Aveu de tendresse de Cécile Cayrel est un roman qui déjoue toutes les attentes. On y suit Samuel, intérimaire dans une usine de surimi, qui trouve dans l’adoption d’un poisson nommé Betty une échappatoire à sa solitude. Très vite pourtant, l’histoire prend un virage inattendu quand un cadavre est découvert chez lui. Interrogé par la commissaire Delair, Samuel livre sa version des faits.
Samuel est un personnage hyper attendrissant car il se rapproche plus du anti-héros que du protagoniste flamboyant. On ne peut pas s’empêcher de se demander à quel point sa version des faits est fiable et s’il n’est pas constamment en train d’essayer de nous embobiner pour nous attirer de son côté. Néanmoins, il éveille en nous un émoi immense car, à sa façon, il nous livre son regard tendre et maladroit sur le monde.
Le roman joue sur plusieurs registres : l’humour avec des situations décalées et des dialogues savoureux, la poésie dans la façon de dessiner la solitude et le besoin d’aimer ou encore également la brutalité lorsque l’autrice fait subitement intervenir des phrases plus tranchantes sur l’âpreté de l’existence. C’est précisément cet entrelacement de tonalités qui confère au texte un rythme solide et particulièrement prenant.
On tourne les pages d’Aveu de tendresse avec le sourire aux lèvres et les yeux un peu humides par moment. L’autrice réussit, ici, à nous offrir un polar à la fois émouvant et inventif qui place un poisson-clown en son cœur. C’est aussi délicieux qu’inattendu. Foncez !