Très bonne mise en bouche pour la genèse de réflexions variées sur la douance. En fait, j'ai personnellement été très interpellé par cet ouvrage, sans prétention, qui traite d'un sujet malheureusement trop peu discuté.
De Kermadec structure son propos dans une suite logique, relativement simple à suivre: la reconnaissance du surdoué, identifier ses "dons", envisager des pistes de solutions, accepter son identité et conclure avec une consultation professionnelle. Même si, en apparence, la progression de son ouvrage laisse entrevoir une sollicitation à outrance pour des services professionnels, je n'en suis pas ressorti avec cette impression. Pour tout dire, j'ai même eu le vague ressentiment qu'elle exprimait beaucoup de bienveillance, tant pour son lecteur que pour son sujet.
Cependant, je ne peux m'empêcher de lui reprocher trois grandes failles, à savoir:
1. L'écriture qui est trop succincte, ce qui permet de toucher à plusieurs facettes de la vie du surdoué, mais sans jamais (ou d'avoir le sentiment) d'atteindre le coeur du sujet.
2. Extrêmement ethnocentrique, en particulier lorsque de Kermadec décrit les relations difficiles entre les surdoués et leurs interlocuteurs en contexte français. Or, pour avoir vécu en Asie, je peux affirmer que mes observations étaient fort différentes.
3. Un chapitre trois rempli de tergiversations. Dans un premier temps, de Kermadec semble faire l'inventaire des forces fréquemment attribuées aux surdoués (vivacité d'esprit, humour, etc), mais, dans un second temps, elle reconnait que ces éléments sont souvent la cause d'une quantité phénoménale de tensions entre ces derniers et leur entourage. Bref, ils "gagneraient à être perdants".
Je recommande, mais seulement en tant qu'amorce.