« Cette authenticité à laquelle ma grand-mère tenait tant a fini par paraître factice. Il en va toujours ainsi… Plus gros et plus clairs sont les joyaux, plus ils pourraient passer pour des jouets ou des bonbons. »
Lorsque Maô, étudiante timide et solitaire, fait la connaissance de Yotsuba, une employée dans la supérette où toutes les deux travaillent, elle a bien du mal à envisager l’avenir. C’est en réalité le point de départ d’une série de rencontres qui vont bouleverser son existence.
Il y a bien sûr Yotsuba, qui a grandi au sein d’une famille de restaurateurs ayant fait fortune au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; Miako, une artiste qui a vécu une adolescence tempétueuse et des amours contrariées ; Mai, une enfant-star malgré elle aujourd’hui hantée par le passé…
Année après année, les fils de ces différentes vies se tissent et forment sous les yeux de Maô un tableau vivace et émouvant, fait de drames, de regrets mais surtout de solidarité.
Un portrait éclatant du Japon depuis la fin de la guerre, qui explore avec finesse le regard de la société sur les femmes et la liberté à laquelle elles aspirent.
Asako Yuzuki (柚木 麻子, Yuzuki Asako) is a Japanese writer. She won the All Yomimono Prize for New Writers and the Yamamoto Shūgorō Prize. Asako has been nominated multiple times for the Naoki Prize, and her novels have been adapted for television, radio, and film.
Asako Yuzuki est définitivement une de mes autrices japonaises préférées. "La couleur des perles" est un roman très riche, à la fois fresque de la société japonaise depuis la seconde guerre mondiale et histoire de femmes ordinaires. On y retrouve des thèmes déjà présents dans "Le beurre de Manako": la solidarité entre femmes, les apparences, la quête de sens mais aussi l'amour de la nourriture. Il y a des passages assez durs aussi, sur les violences sexuelles et l'homosexualité au Japon. Cependant, c'est un vrai bonheur de lire un roman où les personnages féminins sont aussi complexes et réalistes. Asako Yuzuki a un véritable talent pour décrire la solitude qu'on peut ressentir en tant que femme dans une société patriarcale, et comment les amitiés peuvent devenir des bouées de sauvetage, notamment les liens noués avec des femmes plus âgées. Les femmes de "La couleur des perles" ne sont pas parfaites et ne vivent pas des vies faciles, mais elles s'entraident. Leur vie ne s'arrête pas non plus à 40, 50 ou 70 ans. J'ai été beaucoup touchée par l'idée que même dans nos moments les plus sombres, l'authenticité et la sincérité se trouvent dans nos liens avec les autres, mais aussi dans l'art, la cuisine, l'apprentissage.
Clairement l'un des meilleurs romans japonais que j'ai pu lire cette année. Sans trop en faire, il nous entraîne dans les côtés sombres de la société : sexisme, homophobie, pauvreté étudiante, silence sur les agressions sexuelles... Une approche salutaire dans cette société où prime le conformisme et où il faut tout étouffer.
J'ai aimé ses portraits de personnages féminins. On a des femmes à la marge d'une manière ou d'une autre, imparfaites, mais qui survivent et se débrouillent quand même pour avancer vers du mieux. L'entraide et la solidarité sont aussi importantes.
Le style et la narration ne sont pas des plus dynamiques, mais cela ne m'a pas gênée. J'ai apprécié l'aspect jeu de piste et le fait de recouper les points de l'histoire à travers le passé commun des trois narratrices.
Un livre basé sur l'actualité permettant de comprendre la mentalité japonaise avec des traditions nipponaises au travers de plusieurs femmes de différents âges.