affirmation de genre sur les enfants (pour ce 2e cas, c'est déjà interdit avant 18 ans sauf pour la mastectomie) sous prétexte qu'il y aurait des effets irréversibles. Or, pourquoi ces mêmes parents s'empresseraient d'opérer leurs enfants intersexes dès la naissance et de manière permanente aussi?
Pourquoi on présume que l'hétérosexualité est la voie naturelle et que ce qui en déroge relève d'une dérive par rapport à la norme? Nos rapports sociaux sont construits ainsi. Comme si protéger les enfants revenaient à les protéger de... faire des erreurs? De dériver de la voie tracée par... qui? Dieu? Les normes sociales?
Pourquoi on s'insurge contre les bloqueurs d'hormones pour les mineurs alors qu'ils sont pourtants prescrits à des enfants cisgenres dont la puberté va trop vite?
Ce sont tous des questions pertinentes que l'autrice explore et qui remet en perspective notre rapport social avec les enfants et qui, se résume en fait à une chose simple : Les adultes ne veulent pas réellement protéger les enfants, mais leur autorité parentale. C'est d'ailleurs un argument qu'on entend souvent de la part de certains groupes qui revendiquent l'autorité parentale pour interdire ce qui relève de la queerness tout en exigeant du même souffle pouvoir transmettre eux-mêmes l'éducation sexuelle à leurs enfants.
Une lecture qui, à mon avis, devrait être lue par beaucoup de gens, mais on sait que ceux que ça concerne n'auront pas forcément l'ouverture pour le faire.