" Ce polar à plusieurs voix nous fait vivre l'intrigue du côté des suspects, et c'est réussi!" Je bouquineLE MEURTRE NE FAISAIT PAS PARTIE DE LA PROMESSE.Dans son lycée d’élite, la discipline est reine, le proviseur en fait son affaire : ses garçons atteindront l’excellence. C’est sa promesse. Mais un jour, il est retrouvé assassiné. Trois élèves, J.B., Trey et Ramón, sont immédiatement suspectés. Ils avaient les moyens, le mobile... et peut-être même l’arme du crime. Tous trois clament leur innocence et doivent s’unir pour traquer le vrai meurtrier avant d’être arrêtés.
Avec Elite Boys, Nick Brooks signe un roman coup de poing qui dépasse largement les codes du simple thriller scolaire. Derrière l’intrigue policière captivante se cache une réflexion profonde sur la société, ses injustices et les pressions que subissent les jeunes. Le récit se déroule dans un lycée d’élite où la réussite et la discipline sont érigées en valeurs absolues, mais où l’apparence de perfection se fissure brutalement avec le meurtre du proviseur. Trois adolescents, immédiatement pointés du doigt, doivent alors prouver leur innocence et déjouer les pièges d’un système qui les considère déjà comme coupables. Ce roman, haletant et profondément humain, interroge autant qu’il divertit, et mérite une lecture attentive.
Nick Brooks adopte une écriture nerveuse et contemporaine, qui colle parfaitement à la voix de ses personnages adolescents. On y retrouve des dialogues vifs, une narration accessible mais toujours intense, et une atmosphère qui nous plonge directement dans les couloirs de ce lycée où chaque regard peut être accusateur. La force de sa plume réside dans sa capacité à allier efficacité narrative et profondeur émotionnelle : le rythme ne faiblit jamais, mais derrière l’action, on sent constamment la volonté de mettre en lumière des problématiques sociales et humaines. Brooks parvient à créer une tension palpable, presque cinématographique, tout en rendant ses héros crédibles et attachants. On ne lit pas seulement une enquête : on vit aux côtés de J.B., Trey et Ramón, on partage leur peur, leurs doutes, et surtout leur colère face à l’injustice.
Le décor du lycée d’élite n’est pas choisi au hasard. C’est un lieu symbolique, où tout doit briller en surface : discipline irréprochable, avenir prometteur, réputation impeccable. Mais cette façade cache un climat oppressant où les élèves évoluent sous une pression constante. L’établissement n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, c’est une machine à fabriquer des réussites, quitte à écraser ceux qui ne rentrent pas dans le moule. L’ambiance devient presque carcérale : les règles strictes, la surveillance permanente, le culte de l’excellence… tout concourt à étouffer plutôt qu’à épanouir. En choisissant ce cadre, Nick Brooks fait du lycée à la fois décor et catalyseur des tensions. C’est dans cette atmosphère lourde que le meurtre survient, révélant les fissures et les hypocrisies de cette institution soi-disant parfaite.
Le roman s’ouvre sur un choc : le proviseur, figure d’autorité absolue, est retrouvé assassiné. L’équilibre fragile de l’école s’effondre et très vite, les soupçons se portent sur trois élèves : J.B., Trey et Ramón. Ils avaient, chacun à leur manière, des différends avec la victime et donc un mobile potentiel. Mais au lieu d’un simple “whodunit” classique, Nick Brooks choisit une approche plus profonde : le lecteur suit ces trois adolescents qui clament leur innocence et tentent de reconstituer les événements pour trouver le vrai coupable. Ce chemin vers la vérité est semé d’embûches, de faux-semblants et de retournements qui tiennent en haleine. L’intrigue joue habilement avec les certitudes du lecteur : qui dit vrai ? qui manipule ? Rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît.
L’un des aspects les plus marquants du roman est sa dénonciation du racisme, souvent insidieux mais bien réel. Dès que le proviseur est retrouvé mort, les regards se tournent naturellement vers J.B., Trey et Ramón. Pourquoi eux ? Parce qu’ils correspondent aux “coupables faciles” : des garçons issus de minorités, déjà perçus comme turbulents ou en marge, donc suspects idéaux aux yeux d’une institution biaisée. Nick Brooks met en lumière ce mécanisme cruel, où la couleur de peau et l’origine sociale suffisent à créer une présomption de culpabilité. Cette critique résonne fortement avec la réalité : combien de jeunes, dans la vraie vie, se retrouvent confrontés à ce même préjugé, simplement parce qu’ils ne correspondent pas aux normes de l’élite ? Le roman force le lecteur à prendre conscience de ces injustices systémiques et à réfléchir à la manière dont la société fabrique ses boucs émissaires. Le thriller devient alors bien plus qu’un simple divertissement : c’est un miroir tendu à nos propres biais.
Le cœur battant de ce roman, ce sont ses trois protagonistes. J.B., Trey et Ramón ne sont pas des archétypes interchangeables, mais de véritables voix distinctes. Chacun apporte son histoire, sa culture, ses blessures et ses espoirs. Ils représentent des parcours différents, mais unis par une même réalité : leur statut de suspects leur colle à la peau plus facilement que pour d’autres élèves, parce qu’ils sont perçus à travers des préjugés. Leur évolution est l’une des forces du récit : de la méfiance initiale naît une solidarité presque fraternelle. Ensemble, ils apprennent à s’appuyer les uns sur les autres pour survivre à l’épreuve. Les personnages secondaires, qu’ils soient enseignants, camarades ou figures d’autorité, viennent compléter ce tableau avec justesse. Certains incarnent l’injustice et la suspicion aveugle, d’autres laissent entrevoir des nuances et des contradictions. Ce qui frappe, c’est à quel point chacun reflète une facette de la société : soutien, indifférence ou préjugés.
Elite Boys est un roman puissant à la croisée des genres : un thriller haletant, une fresque sociale et un récit initiatique. Nick Brooks y déploie une plume vive et percutante, qui maintient la tension tout en donnant une vraie voix à ses personnages. Le cadre du lycée d’élite, fausse vitrine de perfection, sert d’écrin à une intrigue sombre qui révèle les fractures et les injustices. Mais au-delà du suspense, c’est surtout le message qui marque : la dénonciation d’un système prompt à accuser les plus vulnérables et à se chercher des coupables faciles. Avec J.B., Trey et Ramón, le lecteur traverse un récit à la fois palpitant et profondément humain, qui secoue autant qu’il captive. Elite Boys n’est pas seulement une enquête à résoudre, c’est un roman qui questionne et qui ouvre les yeux.
3,5/5 L’enquête est sympa mais le dénouement n’est pas sensationnel. Cependant, j’ai bien aimé les différents points de vue et témoignages et la lecture était très fluide !
Nous sommes plongé au coeur d'un lycée où rigueur est le mot d'ordre et où la pédagogie est sans aucun doute à revoir. Trois élèves vont être suspectés de meurtre, reste plus qu'à savoir qui est le coupable. La plume de l'auteur m'a totalement happé, je ne pouvais plus lâcher le roman avant d'avoir fini. La façon dont il est construit nous donne l'impression d'être un témoin dans l'enquête, c'était génial ! Au delà de l'enquête, l'auteur aborde également le sujet de la discrimination raciale que j'ai trouvé bien amené, deux Noirs et un Latino : coupables idéals non ? Ce roman est un véritable combat contre toutes les discriminations raciales et sociales et j'ai aimé que finalement, le livre ne nous "parle" juste pas d'une enquête. Les trois personnages principaux m'ont vraiment plu, ils sont prêts à tout pour prouver leur innocence malgré les preuves. Les différents points de vue sèment le doute en nous jusqu'au dernier moment !
C’était une super lecture, que j’ai dévorée en quelques heures.
➵ La plume : Très prenante, super fluide, facile à lire. Elle va droit au but, ne passe pas par des descriptions à n’en plus finir, et est hyper addictive.
➵ La construction narrative : C’est la plus grande force du roman, elle nous plonge dans une série tv dont il est impossible de se décrocher. J’ai adoré la manière dont le roman était découpé, on allait de surprise en surprise grâce aux différentes parties et points de vue auxquels on ne s’attendait pas. Ça participe grandement à faire de ce roman un bon page turner, notamment en nous plongeant dans une enquête que l’on cherche à résoudre.
➵ Les personnages : Ça va crescendo, on apprend à les connaître petit à petit, on doute de leur innocence, on les apprécie plus ou moins. Ça rejoint la construction du roman, mais j’ai aimé qu’on découvre les personnages au fil de l’enquête.
➵ L’enquête : Grâce aux points précédents, elle est rendue attrayante et intrigante. J’ai apprécié le fait que ça nous donne envie de connaître le dénouement, mais surtout de participer à l’enquête. Le plus gros point négatif du roman, à mes yeux, c’est la fin, que je n’ai pas tant trouvée surprenante, malheureusement.
➵ Les sujets abordés : Au delà du fait que le roman est addictif et qu’il constitue une bonne enquête, j’ai apprécié les sujets dénoncés, notamment le racisme, particulièrement abordé dans ce livre. Les personnages sont vecteurs d’un message et tentent de se disculper malgré leur origine ou leur couleur de peau qui semble les avoir traînés dans leur situation. C’était assez marquant.
J’ai beaucoup aimé cette histoire que je recommande !
L’auteur a été prof aux États-Unis et ça se sent. Dans les couches de psychologie qu’il a su donner à chacun de ses personnages, dans le rendu de l’école, aussi, tant ses mauvais côtés que ses bons (coup de cœur pour madame Hall). Côté narration, il faut s’habituer à la forme au départ puisque le livre est créé à la façon d’une courtepointe, avec différents morceaux qui deviennent progressivement un tout, mais qui, dans la première partie, sont particulièrement éclatés, alors que plusieurs personnages prennent la parole pour parler de chacun des suspects. Le traitement séparé des trois, d’abord J.B., puis Trey et enfin Ràmon, permet toutefois de bien comprendre chacun d’eux, de découvrir d’où ils viennent, de s’attacher… et de conclure qu’aucun ne peut être coupable.
Là commence le « vrai » plaisir puisque les trois collaboreront (j’ai par ailleurs beaucoup aimé le personnage féminin de Keyana) pour déterminer ce qui s’est passé. Et soyez attentifs aux détails parce que vous pourriez aussi trouver le ou la coupable grâce à un indice bien placé (ce que j’aime toujours). Ce n’est pas nouveau, on a déjà vu ces thèmes, ces motifs, cette manipulation, mais ça reste efficace. Et pertinent, surtout dans l’univers dans lequel on glisse présentement peu à peu.
<< J'ai l'impression d'avoir toujours eu le mot coupable écrit en travers du dos. Sauf que cette fois, il est plein en lettres de sang. >>
Et un petit thriller YA, un !
Vous savez ce que j'aime dans les thrillers destinés à la jeunesse ? Là où les thrillers jouent beaucoup sur nos peurs d'adultes, les YA jouent sur les fossés générationnels, identitaires, sociaux et raciaux.
Elite boys est un parfait exemple de ça, s'il s'agit d'une longue résolution d'homicide, il s'agit surtout d'une intense réflexion sur l'impact que peut avoir notre identité dans notre quotidien, nos relations avec autrui et l'image que l'on donne aux autres.
Si on ne s'attache pas vraiment à nos trois personnages/suspects J.B, Trey et Ramon , on s'engage avec eux dans la quête de la vérité, l'enquête à travers leurs déboires causes par leurs identités.
Si le sang du proviseur a tâché son bureau, le sang de ces trois garçons est brandit tel un trophée pour la prospérité, la postérité. Ils sont dans cette école pour suivre la quête infernale de l'élitisme.
J'ai bien aimé cette histoire, le langage cru, les alternances de personnages, de points de vue, de partie de l'intrigue. Tout se goupille bien et ça fonctionne. Le côté '' langage parlé '' en est même plaisant parce que sans ça ce roman fonctionnerait beaucoup moins bien.
Aviez-vous déjà entendu parler de ce titre ?
<< Chaque gosse a des rêves d'avenir, avant que le monde extérieur ne les lui arrache et les lui détruise. >>
C’était mon premier thriller jeunesse/young adult, et j’ai passé un bon moment, notamment grâce à l’expérience de lecture : l’ensemble est construit de façons très déconstruites, avec de nombreux points de vue, surtout en début de livre, dans lequel une dizaine de personnes plus ou moins proches de l’affaire s’expriment sur le meurtre en quelques pages, et j’ai trouvé cela très intéressant.
Ensuite, avoir les réflexions des trois suspects qui s’opposent, tout du moins au début, est assez sympa, et dynamise notre propre recherche. Je n’avais pas vraiment vu venir la fin, en tout cas pas pour ce qui est du tueur. Surtout qu’il se lit vraiment très vite, donc on n'a pas vraiment le temps d’y réfléchir, et c’est parfait lorsque, comme moi, on aime se laisser porter plutôt que chercher absolument à trouver en amont.
Il y a aussi beaucoup de dénonciation plus ou moins mise en avant dans le texte, notamment autour des thématiques du racisme, qui sont amenés via le prisme culturel des Etats-Unis, et c’est un point qui m’a beaucoup touché dans ce livre.
3.5⭐️ Au départ la narration m’a un peu étourdie. C’était difficile de suivre avec tous ces personnages qui prenaient la parole. Mais une fois habituée, j’ai finalement apprécié cette construction différente du récit. Le suspense est bien présent, on apprend le meurtre à la toute première page. Ensuite, on apprend à découvrir les trois suspects du point de vue des témoins de l’histoire. Puis l’intrigue reprend fort quand les trois élèves se mettent à collaborer pour trouver le coupable. Ils y arrivent quand même facilement, même si moi je ne l’ai pas identifié malgré l’indice bien présent.
Un bon thriller qui, parce qu’il présente malgré tout une enquête dans une forme un peu particulière, va trouver sa place dans ma sélection pour mon projet policier.
this gripped me from start to finish!! i dont usually read this genre, but I do watch a lot of cop shows (which is probably why my little list of suspects got a lot shorter about midway through, but I still enjoyed it so much!!!!) all three main characters were compelling, and the secondary characters/families were super interesting and useful. loved the multiple POVs as well!! i'll def be looking out for more books by Nick Brooks
Il me faisait de l'œil depuis un moment déjà et je ne regrette absolument pas de m'être lancée ! L'histoire était hyper addictive, prenante et pleine de suspense. Elle dénonce aussi avec beaucoup d'humanité le racisme et les "coupables faciles". J'ai aussi beaucoup aimé la structure de de l'histoire, je crois que c'est la première fois que je vois ça en thriller (ado ou adulte). Bref, c'était une excellente lecture !