Il y a deux heures ou peut-être mille ans, Juliette s’est réveillée. Elle a effectué les gestes qu’elle répète tous les jours : écouter le souffle de sa fille de huit mois, la prendre dans ses bras, chauffer le biberon et attendre Clare, la voisine qui toque chaque matin. Juliette ouvre la porte, seulement ce n’est pas Clare, c’est lui. « Pour les amateurs de roman noir, Louise Mey est désormais une référence incontournable. » Causette
Louise Mey is a Paris-based author of contemporary noir novels dealing with themes of domestic and sexual violence, and harassment, often with a feminist slant. The Second Woman is her fourth novel, but the first to be translated into English.
Louise Mey écrit des romans noirs qui traitent principalement de violences faites aux femmes. Dans « 34m2 », elle emmène son lecteur dans un huis clos suffocant d’une rare force inouïe, où la peur et la reconstruction s’entremêlent dans l’espace réduit d’un minuscule appartement qui résonne de souvenirs intimes. Ce très court roman oscille entre les descriptions d’un quotidien répétitif et bienheureux et la peinture d’une résilience en marche. Il aborde également l’emprise, la violence conjugale, la peur avec une sensibilité acérée.
Le titre du roman, « 34m2 », fait référence à l’appartement où Juliette, jeune mère, vit avec sa fille Inès après avoir fui un compagnon violent. Cet espace, qui peut sembler étriqué, prend pourtant des reflets de cocon protecteur. Dans ce nid ouaté, à l’abri du monde, Juliette retrouve les gestes normaux du quotidien, ceux faits sans la peur au ventre. Elle offre de la douceur et de l’attention à la petite Inès. Mais dans ce décor minimaliste, la jeune mère vit sur le qui-vive, car, si ces murs la protègent, ils sont aussi les témoins d’une vigilance accrue, d’une peur viscérale liée au passé.
L’écriture de Louise Mey saisit avec une acuité impressionnante la gravité de la peur post-traumatique, tant le climat qu’elle imagine dans « 34m2 » est oppressant, écrasé par un passé omniprésent. Loin d’être un simple « souvenir », l’ombre de son histoire personnelle liée à un homme se glisse dans chacun de ses gestes et de ses pensées. Malgré sa fuite, la terreur ressentie lors de cette période ne l’a jamais quittée. Elle est vit en hyper vigilance : ferme sa porte à double tour, s’est assurée de ne pas vivre au rez-de-chaussée, vérifie sans arrêt que sa fille respire… Juliette est marquée au fer rouge par sa « vie d’avant », et cet homme qui hante ses jours et ses nuits. Heureusement, Inès fait désormais partie de sa vie.
L’arrivée de cette petite fille rend précisément « 34m2 » encore plus anxiogène. Non par sa présence, mais par un danger implicite qui plane sur elle. La relation entre la mère et la fille est à la fois le véritable cœur du roman, mais aussi la seule lumière qui en jaillit. Inès aide sa mère à retrouver un sens à sa vie, à renouer avec une forme de sérénité. Pourtant, la maternité n’est pas idéalisée : Louise Mey montre à quel point Juliette est saisie de doutes, d’angoisses, de fatigue, en sus des blessures profondes qu’elle transporte comme des sacs de sable terriblement lourds. Si l’autrice nous donne à savourer ces moments de joie, elle place aussi le lecteur dans une situation d’angoisse sourde, comme si un voile noir était susceptible de venir assombrir toutes ces joies du quotidien. Le lecteur, lui, est à l’affût.
Car, Louise Mey ne se contente pas de décrire l’emprise et la violence conjugale, elle en décortique les mécanismes. Les différents flashbacks et pensées furtives de Juliette démontrent comment la domination s’est s’installée insidieusement, jusqu’à l’érosion totale de l’estime de soi. Juliette a été progressivement isolée, culpabilisée, rabaissée. Le schéma déroulé devant nos yeux fait froid dans le dos, et explore avec une intensité angoissante ce que vivent certaines femmes. Je me suis souvenue du confinement, de ces drames familiaux, de ces séquestrations obligatoires où les bourreaux avaient toute latitude sur leurs prisonnières. L’autrice montre très bien que fuir physiquement n’est pas synonyme de s’échapper mentalement. La prison psychologique de Juliette est une blessure à vie. L’ombre de l’agresseur est toujours aussi vivace, et les réflexes de Juliette anticipent un potentiel danger à chaque seconde, même délivrée. La reconstruction est lente, voire impossible, ce qui augmente de plusieurs crans l’atmosphère anxiogène de « 34m2 ».
L’écriture de Louise Mey est d’une grande justesse : la fluidité du récit épouse la cadence des pensées de Juliette. Sa plume allie une minutie presque clinique à une vraie sensibilité, immergeant le lecteur dans le dédale psychologique de son héroïne. À travers des phrases denses et saccadées, elle retranscrit l’urgence de l’angoisse, le tonnerre des souvenirs intrusifs. Son écriture préfère la pudeur au pathos, laissant le lecteur combler les silences et ressentir l’intensité des émotions sous-entendues. Cette maîtrise stylistique confère à « 34m2 » une authenticité oppressante et un impact émotionnel vivace.
« 34 m2 » est un roman qui saisit le lecteur et l’immerge dans une tension émotionnelle qui monte crescendo. Le personnage de Juliette, son sentiment d’oppression, sa peur viscérale sont parfaitement retranscrits, provoquant chez le lecteur non seulement un profond malaise, mais aussi une empathie immédiate. « 34m2 » navigue entre ombre et lumière, peur et résilience, accablement et soulagement. C’est un texte qui marque profondément l’âme et l’esprit, tant il étouffe et étrangle le lecteur. Jusqu’à la dernière page, avec ce final hallucinant, Louise Mey nous tient en haleine et nous donne à voir par une fenêtre entrouverte ce qui se déroule derrière une porte close. Tout à fait saisissant… et indubitablement nécessaire.
Un récit coup de poing. Un huit-clos oppressant dans lequel l’autrice nous plonge dans la psyché d’une jeune femme confrontée à la violence d’un homme.
Ce n'est pas mon premier Louise Mey donc je savais à quoi m'attendre, mais ça n'empêche pas que wow. Un roman court qui se lit très vite (enfin, sans compter les pauses respirations, que l'on peut se permettre quand on lit), et qui, je pense, parle très bien de son sujet. En tout cas, l'angoisse du huit clos est extrêmement bien retranscrit. J'ai adoré la partie aliénante de devenir parent, et de n'avoir le temps pour rien. Et je m'y suis vraiment reconnue, même si je ne suis pas solo. Mais ça a rendu la partie "emprise" encore plus frappante.
Cette autrice a un talent certain pour me mettre les nerfs à fleur de peau (j’avais déjà été particulièrement chahuté lors de la lecture de la “deuxième femme”). Et pour ça : BRAVO petite déception sur les dernières pages
Encore une claque ce roman, bravo Louise!! Bon toujours sur des sujets importants mais déprimants, en l'occurrence un mec pervers narcissique qui a soumis une femme, Juliette, qui a réussi à s'éloigner, et à avoir un bébé toute seule. Mais le roman s'ouvre et on comprend que le mec l'a retrouvé. Magistral, chargé d'émotions, tout en délicatesse sur ce que ressent l'héroïne quand la peur paralyse, quand on doit se protéger. Très court à lire, je conseille à tout le monde!
J'ai vraiment du mal à noter ce livre que j'ai lu presque d'une traite, en apnée. C'est loin d'être une lecture agréable mais une chose est sûre, le talent de Louise Mey n'est plus à prouver, les phrases très longues, les paragraphes sans ponctuation, les descriptions de gestes du quotidien dans leurs moindres détails contribuent tous ici à la montée de l'angoisse, comme Juliette on est sur le qui-vive tout le long de ces 100 pages. C'est un court récit en huis-clos qui prend aux tripes, la peur et ses mécanismes dans un contexte de violences conjugales est extrêmement bien écrite, l'objectif est certainement atteint pour l'autrice, pourtant il m'est difficile de dire que j'ai apprécié ou que je conseillerai ce roman
C’est une journée agréable qui s’annonce pour Juliette. Sa fille vient de faire sa première nuit complète, elle va pouvoir déjeuner et prendre une douche sans avoir besoin de s’interrompre pour calmer ses pleurs. Un peu de ménage, quelques courses et la visite quotidienne de sa voisine Clare sont au programme, une sorte de routine qui convient parfaitement à cette maman ayant fait un bébé toute seule. La sonnerie retentit, Clare est ponctuelle, comme chaque matin. Mais quand Juliette ouvre la porte, c’est face à lui qu’elle se retrouve. Celui qu’elle pensait disparu de sa vie à tout jamais. Son pire cauchemar. Outch ! Difficile de qualifier autrement ce texte coup de poing hyper déstabilisant. Louise Mey laisse la tempête à venir s’installer dans le plus grand calme. Le début est une mer d’huile, sans vague ni vent. Un quotidien tranquille et serein, même si on se doute que Juliette a un lourd passé. Et puis la porte s’ouvre et l’enfer commence. Sans bruit ni explosion de violence, tout se joue dans la tête de Juliette. Incroyable de constater à quel point l’autrice parvient à traduire l’état d’esprit de son personnage, à quel point elle décrit le flot continu de ses pensées dans un mouvement parfait mêlant terreur, lucidité, colère et résignation. Le résultat est d’un réalisme sidérant qui tord les tripes et pousse l’angoisse à son paroxysme. Une lecture aussi effrayante qu’indispensable.
Je sais pas trop ce que j’en ai pensé, et en tant que libraire je sais pas trop à qui je pourrais le conseiller — dans le sens où c’est extrêmement violent la façon dont est racontée la peur, l’emprise, l’impossibilité de réagir. Perso c’est pas un livre qui m’a fait du bien quoi :/ ça m’a noué le cœur et il est assez noué comme ça :(
Bienvenue dans la tête d'une femme maltraitée pendant des années par l'homme avec lequel elle vivait. C'était bien décrit et donc stressant, donc j'ai apprécié le fait que ça soit court. On devrait peut-être obliger tous les "bah elle avait qu'à partir" à lire ce genre de livre, ça les aiderait à comprendre le problème.
J'ai reçu un SP via NetGalley en échange d'une critique honnête.
Je sais pas trop quoi dire de ce livre. Il est très court, ce qui m'a plu. Par contre, il était assez difficile à lire. Mais c'est le but. J'ai trouvé que le concept et l'exécution était tout les deux très originaux et bien faits. J'ai eu un peu plus de mal avec la fin qui m'a paru un peu absurde mais elle était aussi nécessaire, je pense. Ca m'a fait rire et j'en avais bien besoin. Bref, je recommanderai cette lecture pour quiconque cherche quelque chose d'orignal et plein d'emotions. J'ai également hâte de lire d'autres livres écrit par Louise Mey.
Ce court roman est le monologue intérieur d’une femme retrouvée par l’homme sous l’emprise duquel elle a été plusieurs années. Elle a réussi à lui échapper mais ce matin-là, il sonne et elle lui ouvre. La narratrice est tendue vers sa survie, hypervigilante. Du titre à la dernière page, Louise Mey travaille l’enfermement et dit l’impossibilité de penser un extérieur à la prédation. Il s’agit d’un texte fort et frustrant tout entier orienté vers un ailleurs qui se dérobe sans cesse: pas d’appel d’air, pas d’ouverture, un maillage littéraire serré et asphyxiant. Glaçant et oppressant mais efficace.
Comme toujours avec Louise Mey, je suis prise aux tripes. Elle arrive en si peu de pages à nous faire ressentir l’horreur, l’impuissance, la violence. C’est oppressant, c’est puissant, je sais pourquoi j’ai décaler ma lecture aussi longtemps alors que je l’ai acheté dès la parution.
Je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non, difficile de le noter. La seule chose que je peux dire, c'est que c'est extrêmement immersif, ça se lit vite et on ressent de la tension du début à la fin.
Avis mitigé. D'un côté j'ai trouvé les thèmes de la peur et de l'emprise parfaitement traités et l'écriture vraiment au service de ces thèmes. On ressent parfaitement bien par les mots et la syntaxe les efforts pour Juliette de se raccrocher à des petits éléments de la vie quotidienne et à sa fille pour avoir un équilibre et repousser ses peurs. On ressent aussi parfaitement bien le moment où Juliette se retrouve complètement tétanisée, avec un corps sans réaction mais un esprit qui cavale et qu'elle cherche à canaliser. Mais d'un autre côté, tout le court récit est centré sur ces moments, à part quelques mentions du passé. Et ça en a fait un récit trop étouffant, car même si on comprend la fin, il nous manque un après. Sur la 4e de couverture il est qualifié de roman noir, mais c'est plutôt un récit sociétal, un texte à message qui ne finalement ne vise que son message et nous laisse un peu seul avec ça. Ça en devient, je trouve, un texte à prétexte, même si très bien exécuté.
Me voilà bien embêtée : je suis incapable de vous dire si j’ai aimé, ou non, ce livre ! Le pire, c’est que les raisons qui me poussent à dire oui sont les mêmes qui me poussent à dire non.
Une chose est sûre, Louise Mey nous embarque dans un récit angoissant, voire asphyxiant, et ce, dès le prologue !
On sait, dès le début du livre, que Juliette est confrontée à une situation intolérable, à laquelle, d’ailleurs, elle pensait avoir échappé. Il aura suffi d’un moment d’inattention pour laisser le loup entrer dans la bergerie. Semblable à un poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal, la voilà prise au piège, cherchant à maintenir la tête hors de l’eau pour réussir à respirer et, surtout, réfléchir. Pour cela, elle doit s’accrocher à ce qu’elle peut contrôler. Alors, elle compte, un, les chiffres ainsi que les couleurs associées, deux, l’empêchent, trois, de perdre pied, quatre, elle doit aussi penser à sa fille de huit mois, cinq, elle doit la sauver, six, elle doit se sauver, sept, elle sait comment réagir pour que, huit, la colère n’explose pas, neuf, elle l’a déjà fait tellement de fois auparavant, dix, onze, douze, respirer, se calmer, treize, c’est de sa faute, quatorze, elle lui a ouvert la porte, quinze…
Pendant tout le reste du récit, on assiste à cette lutte intérieure, aux événements qu’elle croyait relégués au passé. On retient son souffle, on se demande comment elle va réussir à s’en sortir, même si le pire vient de lui arriver. Mais il y a pire, s’il s’en prenait à sa fille ? s’il la tuait ? s’il les tuait ?
Bref, l’autrice aborde un thème qui n’est pas nouveau mais le fait d’une façon innovante, audacieuse, qui, finalement, me pousse à dire que j’ai aimé… mais je n’en suis pas sûre ! euh… non ! zut ! je ne sais pas… mais si ! quoique...
Vous est-il déjà arrivé de ne pas savoir si vous avez aimé un livre ?
Je dois dire que je m’attendais à tout et rien à la fois avec ce livre d’une petite centaine de pages. Et je dois dire que j’ai été plus qu’étonnée même si ça n’a pas été un coup de cœur.
Ce roman est construit d’une telle façon qu’on ne comprend pas vraiment où est ce que nous atterrissons. Nous sommes dans ce 34m2, aux côtés de Juliette et sa fille Inès. Juliette aux réflexes particuliers. Juliette qui compte.
Nous vivons alors cette routine avec cette mère que nous devinons célibataire. Mais en même temps, l’ombre d’un homme rode constamment autour d’elles, nous faisant alors douter.
Nous arrivons petit à petit à un point où nous ne savons même plus si nous devons la croire. Sommes-nous dans la réalité ? Sa réalité à elle ? Serait-elle folle ? Sa fille existe-t-elle vraiment ? Et cet homme qui rode, existe-t-il vraiment lui aussi ? De nombreuses questions, les plus tordues soient elles apparaissent, alors que nous continuons de vivre à ses côtés.
Et puis viennent les 20-30 dernières pages, ressemblant presque à une course contre la montre, sans que nous ne sachions vraiment comme nous en sommes arrivés là. Toujours avec Juliette et cette petite Inès. Et puis vient la fin. La fin du roman. La fin des doutes. La fin du suspense, mais qui reste là. Libre à nous d’interpréter ce roman comme on le souhaite même si le sujet principal est bien visible. Ce sujet si bien caché durant tout ce temps. Un peu comme il peut l’être dans toutes les discussions. Comme il peut l’être dans la vie de chacun.
Même si je dois dire que j’aurais apprécié lire une autre fin, ou du moins avoir quelques pages supplémentaires, je dois dire que ce roman a été écrit d’une main de maitre. Dans ce roman, les phrases sont courtes, tranchantes, directes. Tellement courtes et directes qu’elles nous mettent mal à l’aise. Mettent en place une atmosphère tellement pesante, qu’il est presque nécessaire de faire des pauses pour sortir la tête de l’eau. Sortir de ce 34m2. Sortir de la tête de Juliette.
Avec le recul, je pense sincèrement que c’est un roman que beaucoup devraient lire. Autant afin de découvrir le talent de l’autrice. Mais également afin de découvrir cette histoire et tout ce qui en découle.
Pour mieux imaginer. Pour mieux comprendre. Pour mieux sauver, peut-être.
Il y a des livres qu’on entame en sachant qu’ils vont laisser des traces. Avec Louise Mey, on ne s’attend pas à une lecture légère : on sait qu’on va plonger dans la douleur, dans la violence, dans l’indicible. 34 m² ne fait pas exception. C’est un texte court, mais d’une densité émotionnelle vertigineuse. En quelques pages, il broie le cœur et l’âme. Tout commence doucement, presque tendrement. Juliette s’éveille, sa fille Inès dans les bras, des gestes répétés chaque matin comme un rituel protecteur. Elle compte, elle s’ancre, elle tient debout. Puis, la porte s’ouvre. Ce n’est pas Clare. C’est lui. Et tout bascule. La tension s’installe, sourde, puis grimpe sans relâche jusqu’à devenir insoutenable. Louise Mey maîtrise l’art du crescendo, celui qui vous laisse le souffle court, les tripes nouées. Sa plume, reconnaissable entre toutes, martèle des phrases longues, rythmées par les répétitions, comme autant de battements de cœur affolés. J’ai lu en apnée, prisonnière de ce huis-clos étouffant. Ce roman est un cri, un choc. Il nous colle à la peau, nous fait ressentir chaque émotion de Juliette, chaque peur, chaque frisson. C’est intense, brutal, bouleversant. Et pourtant nécessaire. Parce qu’il donne une voix à celles qui vivent sous emprise, terrées dans la peur, englouties par la violence, portées par la survie. Un texte fort, à lire d’un seul souffle. Et à ne pas oublier.
😰 Glaçant En trois mots : violence - huis clos - femme
« Et elle s’est dit, plusieurs fois dans sa vie : chaque femme choisit ce qui peut la détruire ou pas. Et personne n’a à juger de ça. »
➡️ Le début peut paraître simple voire banal avec le quotidien calme et la reconstruction d’une femme ayant vécu l’enfer. Ce manque de rythme se justifie par rapport à l’intrigue, un peu comme le calme avant la tempête… mais ne m’a pas permise d’être complètement embarquée dans l’histoire.
➡️ On se retrouve ensuite dans un huis clos étouffant et glaçant. Malgré un sujet très difficile et ô combien important, je n’ai pas totalement accroché… il m’a surtout manqué de l’émotion et de l’attachement au personnage principal même si la situation horrible ne peut que toucher le lecteur.
➡️ Le style d’écriture très particulier mais cohérent par rapport à l’ambiance peut malgré tout gêner, surtout au début, il faut un peu de temps pour s’y habituer. La fin est en revanche percutante, peut-être un peu courte mais c’est aussi cela qui la rend aussi impactante et symbolique.
Merci aux éditions du Masque pour ce service de presse numérique via NetGalley.
Un texte compact et intense où chaque mot, chaque description compte. J'ai beaucoup aimé plonger dans la conscience d'une femme violentée et abusée, suivre les mécanismes de sa pensée et comprendre les rouages de son acceptation... assujettie... Ou pas...
Certains passages représentent un bel exercice de style mariant la pensée à la parole: ''— Tu étais chez Emma ? EMMAEMMAEMMAest-cequ’ilestalléchezEmmaest-cequ’ilafaitdumalàEmmaelleaeusipeurquandilestentréqu’ellen’amêmepaseuletempsdepensercommentill’avaitretrouvéeattendsattendsattendss’ilposelaquestionc’estqu’ilnesaitpascalmetoicalmetoiécouteécoutecequ’ilteditcequ’iltedemandeécoute. Le chœur est fébrile et tendu, le prénom de sa sœur dans sa bouche à lui, Juliette réfléchit, se concentre, elle répugne à dire non, à dire oui. Mais elle aura peut-être besoin du mensonge plus tard, pour l’instant le plus simple est de dire la vérité. — Quand tu es partie tu étais chez Emma ? (...)"
Avec 34 m², Louise Mey continue d’explorer les thèmes de la violence et de la résilience, déjà présents dans Je suis une fille de chez personne et Le Dernier adieu. Juliette, jeune mère ayant échappé à une relation abusive, se retrouve emprisonnée dans son petit appartement de 34 mètres carrés, où son passé resurgit lorsqu’elle se confronte à son ancien compagnon violent.
L’auteure, fidèle à son style, crée une tension palpable en exploitant l’espace clos comme un personnage à part entière, symbolisant l’emprise psychologique qui étouffe Juliette. Par des flashbacks habiles, Mey dévoile la mécanique de la violence et de l’isolement, sans jamais tomber dans le pathos.
34 m² est un thriller percutant, d’une grande maîtrise, où la violence psychologique est mise en lumière avec une rare justesse. Louise Mey signe ici un récit intense et marquant, qui s’ajoute à ses plus grandes œuvres.
Un énième roman 'thriller' victimaire où une femme est attaquée par son ex qu'elle a fini par fuir après des années de maltraitance. En 140 pages (c'est le seul avantage du roman, il est court), l'héroïne terrorisée ne sait pas comment se défendre et compte ses pas et les secondes dans son 34 m2, où elle affronte son agresseur. Les femmes sont toujours démunies quand le Prince Cogneur attaque, c'est désespérant. La fin, étonnante, est assez peu crédible sur le plan anatomique, et je ne sais comment prendre le final animalisant l'héroïne. Une étoile. Dispensable.
Avec Juliette, davantage dans sa tête que dans ses 34m2, nous partageons sa peur, sa terreur et nous souffrons avec elle. Le laps de temps que nous donne le micro-ondes, entre l'entrée de l'homme dans le 34m2 et la conclusion, est court, mais la peur est tellement dense, tellement insupportable, que l'impression est que ça a duré des jours. La fin est intense mais j'aurais voulu qu'elle ne soit pas si rapide. Savoir ce qui va arriver après pour Inès. J'ai envie d'en dire plus, de poser plus clairement mes interrogations, mais ça m'amènerait à révéler des éléments importants de l'intrigue.
Lecture agréable, rapide, qui nous plonge au cœur d’un esprit, d’un corps tourmenté par une expérience de violence conjugale. J’ai adoré lire les 133 premières pages….mais tellement déçue par les 5 dernières. Fin beaucoup trop brutale (en comparaison du reste du récit), qui manque de profondeur …. Cela est certainement un choix délibéré de l’autrice…mais malheureusement je ferme le livre un peu déçue.
Louise Mey est agréable à lire, et ce livre est court, se lit vite et est très prenant. Il est aussi énervant parfois car tu te surprends à trouver des solutions pour s’échapper, mais la femme ne fait rien de tout ça.. intérieurement on la trouve molle, pas assez efficace mais bien sûr qui sommes-nous devant le livre à penser comment on ferait à sa place..
Un roman qui tient en apnée pendant une centaine de pages, dans un huis clos à glacer le sang. Je n'ai pas pu le lâcher même si je n'étais pas sûre de vouloir connaître la fin. Je recommande, comme les autres livres de l'autrice !
Waw incroyable ! Difficile de la lâcher, en le lisant, on ressent l’angoisse de la narratrice mais aussi ses moments de panique qu’elle essaie tant bien que mal d’atténuer. J’ai adoré le style d’écriture de l’autrice que je ne connaissais pas.
Sans aucun doute un super livre, mais j’ai mis mille ans à le terminer (littéralement des semaines sans lire les 10 dernières pages) parce que j’avais trop peur de la fin.